• Dominique Biscontini

    Je cherchais un endroit pour faire un jeûne accompagné. Les dates de mes 3 semaines de vacances étaient fixées et c'est le hasard et google qui m'ont guidée vers Dominique, à Landéda, à 30 kilomètres au nord de Brest, au nord ouest de la France. Et le hasard fait bien les choses, il vous emmène là où vous trouvez ce dont vous avez besoin.

    Je dois dire d'abord que, lors de notre arrangement, Dominique a été disponible et courtois puisque, pour un supplément très correct, il est venu me chercher à Brest et me ramener lors de mon départ. On sent bien chez lui cette qualité d'accompagnant, c'est vrai qu'il a été père au foyer, ça prépare.

    Jeûner avec 2 personnes que je ne connaissais ni d'Adam ni d'Ève, cela a été une expérience extraordinaire de partages multiples, de réconfort, de soutien même dans le silence des jours un peu plus, disons, éprouvants.

    Oui, le jeûne, ça commence en douceur, on boit de l'eau, chaque fois qu'on en a envie, ni plus, ni moins, selon ce que le corps réclame. Il me semble avoir eu plus soif que Jocelyne ou Édith !

    Mais après, vers le 2ème ou 3ème jour, cela dépend des personnes, comme le corps n'a plus à exécuter ce fastidieux travail de la digestion, en moyenne 3 fois par jour, il se met à faire son travail de corps, il s'occupe de réparer ce qui doit être réparé, de régler les problèmes en suspens si j'ose dire, voir vidéo, on se retrouve affaibli et le mieux à faire et de laisser faire. Ce troisième jour est le seul où nous n'avons pas fait notre promenade quotidienne dans cette merveilleuse région autrefois appelée Armorique que Dominique connaît bien et qu'il nous a fait découvrir : ballade dans les dunes, en bord de mer dans l'eau de l'Océan ou dans le sable, sans oublier une journée à l'Île de Batz où Jocelyne nous a manqué, elle était restée couchée. Notre préoccupation pour notre sœur de jeûne a été balayée d'abord par la sérénité de Dominique devant le fait et surtout 2 jours plus tard de la voir à nouveau gambader dans les dunes à marée basse, très basse.

    Jeûner ça permet de prendre conscience de tout le temps que l'on passe à faire les courses, à cuisinier, à manger puis à ranger. Édith, Jocelyne et moi nous sommes retrouvées un brin désœuvrées, mais Dominique savait que nous avions du temps. Une bibliothèque largement fournie est à disposition, de nombreux livres sur le jeûne, l'alimentation crue avec des recettes qui semblaient si riches en goûts et en couleurs que ça nous mettait l'eau à la bouche. Notre plaisanterie favorite tournait autour de l'apéro et des petits fours... mais crus, quand même, crus les petits fours...

    Dominique nous a également nourries de nombreuses vidéos, nous avions du temps... Irène Grosjean ou la vie en abondance, cette femme, Dr en naturopathie depuis 1958 qui dit : "Ayant perdu dans ma jeunesse, plusieurs êtres jeunes et chers bien soignés comme on l'entend habituellement, je me suis dit que si le Créateur existait, il ne pouvait pas avoir voulu que ses créatures souffrent autant que je souffrais et voyais souffrir autour de moi. Et comme il a été dit cherchez et vous trouverez, il était normal, qu'à force de chercher comme j'allais le faire...", mais aussi "Un siècle de sagesse" avec Alice Hersom, cette femme qui a vécu les camps de concentration avec le sourire, elle qui disait "Le secret du bonheur, c'est la liberté. Et le secret de la liberté, c'est le courage." Avec Dominique, il a même été question de ne se nourrir que de lumière...

    Au matin du 5ème jour, nous avons eu droit mes nouvelles camarades et moi à un traitement spécial nettoyage des intestins  en ingurgitant 3 litres d'eau (2/3 eau pure, 1/3 eau de mer), c'est efficace... Et après cela, nous avons recommencé à boire, d'abord des jus de pastèque (passée entière, avec le vert, à l'extracteur) et puis mangé nos premières salades... du cru, que du cru à part des tisanes...

    Chaque matin, nous avons fait Gandush, petit rituel de nettoyage de la langue et de la bouche avant de se laver les dents et le soir, une cabine de sauna était à disposition pour celles qui le désiraient.

    Un accompagnement permanent mais pas envahissant, une maison agréable, un jardin où marcher à pieds nus ressource, un calme olympien, une information vaste, des promenades de rêves et même un demi bain de mer... elle est froide, mais revigorante... c'est ce que vous trouverez chez Dominique et tout cela pour la somme tout à fait raisonnable de 400 euros la semaine.

    capitaine creperie landeda

    Bon, avant de repartir, j'ai quand même passé à la fameuse crêperie Captain, 16 Route des Anges, à Landéda, une crêpe salée, une crêpe sucrée avec un demi de cidre... on ne se refait pas en une semaine...

    Dominique Biscontini
    183 Kerivin
    29870 Landéda, France
    +33 2 98 04 14 87


    votre commentaire
  • Bourdin Dominique - Se guérir une histoire d'amourUne histoire d'amour de soi. Non, c'est égoïste, quelle horreur... cela ne se fait pas. Et bien, si vous ne vous aimez pas, qui va bien pouvoir vous aimer? Mais s'aimer, c'est quoi? Ecouter ses besoins vitaux tels que reconnaissance, expression de soi, communication, sexe... et faire en sorte de les combler. Quel programme, quelques moyens et conseils du Dr Bourdin. Dominique Bourdin est docteur en médecine, homéopathe et acupuncteur. Il a toujours voulu intégrer technique et humanisme, menant de front des études scientifiques, philosophiques et théologiques. La participation à de nombreux séminaires, la pratique personnelle et les réflexions en équipe l'ont conduit à des résultats de recherche à la pointe de ce qui existe dans le domaine de l'homme/conscience/énergie.

    Aime-toi et tu guériras...

    Le titre de la conférence "Se guérir, une histoire d'amour" est également le titre d'un livre paru aux Editions La Chrysalide en 1998. La Chrysalide est aussi le nom d'un centre de santé où différentes thérapies, dont quelques-unes sont décrites ci-après, vous sont proposées. Ce centre, au service de la remise en forme et de l'évolution se situe en France, à Vers-sur- Selle.

    Une "bonne" grippe donne droit à une semaine de repos

    Le Dr Bourdin commence sa conférence en affirmant que la vie n'est pas si difficile que cela. La manière de regarder a une grande importance et, selon lui, les maladies et les accidents vous apportent aussi des solutions à vos problèmes. Par exemple, vous êtes stressé et fatigué par un travail difficile et toujours plus exigeant, une bonne grippe vient à votre secours avec à la clé un repos d'une semaine.

    L'oreille interne à une mémoire du corps entier

    Notre conférencier nous parle d'une des techniques qu'il propose, l'holopsonie ou musique modifiée au service de la santé qui est une technique diagnostique et thérapeutique mise au point par lui-même. La capacité de chacun à entendre plutôt les hypo fréquences et d'autres plutôt les hyper fréquences aide le thérapeute à créer un programme pour le patient. L'oreille interne a une mémoire du corps entier. En 6 à 20 séances, la méthode permet d'effacer les pics et les creux que l'oreille subissait. De plus, survient un éveil du niveau de conscience, des souvenirs mal vécus remontent.

    L'intestin n'est pas amnésique

    L'irrigation colonique est également mentionnée. A raison de 2 séances par jour, l'effet de désintoxination est inévitable, mais là aussi les souvenirs remontent et les "merdes" de la vie mal évacuées s'en vont. L'intestin, comme l'oreille a une mémoire du corps entier.

    Se guérir par les couleurs

    Pour dialoguer au niveau de conscience intuitive, la structure énergétique (auras) a sa mémoire de l'être. Les 3 enveloppes du corps énergétique sont une forme de conscience capable de "connaître" ce qui est bon et ce qui est mauvais pour la personne. Elles s'élargissent en présence d'un aliment, d'un médicament, d'une couleur... qui font du bien. Elles se rétractent en présence de produits agressifs. Le Dr Bourdin dispose d'un outil perfectionné qui permet d'obtenir des cycles de couleurs choisies parmi 1000 teintes, cycles qui auront pour effet d'agir sur votre corps par équilibrages énergétiques.

    Rebirth, renaître en respirant

    Quant à la rebirththérapie, la mémoire se trouve au niveau des poumons. Cette méthode est basée sur la relation directe qui existe entre le mieux-être tant physique que mental et l'ouverture respiratoire. La libération du souffle est un moyen très efficace pour se libérer des peurs, des douleurs, des tensions, des limitations...

    Un hologramme, vous?

    Le Dr Bourdin nous parle ensuite de l'holographie, technique qui consiste à prendre en photo un objet par un rayon laser et d'en obtenir un cliché. Remis dans son contexte lors de la prise de vue, cet objet, l'hologramme, apparaît en relief. Dire que le corps humain fonctionne comme un hologramme, c'est dire que chaque partie du corps contient des informations par rapport à la totalité. Plus poussé, c'est dire que chaque électron contient des informations par rapport à la totalité.

    Une maladie veut-elle dire "leçon non encore apprise"?

    Mais restons simples, nous dit le Dr Bourdin, le but de l'existence du cheval est d'être un cheval. Ainsi, le but de l'existence de l'être humain est d'être humain, d'exister, d'évoluer. Pour nous aider, notre cerveau a la capacité de marquer "leçon non encore apprise" de façon symbolique et hologrammique. De quelle manière, il utilise les toxines et il les bloque à l'endroit visé d'où, conséquence, l'organe ou l'endroit tombe malade. Lorsque la leçon est comprise, il y a guérison. Mais le plus important est d'apprendre la leçon. Il est même préférable de mourir guéri, si on admet que, tant que les leçons ne sont pas apprises, on revient pour les apprendre.

    Amour, sexe et reconnaissance, des besoins vitaux

    Comment réaliser son propre hologramme parfaitement? Nous avons une piste, les 7 chakras, centres d'énergie de notre corps correspondent à des besoins vitaux. Le chakra de la tête, ouverture spirituelle - le frontal, connaître (naître avec) - celui de la gorge, communiquer, s'exprimer - celui du coeur, aimer et être aimé, reconnu - celui du plexus solaire, nourriture, travail - celui du ventre, sexualité, fécondité - celui du sexe, sécurité. Il n'y a de connaissance que par l'expérience. Chaque besoin vital fonctionne en relation avec les 6 autres dimensions. Pour être un être humain épanoui IL FAUT avoir bien vécu les 7 besoins. Par exemple, si vous refusez l'argent pour n'être que spirituel, il faudra un jour faire l'expérience de l'argent. Lorsque vous aurez comblé tous ces besoins vitaux, vous atteindrez l'état christique.

    Vous seul savez ce dont vous avez besoin

    Mais pour l'instant, précise le Dr Bourdin, quelle est la seule personne capable de connaître vos besoins? Vous-même. Quels sont, actuellement, les 3 blocages les plus souvent rencontrés? Ce sont des blocages par rapport à la sexualité, au pouvoir et à l'argent. Et pourtant les désirs sont l'expression de vos besoins fondamentaux. Vous pouvez vérifier que les désirs correspondent à un besoin fondamental par les émotions. Si vous ne tenez pas compte ou résistez à vos émotions, elles s'amplifient. Ce serait aussi ridicule de ne pas tenir compte, lorsque vous roulez en voiture, du témoin de l'essence lorsque celui-ci passe au rouge.

    L'envie vous fait grandir...

    Ces émotions vous parlent. La joie vous dit que vos besoins sont satisfaits. La colère vous invite à dire non. La tristesse vous aide à tourner la page. La peur vous signale un danger. L'envie vous fait grandir. L'amour (aimantation) vous attire vers l'extérieur de vous-même. La douleur et la gêne vous signalent que quelque chose ne va pas. Les émotions écoutées vous mettent en contact avec votre Etre et vous rendent votre souveraineté. Elles permettent la reconnaissance de la satisfaction ou non-satisfaction d'un ou de plusieurs besoins fondamentaux ou la connexion d'un désir sur un vrai besoin. Les émotions refoulées deviennent agressivité, dépression, angoisse, jalousie, maladie symbolique du besoin non respecté.

    Choisissez d'être heureux, occupez-vous de vos besoins

    Tant que vous ne vous occupez pas de vos besoins en écoutant vos désirs et en acceptant vos émotions, vous aurez des maladies. Votre maxime, dorénavant sera: je choisis d'être heureux, je m'occupe de mes besoins. Le Dr Bourdin nous donne ensuite quelques moyens simples, il suffit de mettre en pratique: - Oser l'expérience! - Lorsque la culpabilité surgit, regarder si elle fait référence à une autorité extérieure, décoder si l'autorité peut être bravée! Quel est le prix à payer? - Oser la liberté et vous trouverez la joie! - Vivez votre moment présent. - Dites-vous: Je suis hologramme de l'univers, quand je suis bien, l'univers en profite... la vie devient plus belle. Le bonheur est contagieux.

    Christiane Kolly

    Dr Dominique Bourdin
    Conférence "Se guérir, une histoire d'amour"
    Fribourg, librairie Bien-Etre 28 mai 1999


    votre commentaire
  • Entretien réalisé dans le cadre du salon du mieux-vivre de Fribourg 2016francoise dorn

    Bonjour Françoise Dorn, en tapant "Françoise Dorn" dans google, je vois un beau et large sourire sur vos photos, pouvez-vous me parler du sourire ?

    Le sourire est un mouvement qui part du corps mais qui vient du coeur. Plus on est dans le sourire et plus on permet à cette vague de tendresse de circuler dans notre corps et dans notre esprit et de nous faire du bien, de nous ouvrir à la fois à nous-mêmes, mais également aux autres. C'est un message que l'on envoie pour dire qu'on est là, prêt à écouter, prêt à accueillir. C'est un symbole universel de sociabilité et de non agressivité. Il est là dès les premières semaines de notre existence. Au départ c'est un réflexe mais qui devient peu à peu social et qui permet de se dire aux autres.

    Et si à l'intérieur, l'envie n'y est pas, que conseillez-vous ?

    Faites quand même cet effort de sourire, cela va vous apporter quelque chose en retour. Le vrai sourire, appelé sourire de Duchenne, celui qui fait participer tous les muscles du visage, à force de le pratiquer il va à la fois encourager les autres et mobiliser des choses positives chez nous qui ne seraient pas là si le sourire ne faisait pas naître cette complicité, cette intimité avec nous-mêmes.

    Françoise Dolto, Françoise Giroud, Françoise Sagan, Françoise Dorin, des femmes célèbres, votre prénom vous convient-il et que pensez-vous des prénoms que l'on nous donne ?

    Le prénom Françoise est très lié à ce qui s'est passé après la guerre. Beaucoup ont voulu affirmer leur volonté d'être français. Cela a donné toute une génération de François, prénom qui est complètement perdu de nos jours. Il n'y a plus de petites Françoise qui naissent aujourd'hui. Oui, le prénom nous détermine, nous influence. Il y en avait de nombreuses dans ma génération. Ce n'était pas très original, j'étais dans la normalité. Avoir un prénom original nous amène à nous positionner différemment. Notre prénom est notre première identité. Autrefois, on fêtait davantage le prénom que l'anniversaire de naissance et c'était quelque chose d'important qui permettait de se différencier des autres membres de la famille, on portait le même nom de famille, mais à chacun son prénom. Il ne me plaisait pas trop ce prénom. Quand j'ai démarré ma démarche de développement personnel, la question s'est posée de savoir si j'allais le garder ou en changer. J'ai un peu hésité, mais finalement mon identité, c'est de m'appeler Françoise, pourquoi fuir dans autre chose. Je l'ai accepté et j'ai décidé que plutôt de faire de ma vie quelque chose de banal et d'ordinaire, comme mon prénom, j'allais trouver un autre moyen de me différencier. Ce n'était pas l'étiquette qui me permettrait de trouver cela. J'ai décidé de me déterminer autrement.

    Dorn, la méthode Dorn, un nom bien connu dans le domaine des thérapies alternatives, d'où vous vient ce nom et avez-vous un lien avec Dieter Dorn, de la thérapie vertébrale ?

    Pas du tout, c'est le nom de mon mari. Je n'ai aucun lien avec ce fameux Dorn.

    Sur votre blog, j'ai lu "Je serai donc l'amie de ceux qui m'aiment telle que je suis", citation de Frida Kahlo. Cette femme à la santé fragile, au destin particulier vous inspire-t-elle ?

    Oui, surtout qu'elle avait aussi de gros problèmes de dos, comme moi. C'était une femme remarquable. Mais là j'ai plus réagi par rapport à la citation que par rapport à la personne.

    Vous aimez utiliser les citations, pourquoi ?

    Oui, beaucoup, cela me permet de gamberger. Très souvent, je commence ma journée en ouvrant l'ordinateur. Je suis abonnée à plusieurs lettres qui m'envoient des citations. C'est une façon de butiner, de flâner, de m'ouvrir à quelque chose, à une pensée, comme une fleur qui s'ouvre au soleil, je ne sais jamais quelle va être la fleur de la journée. J'y trouve des idées pour des romans que j'écris, cela se passe au niveau de la synchronicité, la citation arrive juste au moment où mes personnages sont dans la même énergie. Quand la citation est tellement pertinente, je vis un grand moment de gratitude, oui, cela m'ouvre à la gratitude.

    Que pensez-vous de la gratitude ?

    La gratitude fait partie de ma vie. Plus jeune, je pratiquais moins, mais aujourd'hui je suis dans la gratitude la plus grande partie de ma journée. Cela permet de se brancher à une dimension qui nous est bien supérieure. Être dans cet accueil et cette réception, envoyer des mercis, c'est comme une lettre d'amour que l'on envoie aux autres et à l'univers. En retour, tant de vagues d'amour reviennent, c'est un cadeau la gratitude. En étant dans cet état, on donne, mais on reçoit tellement. C'est un mouvement de vie qui à mon avis est de plus en plus essentiel.

    L'écriture est un travail solitaire, les consultations un travail intime, les conférences et les ateliers, un travail de groupe, la radio un travail de communication multiple. Ils sont tous différents, lequel préférez-vous et pourquoi ?

    Toutes ces activités que j'ai eues dans ma vie ont fait ce que je suis devenue aujourd'hui. Je n'anime plus de séminaires ou rarement. Ce qui est essentiel maintenant, c'est l'écriture, mais grâce au fait que j'ai vécu tout cela auparavant. L'écriture oui, mais à certains moments sortir de cette intimité pour partager avec les autres. Ce serait dommage de ne plus être dans la transmission autrement que par les livres. J'ai besoin de moments de rencontre pour avoir des retours, des partages. Cela me permet aussi d'avancer dans mon écriture. Par exemple mon dernier livre sur la douceur est né d'une demande de personnes qui avaient besoin de faire cette expérience de la douceur.

    Olivier Clerc qui a créé les cercles de pardon dit : C'est facile de venir faire un show devant un public, ce qui est plus difficile, c'est d'être ce que l'on enseigne, dans la vie de tous les jours, avec ses proches. Et vous, êtes-vous aussi ce que vous enseignez ? Y parvenez-vous ? S'il vous restait des points à améliorer, quels seraient-ils ?

    C'est difficile de répondre à cette question, j'ai l'impression d'être dans ce que j'enseigne. Parfois mon entourage me dit que je ne suis pas suffisamment là. Je reste dans mon univers intérieur et ne suis pas assez proche des miens. Quand ils me renvoient cela, je suis dans la gratitude, cela me permet de réajuster et d'être plus présente. Cependant, il y a parfois un décalage entre ce que l'on veut, comment on se voit et comment les autres nous voient. Ils sont là pour tirer la sonnette d'alarme et pour nous remettre sur la ligne que l'on a choisie. Je veux être plus disponible pour eux, même lorsque je suis dans ce processus d'écriture qui m'envoie dans une autre temporalité. Les vacances arrivent, je n'irai qu'une fois par jour sur mon ordinateur pour répondre à ce qui est urgent et je n'irai ni sur facebook ni sur pinterest, c'est trop chronophage, non je n'irai pas pendant que ma famille sera là. Cela demande de la vigilance.

    7 actions à mettre en place dans son hygiène de vie, 7 clés pour bien communiquer, pourquoi pas 6 ou 8 ?

    Je suis née un 7 septembre, deux fois le chiffre 7 puisque autrefois l'année commençait en mars, et puis c'est un chiffre magique que l'on retrouve un peu partout dans la bible, dans d'autres textes. C'est un petit clin d'oeil par rapport à la magie de la vie.

    Une question me turlupine ces temps-ci : Faut-il aller chercher ses blessures et ses souffrances, creuser comme un mineur de fond, travailler dur pour aller mieux, ou alors se tourner vers la douceur, l'amour de soi, l'attention à soi et ainsi, à force d'amener de l'eau claire, l'eau du verre devient limpide ? Quel est votre point de vue à ce sujet ?

    Pendant tout un moment de ma vie, j'ai été à la recherche de ces blessures pour en prendre soin et puis j'ai découvert d'autres approches comme l'EFT, l'EMDR ou la méditation, qui ne demandaient pas de trouver ces blessures. Je suis maintenant beaucoup plus dans ce courant d'être, de prendre soin de soi, sans forcément chercher le pourquoi des choses mais plutôt de profiter de l'instant présent dans cet accueil de la douceur, porter un autre regard sur les choses, avec douceur et bienveillance. Cela dépend de l'endroit où se trouve la personne, quelquefois il faut ouvrir la plaie pour la soigner, il y a des abcès à percer et à nettoyer, par contre pas aussi souvent que l'on imagine. Plus on revient sur la blessure, plus on empêche la cicatrisation. Avec de l'attention, de l'acception, de la douceur, de la bienveillance et en amenant de l'eau claire, on a pas besoin de remuer la boue, l'eau devient toujours plus claire.

    "Faire durer l'amour" c'est le titre d'une de vos conférences, pouvez-vous déjà, pour les impatients, nous donner 2 ou 3 tuyaux ?

    Je vais présenter des outils très concrets, par exemple l'échelle de l'amour. Très souvent les personnes veulent le grand amour tout le temps et y rester. L'amour évolue et se transforme. Il y a la passion des débuts mais cela reste rarement durant quarante ans, la passion des débuts. L'idée est de découvrir qu'elle existe cette échelle et puis de repérer où nous en sommes dans notre vie. Il s'agit également d'apporter ce qu'il serait bon d'apporter à chaque étape, par exemple remplir le réservoir affectif, le sien d'abord et puis celui de l'autre. Pour cela, il y a plusieurs chemins, les contacts physiques, les paroles valorisantes, les moments de qualité, les cadeaux que l'on fait à l'autre, les services rendus. Quels sont mes besoins ? Quels sont ceux de l'autre ? Développer des compétences comme l'empathie, l'écoute, l'acceptation de la différence. Savoir dire les choses, ce qui ne va pas bien sûr, mais ne pas oublier de mentionner le positif. Je vais proposer des outils bien concrets pour cela. Évoluer sur cette échelle de l'amour dans l'acceptation de l'autre est un vrai travail qui se développe au fil du temps. C'est un art qui se travaille, devenir un alchimiste de l'amour, transformer le plomb en or dans la vie de couple.

    Selon moi, l'autre est mon miroir, ce qui fait que changer d'homme ou changer de femme n'est pas une solution ?

    On ne peut pas changer l'autre. Si quelque chose ne convient pas, on peut se poser la question de savoir pourquoi on a choisi cette personne. Cela m'apprend quoi ? Cela m'apporte quoi ? De tout manière, le travail est sur soi-même. Quelquefois, les chemins se séparent parce que l'on a pas su trouver les bonnes réponses. Je vais également parler du carré magique du couple : savoir donner, recevoir, se donner, demander, refuser. On voit l'autre comme quelqu'un qui va combler nos manques, satisfaire nos besoins alors que c'est à nous de faire ce travail. L'autre n'est là que pour faire resplendir les choses, mais pas pour résoudre nos problèmes. Paulo Coelho dit : L'amour n'est pas dans l'autre, il est en nous-mêmes. Nous le réveillons mais pour ce réveil, nous avons besoin de l'autre.

    Cela veut-il dire que seul-e on évolue moins rapidement ?

    Cela dépend des personnes. Certains ont besoin de cette solitude pour évoluer. Il n'y a pas un chemin, nous avons tous des chemins différents et respectons cela, trouver celui sur lequel nous avons envie d'avancer. Il est vrai que l'autre est très souvent un accélérateur. Il nous renvoie des choses que l'on ne verrait pas tout seul, mais avec sa propre vision. A nous de déterminer si l'on accepte ou non sa manière de voir. De toute manière, il y a un bout de chemin à faire avec ce qu'il nous renvoie.

    Vous proposez un atelier "La magie des émotions". Les émotions, un domaine qui rend plutôt inquiet et vous parlez de magie, pourquoi ?

    Très souvent, on parle des émotions comme quelque chose de négatif, alors qu'elles sont des messagères qui nous parlent de nos besoins, de nos manques, de nos défenses. Si nous ne prenons pas le temps de les accueillir et de les écouter, nous n'allons jamais pouvoir avancer dans notre chemin de vie. Les mettre de côté, les refouler, les écraser nous fera manquer quelque chose d'essentiel. Je parle de magie parce que les émotions nous révèlent des choses infiniment précieuses. L'idée est de les écouter. Les émotions de base, la peur, la colère, la tristesse et la joie, avec en plus selon Paul Ekman, la surprise et le dégoût, chacune comme une baguette magique nous donne une indication. Si vous avez peur, y a-t-il un changement, y a-t-il de l'inconnu, si vous êtes en colère, y a-t-il eu un dommage, c'est comme un clignotant sur un tableau de bord qui permet de comprendre les choses. Depuis notre plus jeune âge, nous avons appris que les émotions étaient dangereuses et qu'il ne fallait surtout pas se laisser dominer par elles. Nous les avons oubliées, détournées, ensevelies et avons mis en place des dysfonctionnements. Dans l'atelier, je vais parler des timbres, des raquettes, des élastiques. Les participants iront à la rencontre de leurs émotions et apprendront à les exprimer. Nous vérifierons où en est notre liberté émotionnelle. Nous verrons combien notre intelligence émotionnelle nous parle, combien il est important de l'écouter et parfois aussi de canaliser ses émotions, parce que par exemple trop de colère peut endommager le système cardio-vasculaire ou une peur phobique peut nous poser des problèmes aux niveaux corporel et mental. L'idée est de redécouvrir la magie des émotions pour pouvoir entrer dans l'intelligence émotionnelle.

    Le thème de notre salon est "Sensualité épanouie". Oserais-je vous demander si la vôtre l'est ? Et quels sont vos conseils pour y parvenir ?

    La vie est une sensualité de chaque instant. La sexualité est quelque chose de différent. Nous pouvons avoir une sexualité épanouie et une sensualité rayonnante. En avançant en âge, on peut avoir plus besoin de trouver un nouvel équilibre au niveau de la sensualité et moins au niveau de la sexualité qui sera peut-être plus paisible, mais en même plus épanouie car avec le temps, l'être se connaît mieux. La sensualité se trouve dans l'instant présent, dans la rencontre avec cet instant pour le déguster avec gourmandise. C'est se reconnecter avec ses 5 sens et en profiter pleinement puisque ce sont eux aussi des magiciens. Pour moi la gourmandise est une qualité.

    Un dernier message ?

    Ravie de venir à ce salon, je me réjouis déjà de ce moment de rencontre qui sera à la fois doux et magique. C'est toujours comme ça, les rencontres avec les personnes, je suis dans une attente bienveillante et curieuse et encore gourmande par rapports à tous ces bons moments à venir.

    Merci Françoise Dorn


    votre commentaire
  •  

    kevin finel

    Entretien réalisé dans le cadre du salon du mieux-vivre de Fribourg 2015
    www.mieux-vivre.ch - www.arche-hypnose.com

    Bonjour Kevin Finel, un peu en guise de CV, qu'est-ce qui vous caractérise en 3 phrases ?

    Je dirige l'Académie d'hypnose, une école de formation de praticiens en hypnose. J'ai écrit quelques livres et je donne des conférences un peu partout en Europe sur le sujet. Je garde également une pratique privée de consultations, j'aime beaucoup cela. J'ai 32 ans et j'ai commencé dans le domaine à 17 ans.

    Comme dit Paulo Coelho, quelle est votre "légende personnelle" ?

    Aussi loin que je m'en souvienne, j'ai été attiré par ce que j'appelle la magie de ceux qui sont capables d'influencer le monde autour d'eux. J'avais 9 ans quand j'ai rencontré une personne que j'apprécie énormément, Jacques Salomé. Par hasard, je passais devant une librairie près de chez moi, il y donnait une conférence. Je me suis arrêté, j'ai écouté. Ce que j'ai compris, je ne m'en souviens pas, mais j'ai trouvé cela magique, cette conversation qu'il tenait sur scène avec quelqu'un. Je suis allé vers lui et nous avons échangé des propos. Là, je me suis dit, moi aussi je veux être un magicien dans ma vie. À 12 ans, j'ai lu un livre que Jacques Salomé m'a conseillé, qui traitait de PNL et d'hypnose, les deux sont liés. J'ai été fasciné de découvrir combien avec des mots, on peut toucher le coeur des gens et les aider à évoluer. J'ai rencontré d'autres personnes qui m'ont influencé après, mais cela a été le point de départ. Dès mon adolescence, j'ai commencé à suivre des stages, à me former dans de nombreuses et diverses techniques, comédien ou conteur en autres, mais je revenais toujours à l'hypnose. J'ai ouvert un peu naïvement mon premier cabinet de consultations à 17 ans. Avec d'autres, nous avons réalisé qu'une formation complète d'hypnose n'existait pas encore et nous l'avons créée. L'Académie d'hypnose, petite au début a depuis beaucoup grandi, elle est maintenant présente dans plusieurs pays et est devenue la principale école d'hypnose dans le monde francophone.

    Le thème de notre salon du mieux-vivre est "ma famille, mes racines", désirez-vous nous en dire un peu plus sur ce thème ?

    En hypnose, on travaille peu sur le passé ou sur l'origine, mais d'avantage sur leurs racines mentales. On imagine que la personne à la base de son identité a une intention et qu'ensuite elle se rapproche dans sa vie de ce qui va refléter cette intention. Ainsi les racines se renouvellent plusieurs fois dans une vie. On travaille sur ce qui a amené la personne à sa vision du monde, et les proches ont une influence certaine, ceux qu'on a pris comme modèles. En thérapie, il s'agit de faire un tri entre ce que la personne veut garder et ce qu'il serait bon pour elle de laisser. Comme dans toutes choses, il s'agit de trouver un bon équilibre dans ces choix, sans vouloir tout rejeter, ni tout garder.

    Le thème de votre intervention est l'hypnose moderne, y aurait-il une hypnose ancienne et quelle différence faites-vous entre les deux ?

    Pendant très longtemps, l'hypnose était ce que l'on peut voir encore dans les spectacles aujourd'hui, autoritaire, avec une prise de pouvoir sur les personnes, un côté manipulation. Au siècle dernier, un grand psychiatre, Milton Erickson a permis une autre forme d'hypnose, c'était un grand génie de la communication qui, à partir de problématiques personnelles, il a eu la polio, certains handicaps, s'est rééduqué lui-même. C'est ainsi qu'il a découvert l'auto-hypnose, une manière d'utiliser le mental pour agir sur le corps. Il a inventé une hypnose différente où les gens restent maîtres d'eux-mêmes, avec l'idée que l'hypnose est une prise de conscience et non un endormissement. C'est cela l'hypnose moderne ou ericksonienne. Il s'agit d'apprendre aux personnes à être libres et non conditionnées, à apprivoiser leur inconscient. C'est un peu le travail d'un scénariste ou d'un conteur qui va amener la personne à être le héros de sa propre vie et à se reconnecter à ce qu'elle est vraiment.

    Votre conférence a lieu le vendredi 13, je me souviens que ma mère avait peur de ces vendredis 13, quelle est votre opinion à ce sujet ?

    Quand on croit quelque chose, on peut tendre à le rendre réel. C'est à la fois vrai et faux. C'est vrai parce qu'on le crée, c'est faux parce qu'on pourrait aussi créer autre chose. Le travail sur les croyances est fascinant. Si quelqu'un est persuadé de ne pas avoir de chance, il va finir par ne pas en avoir. La personne est capable de se créer des situations extrêmement complexes, pour valider la croyance qu'elle peut avoir. Libre à chacun de se dire, "Tiens je sais que cela est faux, mais ça me plaît d'y croire, alors je continue d'y croire, sans être dupe, en me disant qu'un jour, je n'aurai plus besoin d'y croire."

    Vous êtes directeur de l'Arche, Académie de Recherche et de Connaissance en Hypnose Ericksonienne que vous avez créée, comment vous est venue cette idée de créer un lieu où on pratique l'hypnose ?

    Il s'agissait de réunir des gens passionnés par le sujet et de le faire avancer. C'est une technique qui en est à ses débuts. La neuroscience nous donne beaucoup d'informations et elle va permettre de faire évoluer l'hypnose, d'éviter qu'elle ne se fige dans quelque chose. L'ARCHE permet cela aujourd'hui, avec les nombreuses personnes qui viennent, on fait de la recherche, des expériences en se disant que ce que l'on sait, on peut l'améliorer. Il est important de garder une remise en cause, de tendre à l'évolution, c'est une sorte de laboratoire.

    J'ai regardé une de vos vidéos publiques, comment faites-vous pour poser les bonnes questions, pour percevoir les dysfonctionnements, les croyances limitatives des personnes que vous recevez ?

    Avec la pratique, il y a certainement une part d'intuition qui se met en place. Je crois que c'est beaucoup d'observation. La base de l'hypnose c'est cela, observer les gestes, le corps ne ment pas, alors que les mots... notre éducation nous apprend plus à écouter, mais regarder est une grande source d'informations. Avec un peu de pratique, on entend ce qui n'est pas dit, et cela amène à poser les bonnes questions.

    La télévision suisse vous a suivi pour un reportage qui parle de l'hypnose dans les écoles, comment avez-vous vécu cette expérience, comment appréciez-vous la Suisse ?

    C'était une belle expérience, l'idée est d'apprendre aux personnes à maîtriser leur cerveau, cela me semble fondamental. Ce reportage de la RTS était une belle occasion de promouvoir l'hypnose. En France, les gens sont plus fermés aux nouveautés de ce genre, tandis qu'en Suisse il y a une plus grande ouverture, une plus grande envie de dépasser les cadres établis. Si l'hypnose pouvait être apprise à l'école, il y aurait beaucoup moins de problèmes plus tard.

    Vous avez écrit depuis 2009, 6 ouvrages qui traitent de l'utilisation de l'hypnose dans différents domaines, avez-vous un projet d'écriture en route et de quoi traite-t-il ?

    Plusieurs, un livre sur l'hypnose conversationnelle qui est l'hypnose en communication. Récemment, j'ai écrit une pièce de théâtre pour laquelle les répétitions ont déjà commencé, une pièce de théâtre hypnotique, avec de l'hypnose, qui en enseigne certains éléments, l'idée étant de faire vivre aux spectateurs des contes initiatiques avec des expériences hypnotiques.

    En admettant que nous soyons venus sur terre pour évoluer, que tout tend à évoluer, et que notre vie nous met en face de certaines difficultés, de blessures à soigner, vous, Kevin Finel qui sembler un modèle de sérénité et de paix intérieure, qu'êtes-vous venu apprendre sur terre ?

    J'ai l'impression que ma mission essentielle est une mission de transmission. Nous avons tous des capacités dans certains domaines, j'ai cette possibilité de transmettre alors je tente de l'exercer au mieux. Il y a quelques années, j'avais un cabinet et je recevais 30 à 40 personnes par semaine. Un jour, je me suis réveillé en me disant un peu comme "ça c'est fait", cette mission est terminée. Pendant quelques mois, j'ai vécu un grand vide, pour voir arriver la mission suivante, celle de transmettre. La transmission permet l'exploration de toutes les facettes personnelles, de la diversité intérieure et aujourd'hui cela me touche profondément, il y a sans doute en moi quelque chose à réparer par rapport à cela.

    Avez-vous décidé de vous passer de téléphone portable ?

    Jusqu'à il y a un an, je passais trop de temps sur mon téléphone. Les mails ont quelque chose de pratique, on peut y répondre le matin et le soir. Je privilégie l'écrit, ça demande de poser les choses, d'y voir clair.

    Êtes-vous heureux Kevin Finel ?

    Oui, je le crois, puisque je ne me pose pas la question. J'ai l'impression d'être à ma place, tout simplement. Quand je me réveille le matin, j'ai ce sentiment de faire ce que j'ai à faire. Tant que je fais ce pourquoi je suis là, ça me donne du bonheur, et cela devient ma boussole.

    Avez-vous quelque chose à ajouter ?

    J'espère que cette conférence sera l'occasion pour certains de découvrir l'hypnose, de la démystifier, de faire tomber les à priori envers cette technique. Je suis heureux aussi de l'ouverture de la future agence de l'ARCHE à Genève, avec une première formation prévue en octobre. 

    Christiane Kolly - 30 septembre 2015


    votre commentaire

  • Delfine-Francillonwww.mieux-vivre.ch  -  Delfine Francillon

    Depuis plus de 10 ans, Delfine voyage à travers le monde au contact des dauphins, des baleines et du monde sous-marin. Avec son expérience dans les domaines thérapeutique et aquatique depuis bientôt 20 ans, elle accompagne des personnes souffrant de cancers, des autistes, des êtres en fin de vie et même des familles vivant un deuil.

    Bonjour Delfine Francillon,
    Delfine, dauphin, y aurait-il déjà un lien entre votre prénom et le dauphin ? Et d'où vous est venue cette passion pour le monde sous-marin ?

    Delfine est un prénom qui m'est tombé du ciel, certainement en lien avec ma passion pour les dauphins. Ce n'est pas mon prénom de naissance. Je l'ai changé officiellement. Depuis toute petite, j'ai ressenti une attirance profonde pour le monde sous-marin et spécialement les dauphins, peut-être y a-t-il des liens avec des vies passées.

    D'abord, il y a delfinee.com, et puis on voit que vos activités comportent plusieurs parties : l'espace delfinée, les voyages delfinée et l'aqua delfinée. Comment conciliez-vous tout cela ?

    Comme un arc-en-ciel, en sautant d'une couleur à l'autre, d'une chose à l'autre. J'aime avoir des activités différentes, il y a le cabinet et les soins, des ateliers de développement personnel que je peux donner, des voyages pour rencontrer les dauphins, voire des terres sacrées, ce qui m'est demandé d'aller rencontrer. Avec l'école de natation, je prodigue des soins dans l'eau, l'eau partie importante de ma vie, de ce que j'ai à amener sur la terre.

    Auriez-vous un lien avec d'autres dimensions, pouvez-vous préciser ?

    Je suis guidée par mon âme mais aussi par les guides qui sont présents autour de moi. Je suis en contact avec mon cœur. La communication se fait naturellement. C'est un peu comme si je savais. C'est très intuitif, mais en même temps, j'ai la conviction que C'EST CELA.

    Bienvenue dans mon Uni-vers ! Pourquoi avoir séparé le mot ? Aimez-vous jouer avec les mots ?

    Oui, Uni-vers pour moi représente la connexion à notre terre. Je pense que nous ne sommes pas seuls dans cet univers. J'aime beaucoup le mot uni, union, être relié et puis vers, vers quelque chose.

    J'ai lu "Messagère et guérisseuse arc-en-ciel, elle est guidée par des Maîtres ascensionnés, anges ou archanges durant les soins et méditations qu'elle propose.", que signifie arc-en-ciel dans ce contexte ? Et Maîtres ascensionnés ?

    Arc-en-ciel, c'est cette possibilité de jongler entre différents domaines, le domaine féerique des dauphins, des baleines, et puis celui de l'alchimie, de pouvoir apporter dans mon travail, dans mon quotidien, cela aux personnes que je reçois. C'est comme une palette d'expérimentation que je peux transmettre. Depuis toute petite, j'aimais les arcs-en-ciel, j'en dessinais beaucoup, cela fait partie de moi.
    Les Maîtres ascensionnés sont des êtres qui ont vécu sur terre, comme Jésus, Marie ou Bouddha. Ils sont éveillés et viennent à notre rencontre, sur notre chemin pour nous guider. Ce sont des énergies spécifiques présentes pour nous accompagner.

    La méditation se pratique dans vos soirées à thème. Selon vous, la méditation est-elle un outil utile dans notre société et pourquoi ?

    Pour moi, la méditation est un retour sur soi qui amène la détente, qui permet de lâcher le mental et en même temps d'intégrer certaines énergies, par rapport à des questions que l'on se pose ou à des objectifs que l'on se fixe, cela permet d'aller chercher à l'intérieur de soi.

    À l'Espace delfinée, vous parlez de thérapie du corps à l'âme, pouvez-vous nous en dire plus ?

    Avec ce côté arc-en-ciel, je perçois l'être comme un hologramme, corps âme et esprit. Nous sommes un corps, mais aussi les énergies qui nous entourent, un esprit, des pensées, des émotions. Pour aller vers la guérison, il faut tenir compte de la globalité de l'être.

    Les soins pour femmes enceintes et pour les mamans et les bébés, pourquoi avoir choisi cette catégorie de clients potentiels plutôt qu'une autre ?

    Durant une période, je l'ai pratiqué. De par mon école de natation, j'ai côtoyé beaucoup de mamans et de bébés, c'était pour répondre à une demande de soins que j'ai pratiqué cette technique. Aujourd'hui j'ai délégué, l'arc-en-ciel a aussi ses limites. Je partage le cabinet où je travaille, à la route du Village 7, à Blonay avec d'autres thérapeutes, d'une part pour couvrir les frais et d'autre part pour offrir un espace à un tarif accessible.

    Vous proposez des cours de Pilates, c'est quoi Pilates ?

    Le Pilates est une méthode de renforcement de la ceinture abdominale. Cela ressemble au yoga, la base en est la respiration, les mouvements proposés sont lents et le travail se fera en force et en souplesse. Cela permet à notre base de se renforcer d'où moins de problèmes de dos, articulaires ou musculaires. Joseph Hubertus Pilates, un allemand inventeur de la méthode, était infirmier. Fait prisonnier lors de la première guerre mondiale, il a profité de son incarcération pour imaginer une nouvelle gymnastique dans sa cellule, méthode qui allie respiration, concentration, contrôle, fluidité, centrage, ordre et relaxation.

    Il y a aussi les voyages, en mer Rouge, aux Açores, à Hawai, à Ténérife, en Amérique du Sud, à Avalon et en Écosse et même dans le Pacifique. Comment faites-vous pour avoir des contacts dans tous ces lieux magiques et organiser ces voyages ?

    Là aussi je suis inspirée en quelque sorte, les choses viennent à moi au moment juste. En Égypte, j'y vais depuis bientôt dix ans. J'ai trouvé à louer un bateau, puis j'ai organisé des groupes. J'ai eu un contact pour aller au Pérou en avril, j'ai rencontré le guide qu'il me fallait pour des treks en forêt amazonienne. Lors de la mise sur pied d'un voyage, les personnes achètent elles-mêmes leur billet d'avion. Je pourrais aussi le faire, mais je préfère que, en guise d'engagement, les personnes le réservent directement. Je n'ai pas le titre d'agence de voyages et pas non plus forcément les moyens d'acheter les billets d'avion pour tout le monde. Je donne les références de compagnies d'aviation et bien sûr le lieu de rendez-vous. Par contre une fois sur place, j'organise toute la logistique, logement, guide, ateliers, sorties en mer, visites ou autres activités.

    Quelle différence cela fait-il de voyager avec vous ?

    Je ne fonctionne pas comme agence de voyages, je propose des stages dans le domaine du bien-être, du développement personnel. Mon domaine de prédilection c'est l'accompagnement des personnes qui veulent aller plus loin que le voyage touristique, qui veulent à cette occasion chercher des clefs pour elles-mêmes. Je parle de guérison pour soi, guérison pour la terre, d'ouverture de conscience, de recouvrement de mémoires dans des lieux propices.

    Dans votre monde aquatique, joie, plaisir et confiance sont les mots-clés et votre équipe se réjouit de nous y accueillir. Mais qui fait partie de votre équipe ?

    J'ai une école de natation de plus de 300 élèves. Au moment où c'est devenu difficile de tout gérer seule, j'ai délégué. J'ai trouvé des profs et des assistants qui ont été formés pour me remplacer en cas de besoin, lorsque je suis en voyage ou occupée à d'autres activités. Par contre, en ce qui concerne les soins en piscine, je les prodigue moi-même.

    Pouvez-vous nous décrire ces soins en piscine et en cabinet ?

    C'est une sorte de Watsu, de la relaxation, je porte la personne dans l'eau, de la musique lui arrive aux oreilles, des sons de dauphins ou de baleines, de la musique relaxante, des odeurs aussi. Relaxation et lâcher-prise sont les maîtres mots, tout en étant surtout attentive aux besoins de la personne, retour dans la matrice, cela dépend de la question posée par la personne par rapport au soin qu'elle est venu chercher. Certains viennent pour du bien-être, d'autres pour chercher une réponse à une problématique particulière, un blocage, un problème récurent. Quand on est dans l'eau, le mental n'intervient plus. C'est comme une remise de la fluidité dans le corps. La piscine où les soins se donnent, dans une fondation pour handicapés, est chauffée à 34 ou 35°. Après avoir fait connaissance au bord de la piscine, une huile essentielle est choisie puis mise en diffusion. Une fois dans l'eau, l'exercice commence avec la respiration des dauphins, une technique qui m'a été inspirée, ce soin demande un lâcher-prise absolu puisque je tiens la personne dans mes bras, dans l'eau. Odeurs, lumières, couleurs, sons, les sens sont en éveil.
    Les soins énergétiques en cabinet qu'on pourrait désigner comme soin arc-en-ciel comportent différents aspects : des sons, des huiles essentielles, des couleurs, des cristaux. Cela ressemble à un mandala qui se pose autour de la personne et qui va travailler énergétiquement sur la personne.

    "Voyages en conscience, guérison et activation du réseau cristallin de notre Mère Terre", votre conférence, pouvez-vous nous en dire un peu plus ?

    Au cœur de la terre, autour de la terre, pour son équilibre, il existe des cristaux, en particulier les cristaux majeurs, auxquels je suis connectée. En nous rendant dans certains lieux, on peut les activer. Ils contiennent rayonnement, puissance et mémoires. En voyageant à travers le monde auprès de ces cristaux, nous pouvons les activer davantage, participer à l'activation du réseau cristallin de la terre. Le fait de voyager nous donne l'opportunité de créer de ponts de lumière entre les cristaux et ainsi un réseau se forme et s'active. Nous ne sommes pas seuls à le faire, nous y participons.

    "Nager auprès de dauphins, leurs effets bénéfiques dans notre vie", votre deuxième conférence, pouvez-vous en citer un ou deux de ces effets bénéfiques ?

    Je vais le faire par une histoire, un témoignage d'une participante : Une jeune femme ne pouvait pas avoir de deuxième enfant. Elle venait pour faire le deuil de ce désir. Elle a dû se connecter à cette souffrance qu'elle portait en elle. Je ne l'ai revue que quelques années plus tard, une petite fille lui tenait la main. J'ai appris que deux mois après son voyage, elle était tombée enceinte. Le fait d'avoir lâché prise lui a permis d'ouvrir les portes.

    Êtes-vous heureuse, Delfine Francillon ?

    Ouiii... Silence... Être heureuse, c'est sentir que son cœur s'ouvre, c'est se voir attirer les gens par son énergie. La vie privée comme la vie professionnelle vont bien. C'est un tout. Quand je me lève, j'ai le sourire, l'envie d'avancer dans ma journée, de créer. Je suis d'un naturel positif.

    Avez-vous quelque chose à ajouter ?

    Oui, même les jours "sans", parce que j'en ai aussi comme tout le monde, juste prendre un peu de distance et voir les choses différemment, permet de se repositionner. S'offrir un voyage ou un soin, se faire du bien, permet de se recentrer et de ne plus focaliser sur ce qui ne va pas, de revenir dans le bien-être.

    Christiane Kolly - 7 novembre 2015


    2 commentaires
  • Son nouveau site

    Avec Adrien Gascon, j'ai suivi un atelier qui décoiffe 

    Adrien Gascon

    Plus jamais la même, ce sont les mots qui conviennent le mieux pour résumer le travail que j'ai fait avec Adrien les 13 et 14 décembre 2014, dans son beau pays de l'Ain en France voisine.

    Plus jamais la même, mais pourquoi ? J'ai envie de dire à toutes les femmes, cela ne se raconte pas, cela se vit. Mais voilà, il faut quand même que je vous en dise quelques impressions personnelles.

    Adrien Gascon possède une capacité impressionnante de s'adapter à la personne qu'il guide. C'est un peu comme s'il lui était attaché à 80 centimètres, toujours présent, attentif aux paroles, aux gestes et même au-delà du visible, attaché oui, mais sans jamais être envahissant, en gardant une délicate distance. C'est un exercice de style qu'il est capable de vous démontrer, présent et attentif sans jamais être importun. Sa longue expérience dans le domaine de l'accompagnement de personnes lui confère cette espèce d'assurance, ça en devient même un peu agaçant tellement il est constant dans sa force tranquille.

    Comme travail préalable, j'avais écrit un historique de ma vie de femme, quelques pages qui racontaient les événements principaux, et aussi une description de mes malaises physiques. Sur cette base, nous avons travaillé le premier matin en relation avec les objectifs que nous avions fixés ensemble. Adrien sait aussi être pragmatique et vous demander de réfléchir aux questions suivantes : sur quelle problématique de votre vie voulez-vous travailler ? Améliorer une relation ? Viser à soigner un problème physique ? Mieux réussir à atteindre des buts dans la vie ? Ainsi, il fera des liens entre ce qui s'est passé et ce qui se passe en vue de rendre plus juste pour vous ce qui se passera.

    L'après-midi, ballade enchanteresse dans la forêt, nous avons traversé des lieux où j'avais l'impression qu'un farfadet aurait pu débouler à chaque instant et venir gentiment me tirer la manche. Les fougères et surtout la mousse qui grimpe jusqu'à la pointe des arbres posent un décor où Bilbon Sacquet le Hobbit aurait pu venir me murmurer des secrets à l'oreille. Adrien le chaman déambulait dans cet endroit comme un poisson dans l'eau, c'est son domaine depuis l'enfance. Il m'a gratifiée d'un ou deux rituels toujours en lien avec ce que j'étais venue travailler. But de la ballade, la source de la cascade de la Fouge, lieu magique énergétique et vibratoire. Mais comme je suis une contrôlante et que la nuit descendait, comme un cheval devant un obstacle, j'ai voulu abréger le parcours.

    La première journée s'est terminée par une approche plus intimiste, exercices de respiration, lâcher prise, abandon à la vie, mouvements du corps en vue de chercher l'essence de l'être, de le libérer de blocages ancrés, de lui donner la possibilité d'exprimer son potentiel profond. Là aussi chapeau bas, Adrien avec son savoir-faire de masseur et de chaman, ses connaissances du corps humain et de techniques ancestrales et surtout sa maîtrise, Adrien m'a amenée à me dépasser. Merci.

    Le deuxième jour, nous avons revisité mes problématiques au vu du travail de la veille et continué avec une technique que je découvrais, l'encromancie, la lecture de l'avenir dans les tâches d'encre de plusieurs couleurs. J'ai été impressionnée par le nombre de formes que j'ai vu apparaître sur mes documents de travail. J'ai pu emporter ces feuilles pour les examiner à nouveau chez moi.

    Je possède maintenant mon bâton de chaman, nous l'avions coupé dans le bois le premier jour, un bâton de noisetier, mais oui parce que dans l'horoscope celtique, je suis du noisetier. Mon bâton des quatre directions va me servir pour de futures quêtes de vision. Je l'ai fièrement emporté, comme un trophée, ce bâton que nous avons terminé ensemble, plaisir de découper dans le bois, de peindre, de dessiner.

    En fin de deuxième journée, nouvelle approche intimiste, nouveau dépassement, plus jamais la même je vous dis, plus jamais la même.

    Du côté logistique, Adrien sait aussi s'adapter. Il m'a accompagnée dans un sympathique restaurant français vu qu'au fast food indien du coin, je n'avais pas beaucoup apprécié la télé de Bollywood qui tournait en boucle... d'ailleurs, les fast food...

    Au risque de faire dans la dithyrambe, je persiste et signe, il ne faut pas en parler de cet atelier, il faut le vivre, Adrien est un guide extraordinaire.

    NB : cadeau de dernière minute, le truc de la ventouse minceur 

    Christiane Kolly - 26 décembre 2014

    Le blog d'Adrien Gascon


    votre commentaire
  • elisabeth horowitz

    Entretien réalisé dans le cadre du salon du mieux-vivre de Fribourg 2015
    www.mieux-vivre.ch - www.elisabeth-horowitz.com

    Bonjour Elisabeth Horowitz, J'ai vu sur facebook que vous êtes sensible à la maltraitance des animaux, êtes-vous végétarienne et si oui, pourquoi ?

    Oui, je suis végétarienne, je l'ai été très tôt, de 15 à 25 ans. Après durant une période j'ai mangé un peu de viande, mais depuis quelques années, j'ai complètement arrêté. Ce n'est pas à cause d'un rejet de la viande, mais plutôt parce que la maltraitance des animaux a atteint un tel niveau de barbarie, souvent caché au grand public, que je ne veux pas être complice de cette manière de faire qui va à l'encontre des valeurs humanistes que nous, thérapeutes tentons de développer.

    Quelle est l'origine de votre nom et cela a-t-il un lien avec le fait que vous ayez été attirée par la psychogénéalogie ?

    Horowitz est mon nom d'auteur. Je l'ai choisi pour l'admiration que je porte au pianiste Vladimir Horowitz. Dans ma famille, personne n'a de carrière artistique ou littéraire, je n'avais aucun héritage dans le domaine, ils sont plutôt dans l'administration. Je savais que pour réussir, il fallait que je choisisse un autre nom pour changer de destin. Cela fait partie des stratégies proposées en psychogénéalogie, vous pouvez changer de prénom ou de nom de famille, par exemple lorsque vous avez hérité d'un prénom lourd à porter, ou celui d'une personne prématurément décédée dans la famille ou encore le prénom d'une personne cachée comme la maîtresse du père.

    Sur votre site j'ai lu : Thérapeute spécialisée en analyse du roman familial, fondatrice de l’Association Française de Psychogénéalogie. Cela correspond au thème de notre salon de Fribourg "Ma famille, mes racines", qu'est-ce qui vous a amenée à travailler dans ce domaine en particulier ?

    Le déclencheur a été un article dans la revue Psychologies, revue à laquelle j'ai été abonnée dès les années soixante-dix. Le transgénérationnel m'a tout de suite attirée, domaine qui à l'époque n'était pas du tout développé. Je me suis installée en tant que thérapeute dans les années quatre-vingts, et j'ai commencé à pratiquer uniquement sous l'aspect transgénérationnel. Dès la première consultation, l'arbre généalogique était monté jusqu'aux grands-parents, pour replacer la difficulté dans le cadre de l'histoire familiale.

    Une de vos conférences, c'est "L'arbre généalogique et la santé". Selon vous, il y aurait donc un lien ? Pouvez-vous nous en dire quelques mots ?

    Dans la majorité des cas de symptômes qui peuvent émerger au cours de notre vie, c'est la loyauté envers les membres de notre famille, grands-parents, parents, oncles et tantes, cousins et cousines, qui inconsciemment nous fait déclarer ces maladies. C'est une manière de faire partie du clan. L'âge est le principal déclencheur des symptômes. Dans mes consultations, je découvre de nombreux cas en posant les questions suivantes : "Dans votre famille, des membres ont-il déjà eu ce genre de symptôme ou de maladie ?" "Quel âge avez-vous ?" "Que s'est-il passé au même âge pour vos parents ou vos grands-parents ?"

    C'est l'environnement familial dans lequel on est né, pensées, croyances, habitudes qui va déterminer le type de maladies de la personne ?

    Personne ne vit isolé, tout le monde naît au milieu d'un système, quel qu'il soit et un phénomène de répétition par loyauté existe. Freud déjà posait la question : "Quelqu'un dans votre famille a-t-il déjà eu ce type de problème ?" Freud avait découvert que le phénomène de répétition était actif. Un cas récent, une femme vient de déclarer un cancer du sein. Mes questions font apparaître les faits suivants : son fils vient d'avoir douze ans, quand elle-même avait douze ans, ses parents avaient divorcé, elle a dû déménager, beaucoup de changements difficiles pour elle. Pour survivre, la réaction de l'humain est différée et le symptôme peut surgir lorsque nos enfants atteignent l'âge où nous-mêmes avons vécu le traumatisme. Lorsque des conditions similaires se présentent, le terrain est favorable à la manifestation du symptôme. Il existe une horloge interne. Arrivé à un âge sensible, si l'on n'est pas conscient, on peut manifester des symptômes par loyauté. En conscience, on peut se dire, "Tiens, je fais un symptôme de loyauté envers ma mère, je le perçois, mais c'est une illusion." et le symptôme peut disparaître.

    Une autre conférence, c'est : "De la Psychogénéalogie aux Actes symboliques" qu'entendez-vous par acte symbolique ?

    C'est la réponse à cette question : "Maintenant que j'ai compris d'où viennent les problèmes, je fais quoi avec cela ?" Actes symboliques, nouvelle discipline qui émerge dans les sciences humaines. La société va de plus en plus vite et on veut des solutions rapides et efficaces. Actes symboliques, mini-rituels mis en place pour régler des problématiques de l'histoire familiale, maltraitances, préférences, deuils, mini-rituels qui vont résoudre les problèmes en un temps record. Tout ce processus est bien détaillé dans mon livre paru chez Jouvence : Les actes symboliques.

    Avez-vous un exemple d'acte symbolique ?

    Pour dépasser un problème de maltraitance par les parents, vous pouvez commencer par faire un immense poster de ce parent et petit à petit réduire la taille de la photo jusqu'à la grandeur d'un timbre poste. Si le parent en question est décédé, vous pouvez créer un masque de ce parent et demander à une personne de porter ce masque durant une demi-journée pour pouvoir communiquer, lui dire ce que vous avez sur le cœur.

    Sur le premier site francophone chrétien de relation d'aide professionnelle, j'ai trouvé la description détaillée de votre ouvrage "Se libérer du destin familial, devenir soi-même grâce à la psychogénéalogie." Selon vous, y a-t-il un lien entre l'évolution personnelle et la religion et quel est-il ?

    Le premier niveau, c'est de travailler sur ses origines, sur l'héritage transgénérationnel. Chaque génération est victime en quelque sorte de la génération précédente. Après, l'être sera disponible pour accéder à d'autres niveaux de conscience. Nombre de névroses viennent de la religion pratiquée dans le milieu familial, malheureusement parfois devenue un frein à l'évolution.

    En quelques mots, quelle peut être l'influence de nos quatre grands-parents sur notre vie personnelle ?

    Comment ils se sont rencontrés, le type de couple qu'ils ont formé, l'éducation qu'ils ont donné à nos parents, le fait que nos parents aient été soit les enfants préférés, soit les enfants délaissés voire maltraités, leur position dans la fratrie, l'écart d'âge entre les enfants, s'ils étaient des enfants de remplacement, les secrets des familles, tout cela aura des conséquences importantes sur notre propre destinée. Moi-même, je suis l'aînée et cela a eu des conséquences dans ma vie. La configuration familiale en elle-même crée déjà une destinée.

    C'est une grande question pour moi : les secrets de famille, est-il préférable qu'ils soient révélés ou précieusement gardés et dans le premier cas, de quelle manière faut-il les dire ?

    Il n'y a pas de règle absolue. Selon moi, il vaudrait mieux que chacun ait connaissance des secrets de sa famille, mais la prudence est de mise dans le domaine. On peut être victime d'un secret de famille si on l'ignore totalement. Par exemple, tout le monde sait d'une personne que son père n'est pas son père, sauf elle-même. C'est arrivé à une de mes clientes qui l'a appris par sa mère, au décès de son père. Cela a été une explication au fait qu'elle n'avait jamais réussi à former un couple. Dans cette situation, taire le secret a eu des conséquences graves. Il y a une autre situation où une femme sait que sa sœur n'a pas le même père qu'elle, mais la mère lui a fait jurer de ne jamais en parler. Chaque fois que les deux sœurs se voient, le secret plane entre elles. Dans ce cas, il vaut mieux le dire. Le secret peut ronger une personne et la rendre malade, comme un de mes clients dont la fille va se marier, il vient de déclarer un cancer du pancréas, il n'est pas le vrai père de sa fille mais ne l'a jamais dit et ça le ronge. Dans ce cas-là, il est urgent de révéler le secret.

    Faire un travail sur soi en psychogénéalogie va-t-il avoir des conséquences sur les générations futures, mes enfants, mes petits-enfants ?

    Bien sûr, cela va permettre de ne pas répéter ce que l'on a subi, cela va amener à une prise de conscience de nos comportements inadéquats envers nos enfants. En plus vous pourrez faire les deuils qui doivent être faits, analyser les syndromes d'échecs par exemple ou encore réaliser l'importance de laisser aux enfants le choix de faire ce qu'ils aiment dans la vie. En résumé, c'est une remise en cause du fonctionnement familial.

    Un pont entre le conscient et l'inconscient, quel procédé utilisez-vous ?

    Il y a d'abord l'analyse des rêves, le rêve est un des principaux pont entre le conscient et l'inconscient. J'ai l'exemple d'une patiente qui a rêvé que son frère avait un enfant caché. En lui posant la question, elle a découvert que c'était une réalité. Cela a modifié ses liens familiaux. Vous aurez également des révélations par les synchronicités, si vous rencontrez par hasard un ami d'enfance que vous n'avez pas revu depuis plusieurs années, il se peut qu'il détienne une information que vous ignorez. Les voisins, les commerçants, les amis, les médecins, les parrains et marraines, les personnes qui sont en périphérie de l'arbre généalogique peuvent détenir des secrets qui vous auraient été cachés. Les rencontrer par hasard, l'inconscient familial peut les avoir placés sur votre chemin et il vaut la peine de les interroger. Une autre donnée importante, ce sont les repas familiaux. Dans les constellations familiales, nous remettons en scène des événements qui ont été traumatisants. Le dessin aussi permet de poser sur le papier des troubles, toutes sortes de traumatismes en vue de les regarder et de commencer à les soigner.

    Quand on devient thérapeute, à mon avis, c'est parce qu'on en a un grand besoin pour soi-même. Quelles problématiques personnelles vous a le plus touchée lors de votre propre formation ?

    Oui, c'est possible. Pour ma part, dans ma famille nous étions déjà orientés vers le social. Cela correspond aussi à une espèce de vocation. C'est un métier délicat qui ne peut pas être improvisé. Un grand amour de l'humain est indispensable. Chez moi, un secret a été longtemps bien gardé, ma grand-mère maternelle a été internée en hôpital psychiatrique pendant longtemps, elle y est décédée. La maladie d'Alzheimer n'existait pas, c'était plutôt : folie, troubles psychotiques ou schizophréniques. Je ne l'ai pas appris par ma famille, mais par la seconde épouse de mon père qui un jour me l'a avoué. Cette grand-mère avait été traitée aux électrochocs et c'est cela qui inconsciemment m'a amenée à choisir cette voie, pour la soigner à posteriori.

    Vous êtes également auteur de plusieurs ouvrages, l'écriture est un travail de solitaire tandis que l'animation et les conférences sont tournées vers le public. Quelle partie préférez-vous et pourquoi ?

    Dans une première phase, j'ai fait beaucoup de conférences, mais depuis dix ans, j'ai préféré l'écriture. Maintenant, je reviens. Fribourg sera le départ d'une nouvelle série de conférences. C'est une alternance. J'aime les deux choses.

    Êtes-vous heureuse, Elisabeth Horowitz ?

    Euh... Question difficile, nous passons tous par des phases de remise en question. Il y a des carrefours dans la vie... C'est une bonne question, merci de l'avoir posée ! Rires... Je pense que je pourrais être plus heureuse que je ne le suis. J'espère être plus heureuse dans le futur ! Voilà !

    Avez-vous quelque chose à ajouter ?

    J'espère que ces deux conférences correspondent aux attentes du public suisse. J'ai aussi fait de la publicité sur les réseaux sociaux. On viendra aussi de France. Je fais le vœu que la conférence sur les actes symboliques, titre de mon livre édité chez Jouvence, ait du succès. Les rituels proposés correspondent aux besoins du moment. A bientôt à Fribourg. 

    Merci Elisabeth Horowitz

    Christiane Kolly - 17 octobre 2015


    votre commentaire
  • BRIGITTE KARLESKINDBonjour Brigitte Karleskind, C'est un nom particulier, Karleskind, pouvez-vous me donner son origine ?

    C'est un nom lorrain et c'est mon nom de jeune fille.

    Vous êtes journaliste scientifique, quelle est la mission que vous vous êtes donnée en tant que telle ?

    Je ne me suis donné aucune mission. Je travaille par hasard. Mission, je n'aime pas beaucoup ce mot. J'ai plusieurs jobs avec des fonctions diverses depuis plus de 20 ans. C'est un univers que je connais très bien.

    Qu'est-ce qui vous a poussée dans cette direction ?

    J'avais accumulé énormément d'informations et l'envie de les partager.

    C'est la maladie qui rapporte aux professionnels de la santé et non la santé. Une médication à vie, c'est le rêve pour les compagnies pharmaceutiques. Il semble que leur objectif principal soit de gagner beaucoup d'argent ? Quelle est votre opinion à ce sujet ?

    Il faut que les laboratoires pharmaceutiques gagnent de l'argent pour pouvoir financer leurs recherches. Est-ce qu'ils veulent entretenir la maladie ? Ça fait partie des théories du complot qui circulent partout. J'ai quand même un gros doute. Ce n'est pas parce qu'il existe des médecines alternatives que les laboratoires sont inutiles. Sur certaines maladies, il est indispensable d'utiliser des médicaments et en cela la recherche est fondamentale. Cela m'agace quand on tape sur l'industrie pharmaceutique, mais sans la défendre à tous crins. Il faut être objectif dans la vie et je pense que les laboratoires pharmaceutiques sont utiles. Les découvertes ont fait progresser la médecine. Il existe des compléments alimentaires, ce sont des matières naturelles qui ne sont pas brevetables, encore qu'il existe des moyens de les breveter quand même, par exemple des techniques d'extraction, c'est ce qui a amené les compagnies pharmaceutiques à racheter un grand nombre de fabricants de compléments alimentaires, c'est un secteur en pleine expansion.

    On nous propose des tests, beaucoup de tests, encore plus pour les femmes, mammographie, examen gynécologique, dépistage du sida ou autres MST, coloscopie, mais aussi dépistage de glaucome chez un ophtalmologue, et j'en passe. Si on cherche bien, on va bien trouver quelque chose, non ?

    Je pense que c'est bien, cela fait partie de la prévention. Plus tôt on découvre la présence d'une maladie, plus on a de chance qu'elle soit bien prise en charge et qu'elle soit guérie.

    Les compléments alimentaires, vous êtes devenue une spécialiste dans le domaine. Selon vous, faut-il prendre des compléments alimentaires ? Une alimentation saine et équilibrée n'est-elle pas suffisante pour être en bonne santé ?

    D'après vous, c'est quoi une alimentation saine et équilibrée ? Êtes-vous sûre de vous nourrir correctement 365 jours par année ? Même si vous avez un potager ou un verger, pour que les légumes et les fruits que vous allez prendre vous apportent toutes les vitamines et les minéraux, il faut les cueillir à maturité et les manger dans la journée, d'abord vous n'en avez pas durant toutes les saisons, et franchement est-ce possible d'agir comme cela ? Et selon une étude qui a été faite, une grand partie de la population manque de vitamines et de minéraux essentiels et pour ces gens, les multi vitamines sont utiles. Il faut prendre des compléments alimentaires quand on en a besoin. Comment le savoir, le moyen le plus simple, c'est de faire un bilan sanguin et de vérifier où en est notre statut dans les différents nutriments, en stress oxydant, et cetera... Le statut en nutriments est un élément primordial dans la prévention. Si vous manquez d'un minéral ou d'une vitamine essentielle, vous allez avoir un ou plusieurs systèmes de l'organisme qui vont mal fonctionner. Quand on dit compléments alimentaires, n'oublions pas qu'un certain nombre de choses sont issues de la tradition, la médecine chinoise par exemple, le ginseng était réservé aux empereurs et aux guerriers, ou indienne, avec la médecine ayurvédique, il y aurait beaucoup d'autres exemples.

    Plus ou moins une personne sur 20 est contaminée en milieu hospitalier, et en ressort ou pas avec une maladie nosocomiale, Qu'en pensez-vous ?

    C'est éloigné de mon domaine. Le problème de la stérilisation n'est pas géré aussi bien que cela devrait l'être. Les règles d'hygiène ne sont pas si simples à appliquer au quotidien. Ces bactéries qui sont de plus en plus résistantes aux antibiotiques posent un réel problème. Des solutions sont à l'étude. Des travaux avec des huiles essentielles pourraient aboutir à une alternative, peut-être un jour.

    La fibromyalgie, cette maladie aux symptômes multiples et qui semble concerner beaucoup plus les femmes est une maladie difficile à diagnostiquer et surtout à guérir. Les compléments alimentaires seraient-ils une solution et pourquoi ?

    Là je suis désolée, je n'ai pas la réponse.

    Arrêter de fumer, vous vous êtes également penchée sur cette problématique. Avez-vous fumé ? Quels sont les moyens que vous proposez pour arrêter ? Ne pensez-vous pas qu'il vaudrait mieux ne pas commencer ?

    Oui, j'ai fumé. Ne jamais commencer, évidemment... Dans mon cas, un jour j'ai décidé et j'ai cessé de fumer. Le livre "Arrêter de fumer Combattre la dépendance Les différentes méthodes En finir définitivement avec le tabac" c'était une commande. J'avais fait une analyse de ce qui pouvait se faire par rapport à cela. Selon moi, la première étape et la plus importante, c'est celle où l'on décide d'arrêter. Sans cela, vous pouvez tester toutes les méthodes, cela ne servira pas à grand chose. Quelques compléments alimentaires vous aideront sur des choses annexes, par exemple pour éviter de grignoter sans arrêt. Il est vrai que quand on fume, cela amène des carences en vitamines et en minéraux, il est sage de paliers ces carences.

    Maigrir avec les compléments alimentaires, voilà qui est intéressant, comment cela fonctionne-t-il ? Que pensez-vous des coupe-faim et autres boissons protéinées pour retrouver la ligne ?

    Pas beaucoup de bien. Maigrir c'est extrêmement complexe, prendre du poids aussi. C'est multi factoriel. Il faut déterminer quels sont les facteurs qui interviennent dans la prise de poids. Cela varie d'une personne à l'autre, les origines peuvent être extrêmement diverses. Le stress par exemple va vous faire produire du cortisol en excès, ce cortisol vous donnera faim et vous allez prendre du poids. À part cela, avoir faim c'est un plaisir, manger c'est un plaisir, alors compenser avec des pseudo repas, ce n'est pas fait pour moi, mais c'est tout-à-fait personnel.

    Vous allez lancer un nouveau magazine à la rentrée, Nature Sciences Santé, en collaboration avec André Dunand. Il existe déjà de nombreux magazines, en quoi celui-ci sera-t-il différent ?

    Il n'en existe pas qui soit uniquement centré sur les compléments alimentaires. Il s'adresse prioritairement aux professionnels de santé pour les aider à les prescrire plus facilement. Il s'adresse aussi aux consommateurs de compléments alimentaires pour qu'ils puissent dialoguer plus facilement avec les professionnels de santé sur ce sujet. Ce seront surtout des informations qui s'appuient sur les dernières recherches scientifiques. Je ne parlerai pas de produits commerciaux, mais de substances, de la recherche. Il y aura des interviews de professionnels de santé et de chercheurs. Par exemple, le premier grand dossier, sur les multi vitamines, je réponds avec un chercheur américain sur ce sujet. Nous avons quelques interviews exclusives. Il existe aussi un site www.nature-sciences-sante.eu et nous envoyons déjà une infolettre par semaine.

    Vous allez donner 2 conférences au salon, la première "Les compléments alimentaires sont-ils utiles ?" Pouvez-vous me donner 3 bonnes raisons de venir assister à cette conférence ?

    Dans la presse grand public, on voit souvent "Jetez vos compléments alimentaires, ça ne sert à rien.", je vais expliquer ce que j'en pense et démontrer pourquoi il ne faut pas prendre forcément les titres au pied de la lettre, ceci à partir d'exemples et de résultats d'études scientifiques. Je parlerai aussi de l'utilité de quelques compléments alimentaires, des multi vitamines, de la vitamine D, de la coenzyme Q10, fondamentale pour la santé cardiovasculaire, la vitamine K dont on connaît le rôle dans la coagulation sanguine, mais moins dans l'équilibre du calcium dans le corps. La plupart en manque est c'est dommage parce que la vitamine K va empêcher les artères de durcir et aider à fixer le calcaire dans la structure osseuse. Il faut savoir aussi que les compléments alimentaires sont certes utiles, mais en prendre n'est pas anodin. Je conseille toujours de se faire accompagner par un professionnel de santé.

    De quoi parlerez-vous dans votre deuxième conférence ?

    "Les compléments alimentaires et la sexualité." Je parlerai aussi du dysfonctionnement érectile, autrement dit l'impuissance. Dans cette conférence, je vais expliquer comment tout cela fonctionne et aussi comment cela ne fonctionne pas. Pour être sûrs que cela fonctionne, les hommes peuvent avoir tendance à prendre plusieurs produits. Cela peut avoir un effet désastreux. Un produit seul n'a pas d'effet secondaire, mais si vous mélangez avec d'autres, ou si vous augmentez les doses, cela peut amener à des catastrophes.

    Le thème de notre salon est "Sensualité épanouie". Oserais-je vous demander si la vôtre l'est ? Et quels sont vos conseils pour y parvenir ?

    C'est une question personnelle à laquelle je ne réponds pas.

    Un dernier message ?

    Je déteste les informations qui sont publiées sans être vérifiées. Par exemple quand toute la presse titre "Il faut jeter les multi vitamines de la grossesse, cela ne sert à rien." J'ai cherché la source de cette information. Cela avait été publié dans un journal scientifique britannique, mais écrit par une journaliste, pas par des scientifiques. Elle écrivait que si on se nourrissait bien, c'était suffisant, nous n'avions pas besoin d'autre chose en dehors de l'acide folique et de la vitamine C. Mais dans la réalité, c'est autre chose. Une grossesse puise beaucoup plus de nutriments que la vie quotidienne, et beaucoup d'études ont démontré que certains étaient fondamentaux. Je mentionne encore mes derniers livres : Guide pratique des compléments alimentaires - La Mélatonine - La coenzyme Q10.

    Merci Brigitte Karleskind


    votre commentaire
  • gerard leleu

    Entretien réalisé dans le cadre du salon du mieux-vivre de Fribourg 2016

    Bonjour Docteur Gérard Leleu, Vous êtes un chti ? Vous êtes-vous retrouvé dans le film "Bienvenue chez les chtis!"

    Oui, c'est un grand honneur. J'ai vu le film cinq fois. Nous sommes des gens agréables et serviables.

    Une page vous est consacrée sur wikipédia ! Vous avez été d'abord médecin anesthésiste-réanimateur et avez été mis à contribution durant la guerre d'Algérie. Quelles sont vos souvenirs de cette période ?

    Effectivement à 27 ans, à la fin de mon sursis, mes études terminées, comme beaucoup de jeunes français à ce moment-là, je suis parti en Algérie. Le service durait 32 mois. J'ai découvert l'horreur. Par mon métier de médecin, j'avais vu dans les hôpitaux des choses très difficiles, là j'ai vu la guerre et la chirurgie des pays sous-développés. En tant que anesthésiste-réanimateur, j'étais forcément dans les sphères de chirurgie. J'ai soigné beaucoup de blessés aussi bien français qu'arabes, aussi bien civils que militaires. J'ai découvert un pays très pauvre spécialement dans l'arrière-pays, en Kabylie dans les montagnes, c'était la misère, beaucoup moins à Alger ou à Oran. J'étais parti avec des idées un peu patriotiques, vive la France, Algérie française. J'ai trouvé un pays pour lequel nous, français n'avions pas fait grand chose au point de vue de l'éducation, des infrastructures. L'armée commençait à s'y mettre, mais il était trop tard, les algériens de souche étaient acquis à l'indépendance. J'ai sympathisé avec beaucoup d'entre eux, j'étais invité même à des mariages. J'en garde un très bon souvenir.

    A plus de quarante ans, vous décidez de changer de direction pour vous tourner vers la psychothérapie sous diverses formes, pourquoi ce changement ?

    Pour deux raisons, la première après 25 ans chez les urgentistes, un métier très grave où chaque geste fait osciller entre la vie et la mort, même pour une intervention simple, le danger est toujours le même. C'est comme dans l'aviation, au moment du décollage ou de l'atterrissage, on peut tuer des gens. De plus, les personnes dont on s'occupe dorment, il n'y a pas de relation, pour moi qui suis un bavard. Deuxièmement, la toute puissance des chirurgiens, leur esprit dominant, j'ai eu de plus en plus de mal à le supporter.

    La sexualité des hommes et des femmes, les problèmes de couple, l'amour, la communication, un vaste programme a suivi, vous avez travaillé avec de nombreuses personnes. Qu'en est-il ressorti ?

    Avec un titre universitaire, ce qui a paru curieux à plus d'un, je me suis installé comme médecin de campagne. Un fait absolument incroyable m'est apparu : la plupart des gens ne sont pas malades. 85 % des patients n'ont pas un problème physique, un trou dans l'estomac ou une blessure grave. Ils viennent voir le médecin avec des signes, douleurs à l'estomac, à la vésicule ou à un ovaire, mais le problème est ailleurs. J'avais lu le livre de Michael Balint, un médecin hongrois qui a fondé la médecine psychosomatique. Vous pouviez palper votre malade, lui donner une ordonnance et au suivant, mais ce n'était pas mon idée. Je me suis dit, si je les écoute, il vont me débobiner la vraie vérité. "Je ne suis pas heureux dans mon couple", "J'ai un enfant mongolien et ça m'angoisse beaucoup", et cetera. Dans 85 % des cas, il y a un problème autour de l'amour, la jalousie, la possessivité, le manque d'amour. Dans son livre "Le médecin, son malade et la maladie", le docteur Balint démontre que la plupart des maladies proviennent d'angoisses psychiques. Durant les 15 dernières années de ma carrière, j'ai constaté à quel point c'était vrai. La pratique qui consiste à donner beaucoup de médicaments sans se référer à l'angoisse existentielle fait de la France le premier pays consommateur de psychotropes. On mange en France autant d'antidépresseurs ou de tranquillisants, qu'aux États-Unis, cinq fois plus peuplés. Et ces gens-là conduisent, travaillent... On endort le malade, on ne le guérit pas.

    Et puis, il y a eu "Le traité des caresses". Cet ouvrage vous a rendu célèbre. D'où vous est venu ce goût pour l'écriture ? Et comment avez-vous vécu et vivez-vous la célébrité ?

    Quand j'avais cinq ans, je voulais faire comme Jean de la Fontaine, je voulais devenir écrivain. Mais la guerre est arrivée et j'ai vu des quantités d'horreurs, des centaines de blessés, de morts et ça m'a donné la vocation de soigner. Mais quand j'ai eu cinquante ans, je me suis dit que c'était maintenant ou jamais. Mon premier livre a été un plaidoyer pour une partie de la population que j'avais en clientèle, les obèses. Ils sont victimes de la société, des magazines. "Laissez-nous manger et cessez de nous affamer", c'est le titre de ce livre qui a bien marché. Ensuite, il y a eu "Le traité des caresses", j'avais remarqué à quel point la plupart des maux sont dus à un manque d'amour, de caresses. J'ai été très étonné que ce livre marche. Je l'avais écrit plutôt pour moi-même, grâce à une femme aimée, suite à une boutade qu'elle m'avait faite : "Les femmes libérées ne caressent pas". Je suis rentré chez moi pour lui répondre et c'est sur cette base que ce livre est paru. Un éditeur me l'a pris mais en me disant que ça ne marcherait pas. Et ça a bien marché au point que tous les journaux m'ont appelé pour des interviews. Un vrai miracle.

    Le plaisir féminin, vous y regarder très loin en arrière, à la préhistoire, au matriarcat suivi du patriarcat, cette évolution nous amène où dans ce troisième millénaire ?

    On en sort, on vit une période de l'histoire de l'humanité tout-à-fait extraordinaire. Dans un premier temps il y a eu un matriarcat, même si les préhistoriens le discutent. Il a existé une prééminence des valeurs féminines grâce à la maternité et grâce aussi au plaisir que la femme procure à l'homme, à une sorte d'addiction. C'était une déesse, ce n'était pas dieu, mais une déesse. Et puis l'homme s'est aperçu que c'était grâce à son sperme que la femme pouvait enfanter. La femme est devenue un vase, un réceptacle. L'homme, avec sa force physique, quand il a fallu vivre dans les cités, faisait régner l'ordre, il connaissait le maniement des armes par la chasse. Il est devenu le chef, c'était le patriarcat. Aujourd'hui on se dirige vers une troisième civilisation que j'appelle civilisation de l'alliance. Plus de domination d'un côté ou de l'autre, mais l'alliance entre la femme et l'homme. Un projet difficile, avec des retards dans certains pays où la femme est encore excisée ou lapidée, mais la femme a acquis dans beaucoup de pays surtout en occident l'égalité en valeurs et en droits, pas toujours en salaires.

    Dans les années 70 le "Rapport Hite" a eu un effet de tremblement de terre. Le plaisir vaginal (défini par Freud) a été un peu mis à mal puisque l'auteur place le plaisir féminin au niveau du clitoris. Quelle est votre opinion à ce sujet ?

    Grand débat, beaucoup de fausses idées. Le clitoris est un organe éminemment sensible qui contient sur quelques millimètres plus de terminaisons nerveuses que sur le gland de l'homme dix ou vingt fois plus volumineux. Freud a été un peu un assassin de femmes, il a dit à la fin de sa vie : "La femme est pour moi un continent noir. Si vous voulez en savoir plus sur la femme, interrogez les poètes". Il disait que le vrai plaisir de la vraie femme se passait au niveau du vagin. Dévaloriser à ce point le plaisir féminin au niveau du clitoris, c'était criminel. C'était phallocratique de dire que seul l'homme, par son pénis, peut procurer du plaisir à une femme. Le vagin est un organe non éveillé. Il contient de nombreux récepteurs, mais il a besoin d'être éveillé. C'est l'homme qui est sensé le faire, comme dans le conte de la belle au bois dormant. Après quelques années, il finit par s'éveiller, mais ça peut prendre beaucoup de temps, parfois même jusqu'à la ménopause, voire après. Le seul usage que je vois des sex toys, c'est celui d'éveiller la belle au bois dormant. Je me qualifierais plus d'érotologue que de sexologue qui apprend la pathologie, ce qui m'intéresse, c'est l'éducation érotique, c'est l'éveil du plaisir dans la subtilité. La constellation vaginale, le fameux poing G existe, il a besoin d'être éveillé.

    Charles Baudelaire a dit : "Aimer les femmes intelligentes est un plaisir de pédéraste." Pourquoi a-t-il dit cela, selon vous ?

    Ça me choque.

    Par intérêt ou pour des tas de raisons plus ou moins honorables, durant des siècles voire des millénaires, les hommes ont mis le bâillon sur les femmes, ils devaient en avoir vraiment peur. Aujourd'hui, que reste-t-il comme peur à l'homme, le mâle ?

    J'ai écrit justement un livre "La mâle peur", sur 350 pages, j'explique comment les hommes ont peur des femmes. Toute la législation est basée sur la peur de la femme. Qu'est-ce que l'ablation du clitoris, sinon une peur, peur qu'elle jouisse plus que lui, peur qu'elle le trompe. Les bûchers des femmes infidèles ont été nombreux, jusqu'au milieu du XVIIIème siècle, on a brûlé des milliers de femmes en Europe. Ces sages-femmes ou bonnes-femmes mettaient au monde et guérissaient. Les seigneurs se faisaient soigner par elles puis les dénonçaient. Elles étaient ensuite jugées comme sorcières. Il y a eu aussi ces femmes infidèles qu'on promenait enchaînées dans les rues des villes. En Europe c'était le bûcher, ailleurs c'était la lapidation qui se pratique encore. Au niveau de la société, la peur existe toujours. Aujourd'hui, si la femme prenait le pouvoir et le pratiquait avec toute sa féminité, son anima, ça changerait beaucoup de choses au niveau de l'économie, de la politique, de la guerre. Celles qui ont eu le pouvoir jusqu'à maintenant ont plutôt appliqué une politique d'homme, comme Mme Golda Meir ou Mme Margaret Thatcher.

    Dans une de vos conférences, vous dites que d'ici 50 ans, certains enfants commenceront à naître par des moyens artificiels, qu'est-ce qui vous fait dire cela ?

    Il y a deux savants qui travaillent énormément sur le sujet. C'est une évidence. Au XVIIème siècle quand on disait qu'un jour on volerait dans le ciel, ça faisait rigoler. Dans 50 ans ou plus, soit par clonage, soit dans des appareils, des sortes d'utérus artificiels, on fera de l'élevage d'humains. Et on dira : "Vous vous rendez compte, il y a 50 ans, on avait un bébé dans son ventre et on souffrait le martyre pour le mettre au monde". A la naissance, les bébés seront pris en mains par des psychologues, le complexe d'Oedipe n'existera plus, les bébés n'auront plus l'occasion de tomber amoureux de leur mère. C'est effrayant tout cela, mais un jour ça entrera peut-être dans les moeurs.

    Malgré tout, vous allez animer des cours d'amour, quels titres avez-vous choisi pour vos 2 cours d'amour ?

    Ce seront des sortes de conférences-débats... des cours d'amour comme le faisait Aliénor d'Aquitaine, la grande Dame du XIIème siècle avec les chevaliers et les dames de la cour. On se mettait en rond, on votait un motif de discussion et chacun donnait son avis sur la question. Même si le lieu ne se prête pas, on va improviser une sorte de cour d'amour, même s'il y a des rangées de chaises. Chacun est libre bien évidemment de s'exprimer ou non. Venir simplement écouter sera possible également.

    Parlez-nous de l'homme nouveau ?

    C'est un homme qui assume sa part masculine, son animus, mais également son anima, sa part féminine. Il a le droit d'être sensible, le partage du droit au niveau de la sexualité existe, il a le droit de langer bébé aussi. C'est un homme qui accepte l'animus aussi bien que l'anima de la femme. L'homme nouveau va de pair avec la femme nouvelle. Louise de Vilmorin qui tenait salon après la guerre, a dit une chose qui correspond aux hommes nouveaux : "J'aime les hommes qui pleurent et qui aiment les gâteaux."

    Le thème du salon est "sensualité épanouie", la vôtre l'est-elle et de quelles façons ?

    Je suis complètement transparent et n'ai rien à cacher. Sensualité veut dire règne et épanouissement de tous les sens. Ma sensualité est à fleur de peau. Le moindre effleurement me transporte. J'ai un besoin de caresses inassouvissable, ce qui est difficile dans les périodes de solitude. Je suis aussi gourmand et raffiné, encore que les plats de campagne me plaisent beaucoup. J'adore les parfums. Parfois, quand je croise une femme dans la rue et que son parfum me plaît, j'ai envie de lui en demander le nom. Le matin, quand je sors dans mon jardin, je sens l'odeur de la rosée, c'est divin. Il y a quelques jours, j'étais dans le Périgord. Quand le soleil a débordé de la colline, c'était une lumière extraordinaire, c'était de l'or. Quand j'écoute des choeurs, c'est un élan vers le ciel.

    Merci Dr Gérard Leleu


    votre commentaire
  • jean-marie muller

    CK : Bonjour Jean-Marie, nous allons aujourd'hui parler d'une consultation chez toi. Dis-moi ce qui se passe quand une personne arrive en face de toi pour la première fois ?

    JMM : D'abord je prends le temps d'aider la personne à se détendre. L'insécurité est là, les émotions sont là. Dans le fond, la personne voit tout, peut-être inconsciemment, mais elle sait qu'elle va se faire scruter. Les peurs sont là aussi. Je lui dis des banalités pour la mettre en confiance, pour l'amener à oublier son stress, comme dans les jeux télévisés, avant de poser les premières vraies questions :
    - Vous avez fait bonne route ?
    - Il faisait beau chez vous ?

    CK : Ce sont des choses du quotidien pour que la personne se sente à l'aise et commence à s'ouvrir à ce qui va arriver. Et après ?

    JMM : Exactement. Après, très rapidement, en me branchant à la personne, les facettes apparaissent, je reçois des informations par sa manière de bouger, de parler, de réagir aux questions, en l'observant. Je perçois la personne. C'est comme si j'entrais en elle. Cela se passe au niveau visuel, auditif, sensoriel, simultanément, dans mon ressenti intérieur également. La personne vient à moi ou je vais à elle, cela évolue au fur et à mesure de la consultation. Et là, je vois les émotions dominantes. Les facettes se manifestent et veulent être vues, on pourrait même dire qu'elles se bousculent parce que c'est le bon moment, il y a quelqu'un qui va les entendre.

    CK : Mais c'est quoi une facette ?

    JMM : Nous avons été mis en boîte, par notre éducation, dans le moule choisi pour nous, nous sommes devenus monobloc. En réalité, nous sommes multi facettes. Nous avons plusieurs corps, plusieurs niveaux et sommes en communication avec tout l'univers. Nous sommes comme une sardine, dans sa boîte, dans le carton de boîtes, enfermée dans la réserve. Quand la personne est en face de moi, elle veut sortir de sa boîte, elle est là pour cela. Chaque chose va me donner des informations. J'ai cette capacité, mais chaque être a ce potentiel qui peut être développé. Chez moi, c'était déjà présent, de par mon chemin de vie. Je peux sentir les centres d'énergie, où en est la personne. Les facettes vont se montrer, même si la personne n'en est pas consciente. La petite fille en colère va réagir, me faire comprendre que l'adulte adapté qui se trouve en face de moi n'est pas lui-même, qu'il est enfermé dans son moule. C'est un peu comme dans les dessins animés, par des petits signes, la personne se "trahit".

    CK : Tu perçois la personne, mais après, cela ne servirait à rien de lui dire :
    - Ta petite fille est en colère.
    La personne ne comprendrait pas ?

    JMM : Effectivement, il ne faut pas effrayer la personne. La petite fille veut s'exprimer. C'est à moi de trouver le chemin pour qu'elle puisse le faire. C'est la première étape incontournable, puisque c'est elle qui s'est manifestée en premier, dans mon exemple. Cette petite fille, cette facette est dans un tel état de colère depuis souvent de nombreuses années, qu'il faut d'abord accepter cette colère, cela est primordial.

    CK : À ce moment-là, dans cet espace protégé, la personne peut s'exprimer, elle osera ?

    JMM : Elle osera, mais il faudra que j'aille la chercher. Je l'aiderai à sortir de l'hypocrisie aussi. Le pardon, à ce moment-là, c'est vraiment prématuré, elle a juste envie de hurler et ne veut pas entendre parler de pardon. Accepter, c'est le maître mot : laisser la petite fille s'extérioriser, manifester cet état dans lequel elle est prisonnière depuis souvent très longtemps. Ce sera la facette prédominante, celle qui dirige la vie de la personne, de A à Z, du matin au soir et inconsciemment. Reconnaissons que cette nouvelle n'est pas agréable à entendre, surtout pour les personnes qui ont déjà fait un bon bout de chemin dans le développement personnel. Plus tu es évolué, plus tu as connu des maîtres, plus tu as dépassé pas mal de choses, plus c'est difficile de donner de l'attention, de reconnaître cette petite fille en colère. C'est devoir accepter que quelque chose d'aussi énorme t'a échappé depuis vingt ans. Il est plus facile de travailler avec la boulangère du coin qui n'a jamais pris un seul cours ni aucune consultation et qui vient en disant:
    - ça ne va pas, aidez-moi...
    L'intelligence est aussi au service de l'égo qui montera toutes sortes de scénarios pour ne pas être découvert, dans ses tentatives de camouflage, aidé par la ruse, l'orgueil et compagnie.

    CK : Est-ce que cela dépend du nombre de facettes que l'on a ?

    JMM : Ce n'est pas une question ni de quantité, ni d'importance. La vrai question est : "Qu'est-ce que la facette t'empêche de vivre ?". Je suis un enseignant, je suis un conférencier, je suis souvent sur les routes, si je ne suis pas attentif à l'amant qui a aussi envie de vivre, je pourrais bien avoir un problème de prostate comme les autres hommes qui négligent leur côté amant. La priorité est propre à chaque individu. Où que tu ailles, où que tu te trouves, les choses sont bien faites, le événements arrivent pour toi, ici et maintenant, le niveau de conscience n'a rien à voir. Si j'ai besoin de travailler ma relation à la nourriture, que je me trouve en Suisse ou au Québec, les choses arriveront de la même manière, incontestablement. Qu'un être se considère comme maître spirituel ou simple péquin, il y a toujours un travail pour lui, sinon, il n'habiterait plus la planète terre.

    CK : Pour en revenir à notre consultation, quand la personne arrive, il se passe quoi en toi ?

    JMM : C'est un peu comme une lecture globale, ça peut commencer dans les vies passées, mais j'aborde rarement ce thème, il y a déjà assez à faire dans cette vie-ci, tout est là, dans la plus petite cellule, tous les programmes de toutes les vies de tout ce que tu as vécu et de toutes les probabilités. C'est extraordinaire. Nous n'avons pas encore découvert tout cela dans une cellule, physiquement, mais on est sur le chemin. C'est au niveau vibratoire que la lecture se fait et je ne peux pas pendre toutes les informations, il y en aurait pour des heures.

    CK : Comment tu choisis alors ?

    JMM : Ce n'est pas si important. L'important est de commencer quelque part. Je prends un petit morceau, je choisis là où il y a urgence, la branche qui se trouve en si mauvais état qu'elle pourrait faire que tout l'arbre s'écroule. Quand il y a des maladies, bien sûr, il y a urgence. Sortir l'émotion liée à la maladie, c'est primordial et cela peut permettre de faire un bond vers la guérison. Imaginons cette petite fille en colère, que personne n'écoute, qui sévit pourtant à l'intérieur de l'être. Arrivée à quarante-cinq ou cinquante ans, l'âge où sévit le cancer, l'aboutissement de vingt ans de colère refoulée, je ne prendrai pas le risque d'y aller de front, ce serait trop douloureux pour la personne. Il sera nécessaire d'abord d'amener la personne petit à petit à visiter, puis vivre dans son corps émotionnel pour gentiment le vider de toutes ses émotions refoulées. Il y aura beaucoup de résistances. Ça passe également et d'abord par l'apprentissage de l'observation de soi-même. Apprendre à percevoir cette fraction de seconde où, pour ne pas sentir la souffrance, l'égo se fabrique toutes sortes de bonnes raisons de ne pas se regarder en face.

    CK : Ça dépend de quoi, ta capacité à choisir, à visualiser la personne. C'est ce que tu as appris où ça tient de l'intuition?

    JMM : Certaines matières, je les ai apprises, d'autres je les ai réapprises, un peu comme si je m'en souvenais. Le but, plus tard, c'est oublier tout ce qui est du domaine de l'apprentissage pour se laisser totalement aller. Il est nécessaire d'être très libre, de n'avoir pas peur de ses propres émotions, en tant que thérapeute, de pouvoir lâcher son égo, sinon il voudra prendre le contrôle. Se laisser aller, se connecter à son âme et à ses guides. Et c'est comme cela que je peux vraiment aider.

    CK : Tu parles de vider les émotions, qu'entends-tu par là exactement ?

    JMM : Se libérer des émotions, c'est plus joli. Mais j'aime bien ces termes vider les émotions, comme on vide les poubelles, comme on va se doucher après une journée, il faut nettoyer tout cela, c'est de l''hygiène émotionnelle. La colère, la peur, la tristesse, la joie, canalisées et prisonnières, ces émotions ont besoin de sortir. Après, il existe bien des manières de vider les émotions : la danse africaine par exemple avec des gestes et des cris du fond des tripes. Le rire, la thérapie par le rire, c'est extraordinaire aussi. Un jour où vous n'êtes pas dans votre assiette, ça demande un gros effort, de rire. Par contre si vous vous y forcez, ça vous libère. C'est avant tout l'expression de la joie, ça dédramatise les situations les plus cocasses, rire de soi, ça atténue la pseudo gravité des choses, rire de son égo qui vous joue des tours pour ne pas être découvert, comme quand je suis avec Johanne et que je l'éjecte.

    CK : Tu parles de Johanne Razanamahay ?

    JMM : Oui, c'est une enseignante, qui a écrit beaucoup de livres, qui connaît l'être humain, qui me connaît, la personne avec laquelle je peux le mieux partager. Et bien, même elle, quand je me sens soudain en insécurité, je l'éjecte. Mais après, même si c'est un réflexe naturel de protection, ce n'est pas sain et cela la fait souffrir. Je ne peux plus mentir. Quand Johanne m'a reparlé de l'instant où je l'ai éjectée, j'ai reconnu. C'est la personne avec qui j'enseigne sur scène, et celle que j'ai le moins envie d'offenser. En trois minutes, en reconnaissant la situation, le problème a été réglé. Plus besoin de s'apitoyer voire de pleurer sur soi. Cela devient de plus en plus léger. Adieu culpabilité, pleurs, introspection de plusieurs jours sur ce qui a été dit et fait en stage...

    CK : Revenons à la personne en consultation, après cette lecture, tu as choisi en quelque sorte ou cela a été évident pour toi de savoir sur quoi tu allais travailler ?

    JMM : C'est moi et mes guides. Bien sûr que je ne peux pas parler avec la personne de tout, ce serait confus et ça ne servirait à rien. Elle pourrait s'effrayer. Lors de la prise de rendez-vous j'amène les gens à décrire quelque chose de précis. Dire :
    - J'ai des problèmes dans mon couple.
    ce n'est pas suffisant, c'est beaucoup trop vaste. Par contre, dire :
    - Quand je monte l'escalier, mon mari détourne le regard.
    c'est déjà plus significatif. Et quand la personne précise :
    - Il me fait ce coup-là chaque fois, le lendemain de mon cours de yoga.
    ça s'éclaircit encore plus. L'objectif de la consultation pourrait être de découvrir comment vivre cette situation différemment ?
    La suite, lors de la consultation pourrait être celle-ci :
    - Comment tu te sens à ce moment-là ?
    - Je suis en colère, j'ai envie de le frapper...
    Régler les comptes de cette manière, c'est enfantin !
    La suite serait :
    - T'arrive-t-il toi aussi de te venger ?
    - Et bien oui, ça m'arrive !
    Là, au moment de la prise de conscience que ce n'est qu'un miroir, que tout ce qui nous entoure n'est que miroir, pour nous montrer exactement où on se situe, la personne peut refuser net, comme un cheval devant un obstacle. Cela dépend de l'importance de son égo. Il faudra peut-être un peu de temps pour considérer qu'elle en est là pour le moment et l'accepter. Accepter, en l'occurrence qu'elle règle ses comptes, dans d'autres situations certes, de la même manière que son mari. Si la personne n'est pas prête, c'est inutile d'insister. Petit à petit, elle pourra regarder les choses d'une autre manière, par exemple la prochaine fois qu'elle monte l'escalier.

    CK : Et là, en cas de braquage, tu fais quoi ?

    JMM : Je choisis par exemple d'être le bon père, parce que c'est ce qu'elle recherche. Elle pleure, de rage un peu, de tristesse aussi, alors je la console, je lui passe les mouchoirs. C'est une étape sur le chemin de l'acceptation, un accueil chaleureux de ce qui arrive, sans jugement.

    CK : Il t'arrive d'être toi aussi envahi par l'émotion de la personne et comment tu gères cela ?

    JMM : Oui, gérer ne veut pas dire ne plus rien ressentir. Il m'arrive d'avoir les larmes qui montent. C'est ma facette miroir de celle de l'autre personne qui réagit. À ce moment-là, je le dis :
    - Ma facette est aussi activée, je suis touché par ce qui arrive. Mon petit garçon qui a manqué d'amour se manifeste.
    Cela sécurise la personne de voir que moi aussi j'ai un petit garçon qui a besoin d'être aimé. Je suis en résonance avec ce qui se passe chez l'autre. Ça demande de l'humilité de le reconnaître. C'est peut-être pour cela que bon nombre de thérapeutes restent dans le mental, ne peuvent pas se permettre de se laisser toucher par l'autre, parce qu'ils ne savent pas où cela les mènerait, s'ils pourraient gérer. Il est vrai que certaines émotions me touchent encore, mais d'autres ont été complètement manifestées et il en reste un torrent d'amour et c'est de la compassion pure que je peux offrir dans ces moments-là. Mais bien sûr qu'en face de l'énergie d'un Hitler qui a tué nombre de gens, au départ il se pourrait que ce soit douloureux, mais avec le temps, même avec les émotions les plus fortes, l'énergie arrive déjà transformée. Le processus est le même en privé que lors des ateliers. Par contre, l'énergie d'un groupe, je trouve cela merveilleux. Quand on est ensemble, dans un même corps, les vibrations sont magiques. À dix personnes qui vivent pleinement dans leur lumière, la puissance de l'énergie est extraordinaire, alors imagine à cent ou mille ou plusieurs milliards. Mais voilà, une fois le stage terminé, la vie reprend son cours comme on dit et les habitudes leurs places...

    CK : Dans ta consultation, comment fais-tu pour gérer le temps, pour conclure ?

    JMM : Après avoir travaillé dans la première couche des facettes, celles de déblocage, puis favorisé la prise de conscience de la personne, je donne quelques outils pratiques pour la vie de tous les jours. Quand la personne a vécu une émotion, plus ou moins forte, elle n'est plus vraiment en état de continuer avec d'autres situations et d'autres émotions, il faut passer à autre chose. C'est là que mes guides interviennent, au niveau énergétique, il se passe quelque chose. Pour que ce soit possible, il m'a fallu favoriser l'ouverture du corps émotionnel de la personne. Au niveau subtil, beaucoup de choses se préparent pour le futur, dont la personne n'a encore aucune conscience. Si le but est d'aller vers le Moléson, inexorablement, la personne se dirigera vers le Moléson, même si elle fait un détour par Berne. Au fur et à mesure, l'être humain acquiert cette capacité de choisir des chemins plus doux, plus agréables.

    CK : Que penses-tu de la théorie qui dit que le cancer est la maladie de la haine refoulée ?

    JMM : Oui, je suis d'accord, ce sont les plus grandes colères non exprimées, avec un complément. Il y a différents types de haine ou frustration, il y a celle de l'enfant, ou celle de l'adulte, par exemple l'adulte qui a choisi de faire des conférences mais qui remet toujours à plus tard l'application de son projet, cette colère-là aura une fréquence précise. Le cancer est la manifestation extrême de la haine et des émotions refoulées. Quand j'accompagne une personne atteinte de cette maladie, pour évacuer les émotions, les rages qui se manifestent font trembler toute la Gruyère.

    CK : Et comment on va laisser ses facettes s'exprimer ?

    JMM : D'abord on va sortir la haine, la première couche et je suis persuadé que c'est indispensable de le faire. Et puis petit à petit, à chaque facette qui n'a pas pu s'exprimer, il faudra lui donner la parole, quoi qu'elle ait à dire. C'est le seul et unique chemin vers l'acceptation de cette partie de soi-même qui a besoin comme toutes les parties, d'être acceptée, sans quoi la suite de l'évolution n'est pas possible. Un enfant, un animal aussi, sait quand quelque chose est toxique à l'intérieur de lui-même, il fera tout ce qui est en son pouvoir pour s'en débarrasser. C'est aussi ne pas s'arrêter à reconnaître l'émotion, mais vraiment entrer en elle et l'accompagner vers le chemin de la sortie, avant qu'elle ne se transforme en maladie, voire qu'elle nous tue. Ce que nous sommes venus expérimenter, c'est ce corps émotionnel qui est quelque chose d'unique et très avant-gardiste.

    CK : C'est un passage obligé ? Même si on a l'air bizarre quand même à hurler ou sauter comme des bêtes ?

    JMM : Oui. Les enfants savent cela très bien, quand ils crient. Ce sont les mamans qui devraient se mettre à crier avec les enfants et non tenter de les faire taire. D'ailleurs, les enfants crient souvent parce que les parents ont oublié de le faire. Imagine la mère qui tape des pieds et crie avec son enfant, c'est une reconnaissance pour lui. Il pourra se dire :
    - Bien, dans ce monde, je peux vivre des émotions.
    - Maman accepte que quand elle vit une émotion, je le sens et je l'invite à l'exprimer.
    Il faudra l'éduquer bien sûr, lui dire qu'il est n'est pas utile de frapper les gens, par exemple. Et puis une émotion vécue par rapport à son amant intérieur ne sera pas vécue de la même manière que s'il s'agit du conférencier ou de l'écrivain ? Plus l'émotion est vécue et invitée à sortir en conscience plus l'exercice sera profitable. Plus on devient conscient, mieux on est connecté à tout ce qui nous entoure et plus on reçoit de messages, plus on les entend. Il est préférable de se libérer en conscience, d'amener le monde à l'intérieur de soi, plutôt que de pratiquer, à l'américaine, ces libérations quasiment forcées, qui auraient donné de bons résultats, mais où on n'a pas tenu une statistique du nombre de crises cardiaques que cela a provoqué, suite à une attitude que l'on pourrait qualifier de dopage au positif. Dans ce cas-là, l'enfant intérieur qui aurait voulu être un artiste n'est pas vraiment pris en considération.

    CK : Et après avoir laissé la place à la haine et sa suite de sortir ? Après s'être libéré de cela ?

    JMM : Après, il devient de plus en plus facile d'aller, sur un chemin doux et agréable, vers ses buts. La conscience de ce qui se passe, de plus en plus aiguisée par ce travail de vidange, fera émerger d'autres choses. C'est un long chemin. Par exemple, je sais que j'ai en moi une facette qui avait prévu de mourir d'un cancer depuis que j'avais dix ans, et ça, ça fait peur. Le plus incroyable, c'est que tu deviens exactement comme tes parents, en plus intelligent, tu es en avance, tu arrives mieux à planquer les choses. Si tu ne travailles pas sur toi, si tu n'es pas conscient, tu ne le sais même pas, mais de toutes façons, ce sont tes modèles, tu les as choisis, tu deviendras comme eux. Un moment absolument primordial, c'est d'accepter que je suis comme mon père. Quand je mange comme un glouton, ça me fait mal au coeur, je le vois, je me retrouve comme un petit goret qui engloutit bruyamment sa pitance. Avant de vouloir aller ailleurs, expérimenter d'autres choses, est-ce que j'arrive à me voir comme cela ? Ce n'est pas forcément rapide cette véritable acceptation. J'en ai vu beaucoup dire :
    - Voilà, c'est bon, j'ai accepté !
    Mais il n'en était rien. Soyez prudents dans vos pronostics, une fausse interprétation, habilement suggérée par votre égo, vous fait peut-être patiner depuis des millénaires, patiner, rester sur place. Et de vous voir en petit goret, dans le fond, c'est toujours aussi douloureux en profondeur puisque pas reconnu. Quand on arrive à en rire, c'est vraiment le signe que la guérison a commencé.

    CK : L'acceptation, sur plusieurs années, prendre le temps qu'il faut, et après ?

    JMM : La phase d'acceptation dure bien plus longtemps qu'on croit. En êtes-vous seulement déjà arrivé à accepter que, pour le moment, vous ne pouvez pas encore accepter, c'est une des étapes. L'acceptation se ressent dans le corps physique, mais aussi dans les corps émotionnel et mental. Tant qu'il y a des résistances, ce n'est pas terminé. Quand j'entends quelqu'un me dire :
    - Cette fois ça y est, je me suis pardonné !
    - Qu'est-ce que tu avais à pardonner ? À te pardonner ?
    Pourquoi devrions-nous pardonner ? La seule bonne raison que je vois, c'est que ça nous apporte la paix. Après cela, une fois l'acceptation réelle passée, vous pourrez commencer à voir votre propre évolution. Quand je regarde mon père et son désir d'être rayonnant, d'apporter sa contribution pour améliorer le sort de l'humanité, il en est resté au stade du rêve, il y avait trop de peurs, peur de l'enfant d'être jugé, de ne pas être aimé, d'être rejeté par ses pairs. Il n'a pas pu aller plus loin, comme son père non plus. Il y avait une base, c'est pour cela que je l'ai choisi comme père. Il avait aussi cette ouverture, j'ai lu très jeune cinq cents bouquins pour un peu me rappeler ce que j'étais venu faire.
    Et puis, enfin, regarder, savoir qui on est ? En conscience, vraiment. En Occident, on aime la philosophie, on aime avoir une opinion sur les choses, en débattre, se contredire. Ça donne une jouissance intellectuelle, l'égo est content, il se frotte le ventre, mais ça s'arrête là ! L'enfant sait, il n'a pas besoin de philosophie. L'adulte blessé vole au-dessus de la tempête, en se faisant croire que tout va bien, sans reconnaître que la vie c'est en-dessous qu'elle se passe. Après il n'y a pas d'alternative, tu es obligé de mourir, nous vivons dans un espèce de suicide collectif, doux et tamisé, mais suicide quand même.

    CK : Heureusement que nous sommes là, toi, moi et d'autres pour tenter de réveiller nos congénères ?

    JMM : Oui, le monde évolue, lentement, mais sûrement !

    Broc, interview du 10 février 2014


    votre commentaire


    Suivre le flux RSS des articles de cette rubrique
    Suivre le flux RSS des commentaires de cette rubrique