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    tiré du livre "Conversations avec mon corps",
    de Christiane Kolly

     


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    En bleu, c'est la personne, en rose, c'est la partie du corps

     

    C'est tellement réconfortant quand l'homme que j'aime me prend dans ses bras.

    Tu aimes n'est-ce pas? Mais toi, tu prends souvent dans tes bras les gens que tu aimes?

    Pas autant que je le voudrais. J'ai souvent envie de le faire parce que j'aime cette proximité, cette chaleur qui fait tant de bien. Seulement, prendre dans les bras, sans toucher le corps de l'autre, cela me paraît difficile. J'aime toucher le corps de l'autre, mais cela me met mal à l'aise. Je ressens une réaction de mon corps, quelque chose de physique, de sexuel même.

    Pour un membre de ta famille?

    Non, pour les autres personnes. Je ressens une émotion, un léger trouble qui ressemble un peu à l'émoi la gêne ressentie lors des premières approches amoureuses.

    Ne mélange pas les choses.

    Avec ma tête, je sais faire la part des choses, il en reste quand même un trouble, agréable trouble d'ailleurs.

    Accepte-le comme tel, tu sais bien que tu as une sensibilité à fleur de peau.

    D'accord. Plutôt que de [rester les bras croisés], je vais être encore plus adepte de l'embrassade, de l'accolade, puisque cela me fait plaisir.

    Oui, accueille [à bras ouverts], sans arrières pensées, et accepte cette sensation de communion avec l'autre comme elle vient, laisse déborder ton cœur d'amour, reçois-en les bienfaits, simplement, laisse ton cœur parler et ta tête au vestiaire, pour une fois.

    Vous plaisantez, j'espère?

    Demande à ton mental de te laisser apprécier l'instant, sans envoyer les [Que va-t-il penser?], [Elle va croire que je suis homosexuelle!], [Il va sentir mon émotion et penser que je le cherche], etc. etc. Nous sommes le prolongement du cœur, nous sommes là pour démontrer l'amour.

    J'adore [donner le bras], la proximité de côté!

    Fais attention à tes expressions, donner c'est donner. Tu ne veux tout de même pas te séparer d'un de nous? Tu dis aussi parfois que [les bras t'en tombent]. Comment sommes-nous sensés réagir?

    Vous tombez le long du corps, vous démontrez ainsi de l'impuissance.

    Tu ne veux pas te séparer de nous Dieu soit loué! Fais quand même attention aux expressions que tu utilises. Quand tu dis d'un air défait [cela va me rester sur les bras]. Ça semble lourd, très lourd et nous ne sommes pas faits pour soulever des poids inutiles, mais pour être utiles à ton bonheur.

    Et quand je fais un [bras d'honneur]?

    Nous utiliser comme symbole phallique en direction d'une autre personne, pas très glorieux pour nous non plus.

    Vous préférez [Avoir le bras long]? Avoir de l'influence sur le reste du monde?

    Nenni. Si chacun s'occupait de ses affaires, sans vouloir toujours influencer les autres, sans vouloir aller plus vite, plus loin, s'il n'y avait pas cette fameuse compétition, mais que chacun faisait son œuvre, dans son environnement, [the right man, the right place], [la bonne personne à la bonne place], la vie des hommes serait plus belle.

    Vu sous cet angle, c'est fort possible. Rien n'est parfait, mais rien n'est immuable. A propos, quel est le problème d'une personne qui se casse les bras, plusieurs fois.

    Tu penses à quelqu'un en particulier?

    Oui, un membre de ma famille. C'était l'automne et nous nous promenions dans le verger. Il restait quelques pruneaux sur l'arbre. Nous avons grimpé pour les prendre. En redescendant, il s'est cassé le bras.

    Il est difficile de trouver la raison pour les autres. Peut-être avait-il peur de grimper?

    Je l'ignore, mais quelques temps plus tard, alors que nous jouions sur un réservoir d'eau, avec une amie du voisinage, de nouveau, il devait sauter, redescendre et il n'osait pas.

    Et ton amie l'a poussé et il s'est cassé le bras!

    Oui. Et ce n'est pas terminé, en retournant à l'école, au début de l'hiver, à la récréation, il se fait une glissade, derrière l'école, tombe et se casse de nouveau un bras.

    De quel côté cette fois-ci?

    De l'autre côté. En peu de temps, il s'est cassé les deux bras.

    Nous avons un lien avec le faire. Qu'allait-il faire de sa vie?

    Mes parents étaient paysans. J'ai le sentiment qu'il ne voulait pas vraiment prendre la succession de mon père mais qu'il n'osait pas le lui dire.

    Nous sommes les vecteurs de l'action. Nous permettons de passer de l'idée, du mental, au concret, à l'acte. La pression devait être forte pour ce jeune homme.

    Mon père envisageait de lui passer le flambeau. Visiblement, lui ne voulait pas. Mais il n'osait pas le dire. Peur de le décevoir, peur de son autorité. Il restait un moyen, c'était de rendre cette situation impossible et avec une faiblesse au niveau des bras, impossible de faire ce métier.

    Cela me paraît avoir du sens. Et ta mère dans tout cela.

    Avec sa grande sensibilité, elle a du savoir que mon frère ne voulait pas reprendre les affaires, elle a ainsi été en désaccord avec son mari. Mon frère devait se sentir mal d'être la cause du désaccord de ses parents.

    Il l'a montré avec des fractures, aussi bien à droite qu'à gauche. De cette manière, plus question de continuer à faire le paysan, il avait une bonne raison de faire autre chose.

    Finalement, le rôle du premier fils n'était pas aussi enviable que je l'imaginais.

    Tu n'as pas eu ce genre de difficultés, tu en as eu d'autres. Les tensions au niveau des bras sont la manifestation d'une difficulté à agir. Les mémoires ou blessures inconscientes d'un être par rapport à sa capacité à agir vont se manifester par des douleurs qui peuvent aller jusqu'à la fracture lorsque le souvenir qui apparaît est trop fort ou bouleverse trop la structure, le squelette, les croyances, les choix de vie de la personne.

    J'ai eu moi aussi des difficultés à accepter ce qui arrivait au niveau professionnel, cela ne s'est pas porté sur les bras?

    Agir n'est pas une difficulté pour toi. Ce serait plutôt le contraire. Tu agis à tort et à travers sans vraiment mesurer les conséquences de tes actions à long terme.

    Et les douleurs au niveau de la nuque que je ressens depuis si longtemps?

    Cela exprime ta difficulté à faire passer les idées dans le réel. Tu agis beaucoup, dans de nombreux domaines. Mais pour l'essentiel, ce à quoi tu tiens, tu retiens. Et le pire, c'est que la seule raison pour laquelle ça bloque, est que tu te sens incapable d'y arriver.

    C'est mon corps qui me dit cela et il ne peut pas se tromper?

    Nous sommes reliées les unes aux autres, les parties de ton corps. Nous savons ce qui est bon pour toi. C'est pourquoi, lorsque tu agis contre ton bien, nous t'envoyons des messages sous forme de tensions, de douleurs. Si tu ne comprends toujours pas après cela, la situation devient intenable et la seule issue, c'est un problème suffisamment handicapant pour que tu sois obligée de t'arrêter et, nous l'espérons, de réfléchir aux causes de ton problème.

    Il peut y avoir de très nombreuses causes, si je comprends bien?

    Pose-toi la première question [La douleur t'empêche de faire quoi?] Ecoute la première réponse qui te vient à l'esprit.

    Mes douleurs à la nuque, accompagnées de lourdeurs dans le bras, je les ressens chaque fois que je suis devant mon ordinateur. Ça veut dire quoi? Cela m'empêche d'écrire confortablement. J'écris sous stress, sous pression, alors que j'adore cela. Je devrais pouvoir écrire avec plaisir, sans aucun malaise.

    C'est ce que ton être intérieur veut, mais tu te l'interdis. Il y a une manière de penser qui t'empêche d'écrire dans l'insouciance.

    Et laquelle s'il vous plaît?

    La deuxième question est [Qu'est-ce qui pourrait t'arriver de désagréable si tu écrivais avec plaisir, dans l'insouciance].

    Rien, évidemment.

    Alors pourquoi ne le fais-tu pas? La première réponse qui vient à l'esprit est toujours la même. Réfléchis un peu, si vraiment tu n'avais peur de rien, tu écrirais vraiment dans la décontraction.

    Oui. Que pourrait-il m'arriver de désagréable si j'écrivais avec plaisir? Difficile de répondre.

    Tu peux empirer la situation. Que peut-il arriver de désagréable à quelqu'un qui travaille avec plaisir, sans se soucier de rien?

    Oui, là je me souviens d'une situation professionnelle où durant un an, je ne me suis souciée de rien et je n'ai pas vu venir un événement qui m'a beaucoup perturbée. J'avais confiance et tout se passait bien autour de moi. Je n'ai pas vu venir la fin prochaine du produit avec lequel je travaillais. Je n'ai pas vu venir mon déplacement à un autre poste.

    Ce n'était pourtant pas la fin du monde ce déplacement? Pourquoi as-tu si mal accepté? Tu n'as pas accepté du tout ce qui est arrivé?

    Non. J'ai pris un nouveau poste à contre-cœur.

    Et aujourd'hui, tu peux voir d'où venait le mal? Tu avais le choix. Tu aurais pu tenter de garder ton poste, tu aurais pu accepter le nouveau avec plaisir. Non, toi tu as [baissé les bras], tu as pris le nouveau poste sans le vouloir vraiment. Tu t'es mise dans une situation où d'un côté comme de l'autre, tu étais mal assise.

    C'est vrai. L'origine de mes douleurs à la nuque, là où se trouve le lien avec les bras serait là?

    C'est une des raisons, une couche des couches sur la blessure. Continuons. Reprenons la question [Que peut-il arriver de désagréable à quelqu'un qui travaille avec plaisir, décontracté]?

    Il peut se faire gruger, on pourrait lui faire un enfant dans le dos!

    Et au niveau de l'être? Comment qualifierais-tu cette personne?

    Elle est insouciante, trop confiante, candide, naïve, idiote, stupide!

    Comme tu y vas! Tu vois le lien que tu as fait?

    Lorsque je travaille avec plaisir, je vais me faire avoir.

    Et maintenant, quelques années après, veux-tu toujours traîner derrière toi cette croyance? Crois-tu que chaque fois que tu auras du plaisir en travaillant, tu te feras avoir?

    Cela me paraît peut probable?

    Bien. Dorénavant, chaque fois que tu sentiras encore une tension au niveau des bras lorsque tu écris, pense à cela [Ce n'est pas parce que j'ai du plaisir à travailler que je vais me faire avoir]. Tu vois maintenant l'utilité de la douleur? Et si tu as vraiment pris conscience de ta croyance, dans ton cœur, si tu as les larmes au bord des yeux parce que tu comprends la petite fille blessée, si tu es d'accord de la ramener ici et maintenant, nous n'aurons plus de raison de t'envoyer des tensions…

    J'ai saisi. Merci. Dans le fond, c'est bien pratique, à condition d'avoir trouvé la raison et il me semble que ce n'est pas si simple.

    En effet, parfois ce n'est pas encore le moment. La personne peut l'avoir devant le nez, gros comme une maison, mais ne pas être encore en mesure de prendre la leçon. Il arrive à l'être humain ce qu'il est capable de prendre. Souviens-toi de ceci, la question n'est pas de savoir si l'acte, ici écrire, est bon pour la personne, la question est de regarder la manière de penser de la personne par rapport à l'acte posé.

    Comme cette coiffeuse qui avait régulièrement des douleurs si vives qu'elle devait arrêter deux ou trois jours de travailler. Elle était à son compte et pouvait coiffer autant qu'elle voulait. Mais quelque chose l'en empêchait.

    Question une, [La douleur empêchait quoi dans sa vie?] Coiffer. Donc elle voulait coiffer, elle aimait son métier mais était contrainte d'arrêter.

    Question deux, [Que pouvait-il lui arriver de désagréable si elle coiffait, encore et encore].

    A première vue, rien, bien sûr. Là, il y a une autre question car la croyance peut aussi venir de l'enfance. Que pouvait-il arriver de désagréable à quelqu'un qui est à son compte et qui travaille plus que la normale?

    La réponse de la coiffeuse était [Il n'a plus de vie privée, il délaisse sa famille, il est obligé de toujours dire oui]. Elle avait souffert de l'absence de son père, indépendant, qui ne savait pas dire non et qui travaillait quinze heures par jour.

    La croyance de la coiffeuse était [Si je travaille plus que la normale, je vais me faire manger par mes clientes et ne plus avoir un moment à moi]. Et la question suivante était [Es-tu sûre, gentille coiffeuse, que si tu coiffes dix heures par jour ou même plus, toi qui n'as pour l'instant ni mari ni enfant, tu vas obligatoirement devenir esclave de tes clientes?]. La réponse était [Non, je peux coiffer autant que je veux, je peux dire non si je veux].

    Si j'ai bien compris, il s'agit d'embrasser la situation avec cœur, toute croyance néfaste pour la personne peut provoquer des tensions, des douleurs, voire des fractures?

    Les croyances ont leur origine dans la tête, le mental, la manière de penser. Leur effet négatif se manifeste ensuite au niveau émotionnel, mal être, frustration, inconfort. Finalement, ces signaux n'ayant servi à rien, c'est dans le physique qu'un problème surgit. Là, il est vraiment temps de comprendre, de conscientiser.


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    Tiré du livre "Conversations avec mon corps", de Christiane Kolly

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    En bleu, c'est la personne, en rose, c'est la partie du corps

     

    Aïe! Pourquoi ai-je si mal aux hanches, juste au moment de converser avec les cuisses? Quand j'ai écrit le chapitre concernant la gorge, j'ai eu un mal de gorge qui a duré plusieurs semaines. D'autres endroits également se sont manifestés, le cœur, le dos, l'estomac, ce livre ressemble parfois à un accouchement…

    Tu exagères. Les hanches, c'est l'endroit où nous sommes rattachées au corps. Tu souffres de quels maux exactement?

    Le matin, quand je me lève, je suis comme grippée, il me faut plusieurs minutes avant de pouvoir marcher normalement et les hanches me font mal, ça coince, ça bloque, ça craque…

    Et cela t'empêche de faire quoi dans ta vie?

    Cela m'empêche d'aller et venir comme je veux, de faire les premiers pas facilement, d'aller de l'avant, de marcher en souriant, d'être mobile.

    C'est ton désir bloqué, ton désir profond est celui-là, tu veux être mobile, aller et venir facilement, aller de l'avant, marcher dans une direction en souriant, mais… Au niveau de l'être, cela t'amène à te sentir comment?

    Je me sens handicapée, freinée, retenue… Je démarre avec peine, avec douleurs…

    T'est-il déjà arrivé de te sentir handicapée, freinée, retenue, d'avancer avec peine, avec douleurs?

    Oui, plusieurs fois, professionnellement, quand je pressentais la fin prochaine de la fonction que j'occupais…

    Et après, que se passait-il?

    Il fallait trouver autre chose, recommencer, redémarrer quelque chose!

    Aujourd'hui tu en es à ce même point?

    Oui, une fois c'est la fonction que j'occupe qui disparaît, une fois c'est le patron qui m'occupe qui ne veut plus de moi, un autre fois c'est moi qui ne veut plus continuer à exploiter un commerce et aujourd'hui, c'est le bureau, où je me trouvais très bien, qui ferme boutique.

    Tu te retrouves à recommencer. Et que peut-il arriver de désagréable à quelqu'un qui recommence et recommence, et recommence encore?

    On va le juger instable, inconstant, futile, léger, versatile…

    Arrête, tu ne crois pas que c'est assez. Réfléchis à ceci, parce que c'est ta croyance [Si tu es mobile polyvalente, si tu marches dans une nouvelle direction en souriant légèrement facilement tu seras jugée instable, inconstante, futile, versatile…]. Tu y crois très fort et nous, enfin les hanches sont là, avec cette douleur, pour te montrer que ce que tu crois n'est pas bon pour toi. Alors, avec tes cinquante ans et l'expérience que tu as de la vie, veux-tu vraiment continuer à croire cela?

    Non, évidemment non, je ne veux pas.

    Demain matin, au lever, lorsque tes hanches grinceront peut-être tu penseras à cela [Etre mobile, polyvalente ne veut pas dire être aussi instable, inconstante, futile].

    Merci de la leçon. A propos, c'est quoi le nom de la leçon, le nom du malaise?

    Cela ressemble beaucoup à de l'arthrose. Tu vis beaucoup de colère envers quelqu'un d'autre. Tu ne prends pas la responsabilité et tu préfères accuser quelqu'un d'autre de tes malheurs. Tu entretiens un sentiment d'injustice.

    J'entretiens? Oui, j'ai ressenti un profond sentiment d'injustice lorsque nous étions deux pour une seule place et que c'est moi qui ai dû laisser la mienne. Oui, j'ai ressenti un nouveau sentiment d'injustice lorsque j'ai été l'objet de harcèlement psychologique (mobbing). Quant à aujourd'hui, le patron qui ferme son entreprise? Je pourrais rajouter une couche d'injustice… Je l'entretiens tu dis?

    Au fond? Il en reste quelque chose. Alors maintenant, aie de la compassion envers ces gens que tu as tenus pour responsables. Ne regarde plus en arrière. Cultive ton enthousiasme. Utilise ton énergie à voir positivement l'avenir et non à ruminer le passé.

    Belle leçon.

    Nous sommes le lien entre les jambes, qui te mènent vers l'avant et le bassin, nous sommes liées aux désirs et aux sensations. Nous sommes parcourues par d'importants vaisseaux artériels et veineux qui assurent la vascularisation des jambes, métaphysiquement laisser circuler la joie. Si tu as mal par-là, pose-toi la question suivante. As-tu de la difficulté à te faire plaisir dans tes projets futurs?

    Visiblement, douloureusement, c'est cela.

    D'autres questions. Y aurait-il une partie adulte trop sérieuse à l'intérieur de toi? Te retiendrais-tu? Est-ce que tu veux prouver ta valeur aux autres?

    Je pense que vous avez des conseils?

    Laisse agir davantage ton enfant intérieur. Amuse-toi. Réalise tes désirs. Apprends à mieux équilibrer les besoins de l'adulte et ceux de l'enfant. L'adulte qui est en toi pourra toujours intervenir, mais tu peux oublier ton côté sérieux (les voix de papa et maman au petit enfant que tu étais).

    Moi qui voulait être légère, il me semble que ces conseils rendent l'avenir plus léger. Bon, pendant que j'y suis, pourquoi vous me faites le coup de la cellulite, c'est très moche, c'est lourd, et ça aussi c'est handicapant…

    C'est le blocage de ta créativité… Tu te retiens, tu ne te fais pas assez confiance, tu bloques. Ce n'est pas bon pour toi et c'est dommage pour les autres.

    Mais de plus, au niveau de l'esthétique, ce n'est pas vraiment joli à regarder?

    Tu t'inquiètes tant de ce que les autres pensent, c'est un moyen de t'amener à relativiser l'importance de l'opinion d'autrui. Tu te laisses influencer, tu bloques ta créativité, ton merveilleux pouvoir de créer, tu ne passes pas à l'action par peur de ce que les autres diront. Cette manière de penser n'est pas bonne pour toi.

    Pour changer de manière de penser, conseils?

    Pose-toi des questions. Qu'est-ce qui m'effraie dans le fait de montrer mes talents? De quoi ai-je peur si j'attire l'attention sur moi? Serai-je à la hauteur de la situation?

    Je vais encore trouver des peurs du style [On va se moquer de moi], [On va me juger], [Certains trouveront mes idées, mon travail nul], [Je ne saurai pas exposer, parler en public]. Après je fais quoi avec ce paquet?

    Fais-toi davantage confiance. La plupart de ces peurs viennent de la perfectionniste qui ne dort jamais en toi. Prends les peurs les unes après les autres. Si une ou deux personnes se moquent de toi, est-ce si grave? Aie de la compassion pour elles. Si plusieurs te jugent sévèrement, souviens-toi que tu es un juge encore plus sévère envers toi-même et aime-toi. Lorsque certains ne seront pas d'accord avec tes idées, respecte le droit de chacun d'avoir ses propres idées. Quant une personne jugera ton travail nul, souviens-toi qu'elle est encore plus dure avec elle-même et aie de la compassion pour elle.

    Et exposer, parler en public? Si je bafouille devant des dizaines de personnes?

    Tu bafouilles… et après. Pour tout le monde il y a une première fois, tu reconnaîtras devant les gens que tu as le trac, tu leur demanderas de bien vouloir t'excuser d'avance et surtout, fais-toi davantage confiance. Pourtant tu connais la phrase [Je m'en remets au Divin pour le résultat], fais-le.

    Vous avez vraiment réponse à tout. Autre chose, le nerf sciatique passe par vous?

    Oui, c'est le plus long nerf du corps humain, il commence au bas de la colonne vertébrale traverse la fesse, la cuisse, la jambe et finit au pied.

    Une douleur au nerf sciatique est souvent brutale, vive, pourquoi?

    La personne vit de l'insécurité face à son avenir. Elle peut aussi vivre une peur inconsciente de manquer d'argent ou de biens matériels. Ce problème arrive souvent à une personne qui ne manque de rien mais qui craint le manque, qui vivrait difficilement le fait de perdre.

    Avoir de l'argent, avoir des biens…

    Pourtant la personne se croit détachée du matériel, elle a appris que ce n'est pas spirituel d'aimer les biens terrestres.

    Elle se joue un mauvais tour?

    La culpabilité inconsciente d'aimer les biens terrestres l'empêche d'aller de l'avant, de foncer dans la vie, de risquer. Sa vie devient fade.

    Il peut y avoir d'autre origine à ce mal?

    Oui, cela peut aussi indiquer une rancune, de l'agressivité retenue, de la résistance en face d'une personne, mais toujours dans le monde matériel. Plus on va vers la terre, plus les maux sont liés au monde matériel.

    Quel est le message à comprendre?

    La personne se fait beaucoup de mal avec cette façon de penser. Elle veut se punir? Le degré de douleur la renseigne sur l'intensité de la punition qu'elle s'inflige. Elle est attachée aux biens matériels, d'où vient cette croyance que c'est un mal? Qu'elle commence par se donner le droit d'être attachée aux biens matériels.

    Et la peur de perdre?

    Comme pour toutes les peurs, la première étape consiste à reconnaître sa peur. La personne devrait reconnaître aussi qu'elle a besoin pour l'instant d'avoir sa réserve. Elle en est là pour l'instant, un point c'est tout. Un jour viendra où elle n'aura plus besoin de sa réserve de biens matériels.

    Elle sera pauvre?

    Non, elle aura assez confiance en sa capacité de créer au fur et à mesure ce dont elle a besoin.

    Mais en attendant ce jour?

    Elle peut aimer posséder des biens matériels et commencer à apprendre le détachement. Il n'est pas obligatoire d'être pauvre pour être spirituel.

    Oui, il vaut mieux être beau, riche et en bonne santé que moche, pauvre et malade.

    C'est de l'ironie… mais dans le fond, c'est vrai. Vivre dans le confort, la richesse et la beauté est agréable. La beauté est une des nourritures de l'âme.

    Mais Jésus nous a dit: [Il est plus facile pour un chameau de passer par le chas d'une aiguille que pour un riche de gagner le royaume de cieux]. Il ne nous facilite pas l'existence avec ces paroles!

    Jésus avait une manière bien particulière de nous dire comment se comporter. Souvent, ces métaphores ont un sens qui, au premier abord, nous échappe. Disons simplement que quelqu'un qui est très attaché a ses biens terrestres aura plus de difficulté à prendre le recul nécessaire pour évoluer et aller vers la lumière.

    Revenons à un problème particulier aux jambes, ce sont les varices, la dilatation d'une ou plusieurs veines avec altération de la paroi.

    Les gens qui souffrent de ce genre de malaise désirent se donner plus de temps pour eux, avoir plus de liberté, mais comment, là est leur problème. Ils exagèrent l'importance des choses, des ennuis. Ils font une montagne d'une taupinière. Ils ont de la difficulté à travailler dans la joie. Il se peut même qu'ils s'obligent à rester dans une situation où ils ne sont pas heureux.

    Mais pourquoi n'osent-ils pas changer?

    Ce sont les [il faut que], [je dois] qui commandent leur vie. Ce malaise leur donne une impression de lourdeur, comme pour leur dire [Pourquoi trouves-tu la vie si lourde, si pesante?]

    Qu'allez-vous conseiller à ces personnes?

    Prendre la vie plus légèrement. Prendre du repos si le besoin s'en fait ressentir, quoi de plus naturel? Quand le corps est fatigué, il a besoin de se recharger. Cette volonté qui pousse à en faire toujours plus, à aller toujours plus loin, sans ménagement de la personne, ce n'est pas la voix du cœur. Chacun a le droit de choisir pour lui-même ce qu'il aime, ce qu'il veut.

    S'aimer soi-même, se respecter, écouter son corps, respecter ses limites, les mêmes conseils reviennent souvent.

    Qui va respecter tes limites si ce n'est toi-même? Qui sait écouter ton corps? Connaître tes désirs et tes besoins, sinon toi?

    Oui, c'est moi qui suis aux commandes. C'est la personne qui a le malaise qui est aux commandes de son corps, elle est la mieux placée pour prendre le gouvernail et mener le vaisseau à bon port.

    Pourtant lorsqu'un problème survient, la personne recevra d'abord des messages au niveau de son mental du style [Cette situation ne peut plus durer je dois trouver une solution], [Je vais lui parler ou changer de patron], [C'est le moment de changer de métier, celui-là ne m'apporte plus rien], [Cet appartement est trop obscure, il ne me convient plus], [Je ne peux plus rester dans ces conditions] etc. Puis c'est au niveau émotionnel que les signaux arrivent, palpitations, angoisses, sueurs, peurs.

    Si nous n'avons pas agi suite aux signaux précédents, c'est le physique qui se manifeste?

    Oui. Cela peut commencer par de la tension musculaire et les messages seront de plus en plus forts si la personne ne réagit pas et continue avec les mêmes pensées, avec les mêmes comportements, sans prise de conscience.

    C'est incontournable?

    Le corps est fait pour être sain. Si l'énergie bloque à un endroit, les cellules ne sont pas régénérées. L'issue, à la fin du compte peut être fatale.

    Depuis que la mort existe, on est à l'abri de rien, n'est-ce pas?

    C'est vrai. Mais autant vivre le plus confortablement possible et pour cela prendre bien soin du véhicule dont on dispose, le corps. Si votre voiture a une lumière rouge qui s'allume, parce qu'il n'y a bientôt plus d'essence, vous allez vous arrêter à la prochaine station et faire le plein. De même pour votre corps, s'il vous envoie des signaux, réagissez…


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    Tiré du livre "Conversations avec mon corps", de Christiane Kolly

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    En bleu, c'est la personne, en rose, c'est la partie du corps

     

    Une catégorie de femmes aime les fesses des hommes. Je me souviens d'une amie, quand nous nous promenions quelque part et que l'on voyait devant nous bouger une belle paire de fesses masculines, notre main faisait un mouvement vers l'objet de notre convoitise et se balançait de haut en bas, mais sans toucher, juste pour rire.

    Nous suscitons depuis longtemps de nombreuses convoitises. Ce n'est pas toujours gai d'être fesses. Certains hommes et certaines femmes, surtout celles qui aiment l'amour, aiment aussi se faire pénétrer. Cela s'appelle sodomie, en souvenir de la ville de Sodome. Nous sommes associés à l'impureté, à la corruption.

    Lorsqu'il s'agit de deux adultes consentants, et en admettant que chacun s'occupe de ses affaires et non de porter de continuels jugements sur la vie sexuelle de leurs congénères, cela ne pose pas de problèmes. Cependant, lorsqu'il y a rapport de force, entre un adulte et un enfant, une future vie sexuelle épanouie pour cet enfant me paraît compromise?

    La plupart des adultes qui s'adonnent à ce genre de pratique ont été eux aussi abusés quand ils étaient enfants. Souvenez-vous que pour les enfants, ce sont les adultes qui donnent l'exemple. Ils ont appris que la sodomie faisait partie de l'affection. Plus tard, on leur a dit que c'était mal. Entre leur penchant et la morale, ce n'est pas toujours cette dernière qui gagne.

    Vous voulez dire que cette pratique se transmet de génération en génération?

    Oui. Retrouver le coupable d'origine pour le juger et le condamner et impossible, dans ces conditions.

    Et quelle est votre proposition?

    La question est difficile. Avoir de la compassion pour les uns et les autres. Et puis souviens-toi de la loi du karma. L'abusé a peut-être, dans une autre vie, été abuseur et l'abuseur met en route la probabilité d'être un jour abusé, puisque tout ce que nous envoyons dans la nature nous revient. On pourrait aller jusqu'à dire que la justice des hommes est inutile, mais on ne le dira pas.

    Quand je pense qu'il s'agit parfois de nouveau-nés, cela me fait frémir d'horreur.

    C'est là justement que la loi du karma permet de se sentir le moins inconfortable. Imaginons que ce nouveau-né a choisi de revenir sur terre dans ces conditions parce qu'il a été pédophile dans une autre vie!

    C'est une manière très simple de se débarrasser du problème. Ce nouveau-né est impuissant à se défendre.

    Nous ne disons pas que cet acte peut être accepté, loin de là. L'idée serait plutôt de dire: je ne suis pas d'accord, je ne comprends pas, mais je ne juge pas, je laisse aux autres le droit d'avoir des faiblesses, j'ai de la compassion même pour le pire personnage, vu de ma fenêtre, qui existe sur terre.

    S'occuper de ses affaires, encore une fois.

    Les hommes sont des juges si sévères. Il est pourtant vrai que pendant que nous sommes occupés à juger tous les individus peu recommandables qui existent sur terre, nous avons moins de temps pour regarder nos propres actions, pour chercher des moyens de s'améliorer, d'évoluer.

    Et la comparaison est à notre avantage, notre égo se sent bien de se sentir meilleur.

    Bref. Changeons de sujet. Pourquoi dis-tu parfois que tu as payé un objet [la peau des fesses]? Nous sommes pourtant toujours là, serais-tu d'accord de nous abandonner la peau en échange de quelque chose?

    Expression qui veut dire que l'objet a coûté cher!

    Evite, cela vaut mieux. Mais dis-nous, il t'arrive de nous serrer l'une contre l'autre?

    [Serrer les fesses], avoir peur. C'est un réflexe que de se crisper, se fermer…

    Nous sommes à la base du corps physique, base de la colonne vertébrale, à l'axe du support pour les jambes, nous méritons de regagner en considération.

    Vous êtes aussi les éboueurs du corps?

    Oui, par le gros intestin, nous transportons et permettons d'éliminer les matières organiques qui n'ont pas été assimilées plus haut. Nous permettons à l'organisme de ne pas s'encrasser, s'intoxiquer. Une grève d'éboueurs, c'est horrible pour une ville!

    Durant la constipation, vous retenez, vous faites le travail mais plus lentement, quel est le message?

    Quelles sont les questions! Tu peux t'en poser plusieurs. As-tu peur de perdre quelqu'un? As-tu peur de perdre quelque chose? Te retiens-tu parce que tu as peur de déplaire? Que ne veux-tu pas lâcher?

    Et si ces questions n'évoquent rien?

    Tu es peut-être très attachée au matériel, tu as de la peine à laisser aller ce qui ne te sert plus. Tu mets de côté, à la cave ou au galetas, au cas où…

    … je manquerais, peur du manque?

    Il peut s'agir aussi d'expériences mal vécues, mal digérées, mal assimilées. Les vieilleries restent là alors que le cycle normal de la vie serait de les laisser s'en aller.

    Vous parlez aussi de temps, d'attention, d'affection, d'écoute, de soutien, d'argent?

    Peut-être que tu donnes parce que tu n'oses pas ne pas le faire, ce serait mal vu, tu te sentirais coupable. Mais au fond, tu préfèrerais tout garder pour toi.

    Quels conseils donnez-vous?

    Laisse aller les vieilles affaires, fais de la place pour du nouveau, dans tous les domaines, les croyances, les idées noires, ne retiens pas ce que tu penses, dis-le et tu te sentiras plus légère. Fais l'expérience du vide. Regarde autour de toi, dans la cave, dans les armoires. Débarrasse-toi de ce que tu n'as pas utilisé depuis un an. Tu te sentiras mieux, moins encombrée…

    Dans d'autres cas c'est le contraire, la diarrhée fait que la personne rejette?

    Rejeter avant d'avoir pu assimiler ce dont le corps a besoin, rejeter les idées, les choses avant d'avoir réfléchi, avant de savoir si ces idées, ces choses sont bonnes pour elle. Il se peut aussi que la personne trouve que ce qu'elle doit assimiler sur le moment est trop difficile pour elle, alors elle rejette.

    Sans savoir si c'est bon pour elle?

    Elle refuse un aliment, une expérience, une leçon, une information. Elle se prive de jouir de la vie, elle se prive de reconnaissance.

    Et comment inverser le mouvement?

    Commencer par se faire chaque matin devant la glace, un genre de monologue [Je suis une bonne personne], [Pour l'instant mes peurs m'incitent à rejeter la vie], [J'accepte mes peurs, je fais chaque jour un bout de chemin vers une plus grande estime de moi-même], [Je mérite ce qui m'arrive et je vais faire un effort pour l'assimiler], [Je nourris mon esprit de pensées positives pour moi-même], si quelqu'un ne s'estime pas, cette estime ne peut venir des autres, charité bien ordonnée commence par soi-même, proverbe latin.

    Mais c'est de l'égoïsme…

    Souvent, les grands maîtres ont dit les mêmes choses sous une autre forme. Jésus nous a dit [Tu aimeras le Seigneur, ton Dieu, de tout ton cœur, de toute ton âme, de toute ta pensée, et de toute ta force. Tu aimeras ton prochain comme toi-même. Il n'y a pas d'autre commandement plus grand que ceux-là].

    J'ai entendu depuis que je suis née, qu'il fallait aimer Dieu, mais surtout qu'il fallait aimer son père et sa mère, qu'il fallait aimer son prochain, être généreux, partager, savoir s'oublier soi-même. Il me semble que s'aimer soi-même n'ait pas la cote… J'ai passé pour une égoïste dans beaucoup de circonstances.

    Egoïsme, attachement excessif à soi-même, qui fait que l'on recherche exclusivement son plaisir et son intérêt personnels, selon le dictionnaire Robert. Pose-toi la question, as-tu recherché exclusivement ton plaisir et ton intérêt?

    Parfois oui. On n'est jamais si bien servi que par soi-même… Et je me dis que si je ne satisfais pas moi-même mes désirs, mes besoins, si j'attends que les autres le fassent à ma place, je peux attendre encore longtemps.

    C'est un égoïsme intelligent, et nous savons qu'il t'arrive aussi de penser aux autres, d'être généreuse, de partager.

    C'est vrai. Mais si j'étais égoïste en toutes circonstances que pourrait-il se passer.

    Nous revenons à la loi du retour, au boomerang, à la loi de cause à effet. Tu te comportes en égoïste, tu ne penses qu'à toi et à ton propre plaisir, quel est le prix à payer?

    Accepter d'avoir un jour en face de moi quelqu'un qui se comporte de la même manière. Accepter d'avoir un jour envie de partage et essuyer un refus. Accepter d'avoir un jour besoin qu'on me donne et essuyer un refus.

    Oui. Tu te couperais aussi au plaisir de recevoir. C'est un peu de l'art, de savoir donner et de savoir recevoir. Donner sans attente, juste pour le plaisir d'être généreux et de voir l'autre content. D'ailleurs, si tu fais un cadeau et que l'autre n'a pas l'air satisfait, c'est pas la joie?

    Je peux toujours lui demander si cela lui plaît?

    Et accepter que sa réponse pourrait être non. Par contre, s'il dit oui et qu'il pense non, ce n'est plus ton problème. Il apprendra un jour que l'authenticité est une amie ou alors il continuera de recevoir des cadeaux qui ne lui plaisent pas.

    Le plaisir de donner et le plaisir de recevoir, recevoir même si ce n'est pas exactement ce que l'on attend, pas facile?

    C'est vrai. Tu peux simplement ressentir la joie que l'autre a de donner, il a réfléchi, il s'est déplacé dans un magasin, il a choisi pour toi. S'il est tombé un peu à côté, ce n'est pas bien grave, tu pourras donner cette chose qui te plaît relativement à quelqu'un d'autre.

    Mais non, et si la personne l'apprend?

    A toi, ici d'être authentique. Si elle te demande si ça t'a plu, dis-lui franchement que, puisqu'elle te le demande, tu te permets de lui dire la vérité. Si elle ne te demande rien, tu es libre de faire ce que tu veux de l'objet puisqu'il t'appartient.

    Il m'est arrivé un jour de voir un cadeau que j'avais offert à une personne chère chez une autre, et cela m'a fait un peu de peine. Je comprends mieux et j'accepte aujourd'hui que si ça ne lui plaisait pas vraiment, elle était libre d'en disposer à son goût.

    Recevoir en prenant contact avec la joie du donneur de donner. Donner en prenant contact avec la joie du receveur de recevoir, cela permet à une bonne énergie de circuler, c'est se mettre au service de la vie.

    Merci de cette page philosophique, mais recevons à nos moutons, non à vous… Lorsque j'étais enceinte, j'avais tous les jours une douleur persistante au coccyx.

    Cet os est d'une extrême sensibilité. Il termine la colonne vertébrale, se trouve à la base. Il représente les besoins de base. La femme enceinte qui a ce problème va vers un bouleversement de sa vie et s'inquiète pour le futur.

    Je m'inquiétais énormément de l'avenir matériel de notre future petite famille.

    Cette douleur aux coccyx était là pour te dire qu'il fallait faire confiance à l'univers.

    J'étais une jeune femme indépendante, j'allais devoir accepter d'être dépendante de quelqu'un…

    Tu culpabilisais de t'asseoir sur ton derrière et de vouloir que quelqu'un s'occupe de toi. Tu voulais te montrer active, mais surtout pas dépendante.

    Pour une femme enceinte qui a un caractère libre et indépendant, la dépendance, l'espèce de handicap professionnel que représente la maternité n'est pas facile à accepter. Je me souviens de ma colère contre les assurances. J'étais en arrêt maladie. Je n'étais pas malade, je travaillais à la continuation de l'espèce.

    Tu réalises que ces douleurs au coccyx, nous les avons envoyées pour te faire comprendre que ta colère, ton indignation n'était pas bonne pour toi, que le système n'était pas parfait, qu'il pouvait s'améliorer, s'adapter au changement dans la vie d'un couple.

    Je voyais cela comme une injustice profonde d'ailleurs j'en ai déjà parlé. J'étais considérée comme malade alors que j'allais mettre au monde un enfant. Par contre, mes jeunes collègues masculins absents la moitié de l'année pour raison militaire étaient très bien considérés alors qu'ils allaient apprendre la guerre, apprendre à tuer.

    Comme tu y vas, il faut bien que les hommes apprennent à défendre leurs foyers?

    Aujourd'hui je relativise, les armées ont peut-être eu leur raison d'être puisqu'il fallait apprendre à se défendre. Je reste convaincue que si aucun homme ne construisait d'engin servant exclusivement à tuer, il y aurait moins de violence entre eux.

    On ne peut le nier, mais il lui resterait toujours ses mains! La nature humaine est faite de grandeurs et de bassesses. Nous sommes dans un monde en évolution. Théodore Monod l'humaniste disait son indignation de savoir que sur la terre, de toutes les espèces vivantes, parmi les mammifères, seul l'homme enseigne à son petit l'art de tuer pour une autre raison que pour se nourrir.

    Pour construire le mur de l'harmonie et de la paix, il suffit que chaque être humain pense à devenir lui-même meilleur. Chaque fois qu'il donnera plus d'amour, plus de pardon, plus de compassion, ce sera une brique de plus à l'édifice.


    Votre corps, par les malaises et maladies, a quelque chose à vous dire... Converser avec...

    votre coeur   votre sang
    votre peau
    vos poumons
    votre tête vos yeux vos oreilles
    votre bouche votre nez votre gorge vos bras vos mains
    votre dos vos seins
    votre estomac
    votre ventre votre sexe
    vos fesses vos cuisses vos genoux vos jambes vos pieds

     

    Tiré du livre "Conversations avec mon corps", de Christiane Kolly

    Vous pouvez copier en mentionnant l'auteur et le site.


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    En bleu, c'est la personne, en rose, c'est la partie du corps

     

    Depuis gamine et aussi loin que je me souvienne mes genoux ont saigné. Je tombais en avant et me blessais aux genoux!

    Nous sommes là pour que tu plies! Que tu te plies! Que tu te mettes à genoux. Nous représentons l'humilité, la souplesse intérieure, la force profonde à l'opposé du pouvoir extérieur qui est la rigidité.

    Je manque ainsi d'humilité, de souplesse?

    La raideur, les positions tranchées par rapport à la vie, l'injustice ressentie, nous t'avons envoyé des petits signes pour te montrer que ce n'était pas une manière de penser bonne pour toi!

    Des blessures aux genoux, avant qu'elles aient le temps de cicatriser, je m'en faisais de nouvelles… Dommage que vous ne m'ayez pas parlé déjà quand j'étais enfant!

    Nous avons bien tenté à plusieurs reprises, tu étais raide, sourde, plus tu grandissais et moins tu voulais plier…

    Ces petits incidents sont arrivés depuis que j'ai eu ma première trottinette. Après ce fut la bicyclette puis le vélomoteur.

    Le moyen que tu utilises pour avancer?

    C'est vrai. Dans ma grande curiosité, je n'ai pas su me poser la question: pourquoi je tombe toujours sur les genoux en avançant?

    Tout est dans l'attitude, la manière de penser. A quoi était occupé ton esprit quand tu étais sur ton vélo?

    Colère! Oui, j'étais souvent en colère. Injustice. Mon frère et moi avions chacun un vélo. Quand le mien ne fonctionnait pas, j'allais à pieds, et quand celui de mon frère n'était pas en état de marche, j'allais aussi à pieds. Mon frère travaillait à la ferme avant d'aller à l'école. Mon père exigeait que je lui laisse mon vélo quand le sien était en panne. Je trouvais cela extrêmement injuste.

    Tu ne voulais pas plier? Tu n'acceptais absolument pas la situation. Nous faisons partie de ton corps pour te permettre de plier, nous t'avons avertie souvent par des blessures que le manque d'acceptation n'était pas bon pour toi.

    Selon vous, j'aurais du me réjouir de cette situation et de beaucoup d'autres qui me déplaisaient?

    Te réjouir non, accepter oui. L'autorité, c'est ton père qui l'avait. Toi tu devais obéir. Tu n'avais pas vraiment le choix, en l'occurrence. Durant ton enfance, c'était lui le chef. Tu pouvais te dire que plus tard, tu ferais ce que tu voudrais.

    Je me disais cela à longueur de journée.

    Mais en attendant, accepter aurait été bien plus confortable que te rebeller.

    De plus, je devais lui envoyer nombre de pensées noires, mais je n'osais pas lui parler franchement, de peur de l'affronter ou de lui déplaire.

    Et tu as traîné cela durant des années! Sur le chemin de ta vie, il y avait toujours un homme, dans ta vie affective, dans ta vie professionnelle, dans ta vie sociale, qui avait de l'autorité sur toi et contre qui tu luttais, mais sans oser vraiment aborder le problème.

    Vous avez raison. Je m'en suis rendu compte bien tard. Il n'est jamais trop tard…

    Depuis quelques années, tu n'as plus de blessure aux genoux.

    C'est exact. Par contre, qu'est-ce que vous grincez, quand je monte un escalier, vous jouez des castagnettes ou quoi?

    Nous grinçons, et toi, ça grince où, dans ta vie, dans ta manière de monter? de t'élever? puisque tu ne parles que de monter l'escalier.

    Quel sentiment j'ai en face de ma manière de m'élever? Cela ne va pas comme je veux. Je suis parfois impatiente. J'ai aussi un besoin de reconnaissance dans ce que je fais que je n'obtiens pas toujours.

    Pourquoi attendre que les autres comblent ce besoin de reconnaissance. Ne pourrais-tu pas t'aimer toi-même, aimer ce que tu fais, même si certains ne sont pas d'accord, ne comprennent pas, trouvent cela complètement hilarant.

    Le développement personnel, c'est quoi? Il n'y a pas besoin de s'en occuper, cela se fait tout seul. Ces idées de relations entre le corps et l'âme… Les vies antérieures, la régression… foutaise que tout cela.

    Tu es bien sévère, ne serais-tu pas la première à vraiment devoir être convaincue? Ton besoin d'approbation n'est-il pas aussi fort que ton manque de confiance, d'assurance dans ce que tu fais?

    Il y a du juste dans ce raisonnement! Et c'est pour cela que vous grincez?

    Une des raisons. Tu es tellement sévère, d'abord avec toi-même et bien entendu avec les autres. Sois plus conciliante, accepte les choses comme elles sont, si tu ne peux rien faire pour les changer. Vis ton bonhomme de chemin en pliant mieux, en ayant l'humilité, l'intelligence de laisser à chacun le droit de croire ce qu'il veut et surtout de vivre les expériences qu'il veut, même si tu n'es pas d'accord et même si tu ne comprends pas.

    Cela s'appelle être une sainte…

    Tu en es encore loin… Rappelle-toi que plus tu persistes à vouloir convaincre quelqu'un de quelque chose et plus il résistera.

    J'essaie de faire plier les autres?

    Bravo. C'est l'éternel miroir, tu vois chez les autres ce que tu ne veux pas voir chez toi. Une bonne question à te poser [De quoi les accuses-tu?]. Tu prends la réponse à ton compte.

    Si je les accuse de manquer d'ouverture d'esprit par rapport à un courant de pensée différent de la vox populi, je manque d'ouverture? Cela ne tient pas debout, mes chers genoux…

    Cela peut signifier que tu as une façon de penser par rapport à l'ouverture ou la fermeture qui n'est pas bonne pour toi.

    Il m'arrive de m'accuser d'être crédule, candide, naïve, enfin ça tourne là autour.

    Parce que tu as vécu des expériences qui se sont terminés par une leçon cuisante pour toi?

    C'est exact. J'ai toujours voulu croire à de belles histoires, comme si elles ne pouvaient arriver qu'aux personnes capables de croire plus que les autres.

    La crédulité a fait de toi la proie des manipulateurs, leçon apprise?

    Je crois. Il n'est pas bon pour moi de me lancer dans une aventure les yeux fermés. Ou bien, je peux le faire en mesurant les risques encourus et en étant d'accord de payer la facture le moment venu!

    Souviens-toi de l'adage [Si tu perds, ne perds pas la leçon]…

    Le discernement devrait me soutenir, dorénavant.

    Tu vois que [ceux qui ne veulent pas croire] t'ont servi de miroir pour te permettre de dépasser un problème, de le regarder sous un autre angle. Les gens devraient dire merci à toutes les personnes proches contre lesquelles ils se heurtent, pour les précieux enseignements qu'inconsciemment elles leur donnent.

    Je suis d'accord. Mais sur le moment, quand j'ai envie d'envoyer quelqu'un dans le mur parce qu'il me contredit ou réfute mes idées, au beau milieu de l'action, c'est difficile de dire [stop, temps mort, merci, merci], je passerais plutôt pour une débile!

    C'est toi qui le dis! A toi de voir.

    D'accord, j'arrête, oublier la galerie et parler, d'être à être, d'âme à âme. Parler à quelqu'un et lui dire merci sincèrement. Parler avec son cœur, dire merci d'avoir permis de voir en l'autre une caractéristique oubliée de sa personne, quelque chose à améliorer. Merci du rôle joué en l'occurrence.

    As-tu songé que nous sommes tes je-nous?

    Vous grincez, vous grincez depuis longtemps, il me semble même que c'est depuis toujours. Je-nous? La seule manière que j'ai trouvée de me comporter en cas de conflit je-nous, c'est la fuite. Vous grincez pour cela?

    Ma chérie, quand tu fuis, tu ne résous rien, tu ne fais que remettre à plus tard la possibilité de bien assimiler le problème, la possibilité d'y trouver un début de solution.

    Vous voulez dire que chaque fois que j'ai résolu un problème par la solution du vide, cela n'a été qu'un retardement?

    Oui. Mais sois indulgente avec toi-même. Il y a des situations dans la vie où on ne peut pas faire autrement que fuir. C'est comme jouer un joker, un espace pour respirer, une forme de repos avant de continuer l'évolution.

    De toute évidence, cela ne sert pas à grand chose, le problème persiste tant qu'il n'a pas été dépassé et la leçon intégrée.

    Mais lorsqu'elle le sera, la vie les événements le destin n'auront plus à te mettre dans une situation de problème je-nous.

    J'ai fui dans le domaine des relations affectives et dans le domaine professionnel.

    Ce sont deux domaines séparés, la famille et plus tard la vie affective, l'école et plus tard la vie professionnelle. Tu peux avoir résolu le problème de ta relation à l'homme, auquel cas tu n'as plus besoin d'apprendre comment plier pour mieux vivre, il te reste à l'apprendre dans le domaine professionnel?

    Vraisemblablement, la vie va me remettre dans une situation de conflit en face de l'autorité pour me permettre d'apprendre à plier?

    Il y a un autre moyen, te réconcilier avec ta propre autorité. Tu le sais bien, nous n'avons pas à te le faire remarquer, tu es autoritaire, c'est dans ta nature.

    Je n'aime pas les gens autoritaires, c'est donc pour cela?

    Bravo… C'est l'éternelle histoire de la paille et de la poutre… Commence à regarder l'autorité comme quelque chose de bienfaisant. Avoir de l'autorité, cela veut dire être capable de commander, de contrôler, de corriger, les fameux trois C de l'armée.

    Je déteste l'armée. Former des hommes pour apprendre à tuer derrière de faux-semblants de protectionnisme!

    Tu es sévère, tu as des positions tranchantes, veux-tu bien te mettre à la place de l'autre, de ceux qui pensent qu'une armée est nécessaire pour que la paix règne dans un pays.

    C'est un faux débat. Deux pays sont en désaccord, s'il n'y avait pas d'armée, ni dans un pays, ni dans l'autre, il n'y aurait pas de guerre. La peur doit être tellement forte que, de chaque côté, les dirigeants ressentent le besoin de se mettre à l'abri derrière une armée d'hommes et de moyens de destruction, moyens de mort.

    Nous ne pouvons pas dire le contraire. Vois en cela le fait que la peur, encore trop souvent sur notre planète, a le dessus sur l'amour. Constate cela comme un fait. Œuvre dans la direction du bien plutôt que de vouloir être le détracteur de mal.

    Ça me paraît plein de bon sens, merci les genoux.

    Œuvre là où tu peux faire quelque chose. Plutôt que de vouloir, avec acharnement, faire comprendre à certains qu'ils ont tort, tâche ô combien difficile, mets plutôt ton énergie à faire quelque chose dans le sens de ce que tu estimes être le bien.

    De nouveau, je vais passer pour une originale. Ce n'est pas la mode de renforcer le bien, la mode est plutôt à déloger le mal.

    La mode, à notre égard, est un mot vide de sens. Avec tous les moyens de manipulations qui existent dans la société actuelle, au risque de manquer de souplesse, nous dirons que l'important reste de se faire une opinion personnelle, avec mure réflexion, après avoir éliminé les clichés. Vient ensuite le temps de défendre cette opinion, uniquement par souci de conviction profonde et non par souci de plaire à un maximum d'individus.

    N'est-ce pas le serpent qui se mord la queue? Vous dites qu'il est important d'être capable de plier! Vous dites aussi qu'il faut se faire une opinion personnelle claire?

    Tout est dans la manière. Plie devant l'inéluctable. Accepte les faits comme le résultat du courant de penser d'un certain nombre de personnes.

    Cela me rappelle un extrait du livre de Bernard Montaud, [César l'éclaireur]. "La peur engendre la peur. La haine engendre la haine. L'Amour engendre l'Amour. Nous sommes conscients que nous ne sommes que des petites gouttes d'eau faisant partie d'un même océan. Chacune de ces gouttes d'eau, si petite soit-elle, peut décider d'apporter sa contribution, si invisible soit-elle. - Mais César, on ne peut pas rester les bras croisés. Comment peut-on demeurer indifférent face à tous ces morts? - Oh! Tu as raison, on ne peut pas rester les bras croisés. Alors décroisons-les pour embrasser! C'est ainsi que l'on doit remédier aux guerres: embrasser l'ennemi, au lieu de le tuer. - Oui, mais comment? Ce n'est pas si simple! Que pouvons-nous faire? Comment intervenir dans ces guerres qui ont lieu à l'autre bout du monde? - En ne répandant plus toi-même la guerre ici! Petite Corinne, imagine! Et s'il existait sur terre deux grandes cuves invisibles? Une grande cuve de paix et une grande cuve de guerre. Selon toi, comment se rempliraient ces cuves? - Heu! L'une par nos caresses, et l'autre par nos coups. - Tout juste mon amie! Par nos petites gouttes de paix: les caresses, par nos petites gouttes de guerre: les coups."

    Bravo… c'est exactement cela!

    Je me prosterne… Je génuflexe…


    Votre corps, par les malaises et maladies, a quelque chose à vous dire... Converser avec...

    votre coeur   votre sang
    votre peau
    vos poumons
    votre tête vos yeux vos oreilles
    votre bouche votre nez votre gorge vos bras vos mains
    votre dos vos seins
    votre estomac
    votre ventre votre sexe
    vos fesses vos cuisses vos genoux vos jambes vos pieds

     

    Tiré du livre "Conversations avec mon corps", de Christiane Kolly

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    En bleu, c'est la personne, en rose, c'est la partie du corps

     

    Encore ces mollets qui sont durs, qui me font mal, pourquoi régulièrement cela m'arrive-t-il?

    Le mollet, ça fait partie de nous puisque nous allons du pied au genou. Tu as vraiment une attitude étrange avec nous.

    Etrange, comme c'est bizarre…

    Tu essaies toujours de t'en sortir avec une pirouette, mais c'est une échappatoire qui te fait contourner le problème.

    J'ai une tension au niveau du muscle arrière de la jambe, ce n'est pas la peine d'en faire un plat.

    Pour l'instant une tension, mais si tu ne comprends pas le message, cela peut devenir plus grave.

    C'est une menace, ma parole.

    Loin de là. Nous sommes tes alliées comme le reste de ton corps. Seulement voilà, tu es la spécialiste des ambiguïtés. Nous sommes bien obligées de faire notre travail de jambes et de t'envoyer un message quand c'est nécessaire.

    Par exemple?

    Tu veux aller vers quelque chose, quelque chose de nouveau. Nous les jambes sommes là pour t'y amener. En même temps, tu ressasses le passé. Tu culpabilises d'avoir laissé un travail qui te permettait de bien gagner ta vie. Tu ne te sens pas libre d'aller de l'avant. Tu traînes derrière toi des remords. Tu n'as pas enlevé les toiles d'araignées…

    Vous avez raison. Je me sens coupable d'avoir pris des décisions hasardeuses. J'ai d'ailleurs payé le prix fort.

    Quel prix, de quoi s'agit-il?

    En plus des difficultés financières personnelles, j'ai eu droit au coup fatal qui m'a complètement anéantie. Au moment où j'avais le plus besoin d'aide, j'ai été symboliquement assassinée.

    Comme tu y vas…

    J'avais le couteau sous la gorge. Une personne de mon entourage avait promis de m'aider en cas de besoin. Et bien non, au moment de devoir le faire, elle m'a humiliée, profondément humiliée. Au lieu de l'aide promise, elle s'est adressée à mes créanciers. Elle s'est prise pour mon tuteur? De plus, elle en a parlé à toute la famille. Je crois que ma fierté en a pris un sacré coup.

    Tu es encore furieuse on dirait?

    Il reste quelque chose, oui.

    Si nous nous souvenons bien, un événement a précédé celui-ci. Pourquoi cette personne a-t-elle agi ainsi?

    Cela faisait des mois, voire des années qu'elle me jugeait. Le développement personnel c'est de l'idiotie. Tu devrais trouver un travail convenable et arrêter ces bêtises.

    Le miroir, encore le miroir. Si elle te disait cela tout haut, c'est un peu que tu le pensais aussi.

    Oui, vous avez raison. Aujourd'hui je le vois, mais sur le moment, j'étais enfermée dans ma colère, mon humiliation. J'ai très mal accepté ses observations. J'ai fini par lui écrire une lettre de deux pages lui demandant de me laisser vivre ma vie à ma manière.

    Tu n'oublies pas quelque chose?

    Oui. Dans la même lettre, je lui demandais de me prêter de l'argent.

    Tu t'étonnes qu'elle n'ait pas trouvé cela de très bon goût?

    Ma fierté en avait pris un grand coup. Je crois que j'ai voulu lui donner une leçon mais que cette leçon m'est immédiatement revenue.

    La loi du retour agit de plus en plus vite quand on a pris le chemin de l'évolution.

    Je devrais lui dire merci. Avec ma tête, je comprends ce qui s'est passé et la leçon est apprise, mais avec mon cœur, je n'arrive pas. Il y a de la fierté, mais aussi une forme de peur…

    Peur de quoi?

    Peur qu'elle recommence. C'est d'ailleurs très inconfortable comme émotion. C'est pour cela que je me tiens le plus possible éloignée, pour quelque temps.

    Vas au fond de ta pensée?

    Pas très glorieux, mais enfin. Plutôt prétentieux même, je la prive aussi de ma présence, elle qui aime avoir une cour et être le centre.

    Miroir?

    J'aime aussi avoir une cour, puisque j'aime donner des cours et être le centre.

    Nous, les jambes allons un de ces jours t'amener vers elle. Tu pourras ainsi lui parler de tout cela. Tu lui diras que tu es désolée de ce qui est arrivé. Tu la remercieras de t'avoir permis d'apprendre autant sur toi. Tu lui diras que tu comprends ce qui est arrivé. Tu lui diras aussi que tu l'aimes.

    D'accord, un de ces jours.

    N'attends pas trop longtemps, c'est du temps perdu. Et cette tension dans le mollet, tu vois où on veut en venir? As-tu laissé derrière toi le passé? Acceptes-tu les difficultés que tu as traversées? En as-tu tiré des leçons? Es-tu prête à commencer autre chose?

    Je suis prête. Enfin, je crois, comment en être sûre?

    Etre sûre de quoi? D'avoir fait le bon choix?

    Le lâcher prise, j'utilise beaucoup plus le lâcher prise. Je vais là où la vie m'amène, je fais confiance.

    Sans oublier de donner une direction? Tu n'es tout de même pas devenue un bateau sans gouvernail?

    Non, je donne la direction, l'objectif général, être utile à éveiller les consciences à l'évolution. Par contre pour le moyen de transport et le trajet, je laisse faire la vie et accepte ce qui arrive.

    Nous avons avancé. Nous pourrons relâcher aussi la tension des mollets.

    Et que se passe-t-il si la personne ne comprend pas le message de la tension.

    L'accident, la fracture. Prenons l'exemple d'un enfant que les parents amènent sur les champs de ski. Au départ, il s'amuse dans la neige, il tombe et trouve cela amusant. Les parents lui font prendre des leçons, il devient chaque jour meilleur. Puis il est inscrit à des compétitions.

    Rien de tragique, plutôt glorieux pour le moment.

    Pour le moment. Il commence les compétitions, fait quelques résultats encourageants. Il commence à sentir la pression. Pression de son professeur qui attend de lui le meilleur. Pression de ses parents qui ont investi beaucoup d'argent dans les cours, le matériel et qui seraient fiers d'avoir un fils sur le podium.

    Il a bien de la chance, ce jeune homme.

    Oui, mais d'un autre côté, il n'a plus le temps de rêvasser, ce qu'il aime faire, il n'a plus le temps de voir ses copains ni une certaine jeune fille avec qui il aimerait passer plus de temps. Il n'est pas conscient de tout cela.

    Mais je suppose que les jambes vont agir?

    Il n'y a pas d'autre solution. Un jour d'entraînement plus long que les autres, c'est la fracture. Bien sûr qu'il aura un ou deux os fracturés. Mais le cadeau en vaut la peine.

    Le cadeau, vous insinuez qu'inconsciemment il l'a fait exprès?

    Oui. Les cadeaux sont nombreux. D'abord le repos, permission de rêver autant qu'il veut. Ensuite, les visites lors de son hospitalisation, les copains, la jeune fille. Admets que les cadeaux sont nombreux.

    Et la compétition alors, il aura perdu une année?

    Il est bien possible que ce soit le dernier de ses soucis. Ce n'était pas son objectif. Son père avait toujours rêvé, enfant, d'avoir un bel équipement de ski, de prendre des cours et de faire de la compétition, lui non.

    Il aurait été plus simple de lui dire, plutôt que de se casser une jambe, d'ailleurs on dit souvent [il vaut mieux cela qu'une jambe cassée].

    Affronter un père autoritaire ou se casser une jambe, pour certains la deuxième solution est plus simple.

    Il aurait pu [prendre ses jambes à son cou] et s'enfuir?

    Certains adolescents lorsqu'ils ne trouvent pas d'autre solution le font. On appelle cela une fugue. Et derrière une fugue il y a toujours une raison importante. Un dialogue ouvert, d'homme à homme, d'humain à humain je dirais est vraiment nécessaire à ce moment-là, faute de quoi l'adolescent recommencera.

    Il vaut mieux écouter ses jambes avant d'en avoir une en bois.

    Ce sont des cas extrêmes. Cela arrive suite à des accidents, souvent des accidents de travail.

    Et là vous me direz que la personne n'allait pas dans la bonne direction pour elle et qu'elle n'osait rien faire pour en changer?

    Il ne peut pas y avoir d'autres raisons. Prenons l'exemple de ce physiothérapeute, un des meilleurs de sa profession, qui a une jambe de bois. Son premier métier était bûcheron, il a aimé travailler dans la nature, le contact du bois. Et puis, est venu pour lui le moment de changer, d'apprendre autre chose. Il savait qu'avec ses mains il pouvait faire des merveilles, qu'il avait un don.

    Vous voulez dire qu'il était obligé de changer, que c'était son destin?

    Non, tu n'es jamais "obligé" de rien. Ce bûcheron avait envie de changer, mais il n'osait pas le faire. Il avait peur de dire à sa femme qu'il faudrait qu'elle travaille durant quelques mois, pendant sa nouvelle formation. Il n'osait pas mettre en péril la situation financière de sa famille, il n'osait même pas demander aux siens de diminuer les dépenses pour aller vers son objectif, soigner les personnes avec ses mains.

    Aider, toujours aider, sommes-nous donc tous des saint-Bernards en puissance?

    Ce bûcheron aurait aussi pu rêver de devenir artiste peintre ou vendeur de voitures, ce n'est pas l'objectif qui a de l'importance, c'est l'idée que s'en fait la personne pour atteindre cet objectif.

    C'est un peu hasardeux de laisser tomber un bon job pour recommencer ailleurs.

    Chacun est responsable de sa vie. Si le bûcheron a besoin de devenir physiothérapeute pour son évolution, qu'il le fasse. Si son épouse a besoin de plus d'argent que lui ne peut gagner sur le moment, elle peut trouver elle-même le moyen d'en gagner…

    Il n'a pas osé affronter tous ces changements, il a préféré, inconsciemment, se couper une jambe?

    Il n'avait peut-être même pas conscience de son désir. Se sentir mal dans sa peau, avoir des tensions dans les jambes ou des petites blessures, ce sont les premiers signes de l'être profond. S'arrêter et prendre la peine de réfléchir, se demander pourquoi cette tension, pourquoi ces éraflures à répétitions sur les jambes, aux mains (qui ont un rapport avec ce que l'on fait) c'est le moyen de prendre conscience du malaise avant que l'accident grave n'arrive.

    Le mieux serait d'être attentif à tout ce qui arrive? Quel travail?

    Ce n'est pas nécessaire de faire du nombrilisme non plus, mais quand les choses vont [de travers] comme vous dites, prendre un moment pour y regarder de plus près permettrait d'éviter bien des problèmes plus graves.

    Et notre bûcheron, qu'est-il arrivé ensuite?

    Il a eu un accident de travail dans lequel il a perdu une jambe, remplacée par une prothèse. Et le cadeau, puisqu'il y a toujours un cadeau, il n'a pas eu à se préoccuper de trouver les moyens financiers pour devenir physiothérapeute. C'est une assurance qui a continué à subvenir aux besoins de sa famille et qui a financé sa nouvelle formation. Aujourd'hui, il est heureux, avec une jambe en moins.

    A croire que certains pourraient avoir un accident intentionnellement?

    Attention à la loi du retour. Tu peux tout faire, tout envoyer dans l'univers. Rappelle-toi qu'un jour tu recevras la facture, tu devras en payer le prix…

    Par exemple, quelqu'un qui se mutile pour recevoir de l'argent? Quel serait le prix à payer?

    Beaucoup de gens pensent que parce que c'est une société d'assurances, ce n'est pas du vol ou de l'escroquerie. Mais oui, c'est un groupe de personnes et le raisonnement est le même. La personne s'est mutilée pour recevoir de l'argent. Le retour pourrait être de devoir payer après avoir été accusé injustement, ou de perdre une autre partie de soi-même alors qu'elle était d'une grande utilité, par exemple la main pour le masseur.

    C'est terrifiant, cette loi du retour.

    Nous dirions plutôt que c'est rassurant, tout est une question d'équilibre. Tu récoltes ce que tu sèmes. Commence à semer l'amour, la compassion, le pardon et devine ce que tu récolteras tôt ou tard?

    La perfection n'est pas de ce monde, c'est impossible d'être toujours aimable.

    Tendre à la perfection, en acceptant les imperfections, voilà qui est sage.

    Un pas après l'autre et vous êtes là juste avant le pied pour donner des signes si le pas va de travers.

    Nous tenons à souligner qu'il n'y a pas de juste ou de faux, c'est une notion tout à fait humaine. Tu peux faire tout ce que tu veux. Réfléchis simplement aux conséquences. Au pire, tu tues une femme, intentionnellement parce qu'elle est l'épouse de l'homme que tu aimes. Ce n'est pas intelligent de ta part, puisque la loi du retour fait que tu te mets en situation que quelqu'un tue la personne que tu aimes…

    Vu comme ça, effectivement.

    Et ne rétorque pas en disant oui mais, il y en a qui… occupe-toi de tes affaires, tu es ici sur terre pour toi, pas pour juger les autres ou te comparer à eux. D'ailleurs la loi du retour fonctionne pour tout le monde, tu n'as aucun souci à te faire…


    Votre corps, par les malaises et maladies, a quelque chose à vous dire... Converser avec...

    votre coeur   votre sang
    votre peau
    vos poumons
    votre tête vos yeux vos oreilles
    votre bouche votre nez votre gorge vos bras vos mains
    votre dos vos seins
    votre estomac
    votre ventre votre sexe
    vos fesses vos cuisses vos genoux vos jambes vos pieds

     

    Tiré du livre "Conversations avec mon corps", de Christiane Kolly

    Vous pouvez copier en mentionnant l'auteur et le site.


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    En bleu, c'est la personne, en rose, c'est la partie du corps

     

    Je me suis encore blessée aux mains. Pourquoi je me brûle, je me griffe, je me fais des hématomes sans cesse aux mains?

    C'est le moment que tu t'en inquiètes, depuis le temps que nous tentions de te faire réagir avec ces petits bobos… remarque, nous avons été plutôt regardantes, parce que nous savons que tu nous aimes, malgré que tu nous utilises bizarrement quelquefois…

    Bien-sûr je vous aime, je vous trouve belles, je vous mets de la crème quand il fait froid et que vous souffrez de rougeurs, je vous regarde avec amour en sachant combien vous m'êtes utiles. Vous êtes deux instruments qui savent faire tant de choses. Mais pourquoi dites-vous que je vous utilise bizarrement?

    Chaque fois que tu as un petit bobo, as-tu déjà essayé de te demander pourquoi cela arrivait?

    Mais c'est parce que je suis maladroite, enfin gauche, enfin je ne sais pas comment le dire avec vous…

    Avec la force de l'habitude, nous avons quand même notre part d'autonomie. Ainsi, quand nous avons tout à coup une blessure, pose-toi la question de savoir ce que tu faisais à ce moment-là, mais surtout, à quoi tu pensais, de quoi tu étais en train de t'accuser.

    La dernière fois que cela est arrivé, j'arrosais un rôti dans le four de la cuisine, et en ressortant ma main droite, j'ai touché le bord du four et cela m'a brûlée. A quoi je pensais, comment voulez-vous que je m'en souvienne?

    C'est immédiatement qu'il faut se poser la question, après c'est trop tard. Voyons, nous pouvons peut-être te donner un coup de main! Tu cuisinais dis-tu, tu pouvais te répéter comme par habitude [Chaque fois que j'utilise le four, je me brûle!]. Ou alors [Je ne suis pas très douée pour utiliser le four!] ou encore [Maman sait mieux que moi faire un rôti, ou un gigot] ou encore [Je suis maladroite avec le four].

    Oui, cela m'est arrivé. Et c'est pour cela que vous m'envoyer de cuisants messages?

    Ce n'est pas une bonne chose pour toi de te dévaloriser sans cesse, ou de te comparer avec une autre personne qui sait mieux faire ceci ou cela. Tu ne peux pas être heureuse avec cela. Si tu te juges supérieure, une poussée d'orgueil te monte à la tête et si tu te sens inférieure, tu te flagelles inutilement. Crois-tu vraiment que tu pourrais faire avec nous toutes les choses que tu fais à la perfection. Voyons, réfléchis un peu, c'est impossible. Pourquoi ne pas simplement te dire [je fais de mon mieux].

    Cela a beaucoup de sens, merci.

    Te souviens-tu qu'un jour, quand tu étais enfant, moi la main gauche, j'ai été complètement brûlée sur la partie supérieure par de l'huile d'une poêle à frire?

    Oui, je m'en souviens, cela a été très douloureux, il faisait froid dehors et je tournais en rond dans le jardin parce que l'air froid me faisait du bien.

    Peux-tu te souvenir du contexte?

    Oui, j'avais fait cuire pour toute la tablée, une dizaine de personnes, des œufs au plat et j'étais très fière. Lorsque j'ai fini par cuire les miens, mon père a voulu m'aider. Il a pris la poêle dans ses mains. J'ai tendu mon assiette. Il a penché la poêle. Les œufs sont restés un petit instant sur le haut et l'huile dans le creux. Puis les œufs en glissant, ont fait jaillir l'huile hors du récipient sur ma main gauche. Ce n'est pas moi…

    La main gauche est celle qui reçoit, alors que la main droite est celle qui donne. Ne voulais-tu pas recevoir? Quel était ton état d'esprit à ce moment-là?

    J'étais furieuse qu'il me prenne la poêle des mains. J'avais réussi à le faire pour tous les autres, pourquoi m'aider quand j'avais fini?

    Cela partait certainement d'un bon sentiment, mais toi, tu as pris cela de travers et tu t'es punie toi-même, enfin, les événements…

    Je n'y étais pour rien. C'est mon père, c'est l'huile, ce sont les œufs, mais en tous cas pas moi!

    Mais non, cela ne fonctionne pas ainsi. L'environnement est comme un instrument, présent uniquement pour te montrer que ta manière de penser n'est pas bonne pour toi.

    Immédiate, la leçon? Recevoir avec amour ou bien refuser. La colère retenue ressort fatalement.

    Ne vois-tu pas à quel point c'est merveilleux de recevoir sans cesse des messages indiquant ce qui est bon pour toi?

    Vu sous cet angle, oui.

    Nous profitons de ton attention, tu utilises des expressions qui nous effrayent, par exemple [J'en mets ma main au feu]. Non, nous ne voulons pas être mises au feu.

    C'est une expression qui veut dire que je suis certaine de ce que j'avance.

    Evite, s'il te plaît. Par contre, dans [Elle a la main sur le cœur], nous supposons qu'il y a une qualité. Notre partenaire le cœur est un allié puissant, généreux, aimant.

    Et que pensez-vous de [Quand on donne la main, on se fait prendre le bras], autrement dit à être généreux, on risque de se faire abuser.

    Sois généreuse, autant que tu veux ou que tu peux l'être, sans arrière-pensée du genre [Je l'invite au restaurant, j'espère bien que la prochaine fois c'est elle qui m'invitera], ce n'est pas de la vraie générosité c'est un échange et il serait bon de le dire à la personne. Et quand tu donnes tes vêtements aux pauvres, donnes-tu vraiment quelque chose qui te tient à cœur ou te débarrasses-tu de vêtements que tu ne porteras plus.

    Je me débarrasse de mes vieilles affaires.

    Les pauvres te font le don de recevoir ce que tu ne veux plus garder. La vraie générosité c'est quand tu donnes vingt francs à un sans abri, sans que personne ne te voit, et sans t'inquiéter de savoir s'il va les boire ou les fumer.

    Je tiens à ce qu'il les utilise pour son bien!

    Et pour qui te prends-tu pour prétendre savoir ce qui est bon pour lui. Chacun sa route, s'il veut boire de l'alcool ou fumer, ce n'est pas ton problème. Sois généreuse inconditionnellement, occupe-toi de tes affaires et non des siennes. Tu peux ne pas être d'accord avec sa manière d'agir ou ne pas comprendre, mais en aucun cas tu n'as le droit de choisir à sa place. Il récolte ce qu'il sème et toi aussi. Ainsi, si tu sèmes de la générosité, que crois-tu que tu récolteras?

    De la générosité, c'est beau.

    Pour donner et recevoir, il faut être deux. Crois-tu savoir recevoir?

    Oui, j'aime beaucoup recevoir des cadeaux.

    Nous nous souvenons de tes pensées, à plusieurs reprises, lorsque tu reçois [Cet objet ridicule, il a payé dix balles, mon dernier cadeau valait près de cent francs, il se moque de moi], et tu souris et dis merci…

    C'est de la politesse.

    Non, c'est un manque flagrant d'authenticité. Si tu n'en veux pas, dis-le. Ou accepte-le comme il est, en disant merci avec bon cœur et franchise, parce que chaque fois que tu reçois un présent, la personne a pensé à toi, s'est demandé ce qui pourrait te faire plaisir, est allée l'acheter, l'a fait emballer et te l'a envoyé ou apporté. Prends contact avec le plaisir de la personne de donner et sois un bon et authentique receveur.

    Et si je n'aime vraiment pas?

    Dis-le, si la personne te le demande et cela arrive souvent. Sinon, il est préférable de ne rien dire. Il faut savoir prendre contact avec le plaisir de donner de l'autre.

    D'accord, et je pourrai toujours offrir l'objet à quelqu'un d'autre si je n'aime pas.

    A notre avis, oui. Si la personne donne vraiment, elle ne s'offusquera pas et te laissera le choix d'en faire ce qu tu veux. Sinon, encore une fois, ce n'est pas ton problème.

    Mais si je n'aime vraiment pas et qu'elle ne me demande rien?

    Dis poliment merci, sans plus. Ne fais pas de dithyrambes inutiles, au risque que cela ne recommence. Souviens-toi, ton amie Juliette et son habitude de t'offrir chaque fois un vase. Tu as une armoire remplie de vases. Nous te conseillons plutôt de dire ce que tu aimes, simplement placé dans la conversation.

    Comment cela?

    Prends l'exemple des collectionneurs, ta fille Véronique collectionne les éléphants, quand quelqu'un veut lui faire un cadeau, c'est le début d'une idée… Lance une conversation du style [Quel est ton vin préféré?], [Et bien moi, c'est le Château Margaux], ou encore [J'adore les écharpes en soie, qu'en pensez-vous?] ou [J'aurais beaucoup de plaisir à recevoir un petit objet en or jaune, je suis en train de monter une breloque]. Quelques idées… quelqu'un n'a-t-il pas dit [Demandez et vous recevrez].

    C'est Jésus, encore la religion…

    Crois-nous, il avait beaucoup de bon sens.

    Il m'arrive de me sentir obligée de donner, parce que la personne en face a déjà donné plusieurs fois et je n'aime pas cette impression d'être obligée…

    Ne donne qu'avec cœur, sinon ne donne pas, c'est préférable. Si l'autre a plus de moyens que toi, accepte de recevoir davantage. Tu reçois de quelqu'un, tu donnes ailleurs, des objets, mais aussi du temps, de l'attention, de l'écoute. Quand tu veux faire un cadeau, demande à la personne ce qu'elle désire. Si tu souhaites être invitée parce que tu n'es pas en fonds sur le moment, dis-le. Libre à la personne en face d'accepter ou de refuser. C'est cela l'authenticité.

    Venons-en à d'autres problèmes physiques. Qu'en est-il des personnes qui souffrent d'arthrose, de ces maladies déformantes?

    Nous connaissons des mains qui ont envoyé de nombreux messages légers et cela n'a servi à rien. Pour se faire entendre, elles se crispent, elles commencent à moins bien fonctionner. Elles grincent, elles se bloquent.

    Que peuvent faire ces personnes?

    Prenons l'exemple d'une masseuse, pour qui les mains sont les instruments de travail. Lors d'un problèmes aux mains, elle peut se poser les questions suivantes [Comment je juge le travail que je fais?], [Est-ce que j'aime toujours mon métier?], [N'est-il pas temps de passer à autre chose?], [Dans quel état d'esprit je travaille?], [Est-ce que j'aime toucher le corps des gens?].

    Cela peut venir d'autre chose que le métier?

    Oui. Dans ce cas, la question est [Qu'est-ce que je fais en ce moment avec mes mains qui me pose problème?] La cause du problème peut avoir de multiples sources. Prenons l'exemple d'une femme au foyer, elle accomplit des dizaines tâches différentes. Encore une fois, il est important de se souvenir que ce n'est pas l'action en elle-même qui provoque un problème physique, mais la manière de penser de la personne par rapport à cette action.

    Là ça se complique, vous pouvez me donner un exemple ?

    La femme au foyer qui œuvre toute la sainte journée au service de son mari et de ses enfants, si elle le fait avec amour, en se disant que c'est une merveilleuse chance de pouvoir rester à la maison, d'être le lien de la famille, d'amener harmonie et joie par toutes ces attentions, tous ces travaux qui font le bonheur du reste de la maisonnée, cette femme est heureuse d'exécuter ses tâches, cela lui donne du bonheur. Dans la même situation, une autre femme se lamente, se disant qu'elle est la bonne, que personne ne réalise tout ce qu'elle entreprend, qu'elle aurait voulu être architecte ou globe trotter. Dans la même situation, la manière de penser par rapport au travail accompli est très différente. Devine qui peut avoir des problèmes au niveau des mains?

    Evidemment celle qui n'est pas contente. Et que proposez-vous?

    Quand les petits bobos surviennent trop fréquemment il est nécessaire de se poser les questions clé [Qu'est-ce que je fais en ce moment avec mes mains qui ne me satisfait pas?], [Quelles sont mes possibilités?], [Quelles sont les conséquences pour le reste de la famille?].

    Ne croyez-vous pas que certains n'ont pas le choix?

    Chaque être humain, et là nous croyons nous répéter, chaque être humain est responsable de sa vie. Accepter une situation avec bon cœur est une possibilité. Aller vers un changement en est une autre. Il n'est pas nécessaire de [casser la baraque], parler de ses envies de changement avec le reste de la famille peut être un début, trouver une solution ensemble, dans le respect des désirs de chacun, avec amour.

    C'est la solution idéale, cela se passe-t-il vraiment comme cela?

    Tout changement provoque chez l'individu des contrariétés, les habitudes sont souvent agréables. Remettre en question le confort de chacun, dans le cas de la femme au foyer, provoquera quelques moments difficiles. D'un autre côté le bonheur de chacun est en jeu. Continuer de la même manière en sachant que ce n'est plus ce que la personne désire n'est pas possible, aller de l'avant est la seule solution. Après un temps d'adaptation, chaque membre de la famille bénéficiera du changement, par le fait que la femme va pouvoir s'épanouir dans quelque chose de nouveau.

    Les femmes, toujours les femmes.

    C'était l'exemple. Nous pouvons en citer d'autres. L'homme qui est congédié, ou qui exerce un métier en train de disparaître, c'est quelquefois la vie qui amène les changements et le fonctionnement de la famille en sera modifié.

    C'est un fait. Avec vous, si j'ai bien compris, l'important est de vous utiliser avec le cœur puisque vous en êtes la continuité?

    Bien vu. Nous nous joignons à toi et faisons le vœu que tu t'en souviennes.


    Votre corps, par les malaises et maladies, a quelque chose à vous dire... Converser avec...

    votre coeur   votre sang
    votre peau
    vos poumons
    votre tête vos yeux vos oreilles
    votre bouche votre nez votre gorge vos bras vos mains
    votre dos vos seins
    votre estomac
    votre ventre votre sexe
    vos fesses vos cuisses vos genoux vos jambes vos pieds

     

    Tiré du livre "Conversations avec mon corps", de Christiane Kolly

    Vous pouvez copier en mentionnant l'auteur et le site.


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    En bleu, c'est la personne, en rose, c'est la partie du corps

     

    Mes oreilles sifflent, cela fait plusieurs jours, des sifflements, des bruits comme si quelque chose se collait et se décollait à l'intérieur, une impression de bourdonnement très désagréable.

    Nous te faisons de l'acouphène.

    Et pourquoi ces perturbations?

    Il y a un tel embrouillamini de pensées dans ta tête, c'est notre manière de te dire que tout cela n'est finalement qu'un grand bourdonnement qui ne te sert à rien. Tu es tellement occupée à tourner et retourner ces pensées dans tous les sens, tu n'entends plus ce qui se passe à l'extérieur.

    C'est un malaise très désagréable, je suis la seule à entendre ces bruits bizarres, mon entourage ne l'entend pas. A croire que je deviens folle et pourtant ils sont bien réels.

    C'est pour ton bien, nous te faisons comprendre que sasser et ressasser n'est pas bon pour toi. Nous aimerions que tu nous utilises pour écouter, ce qu'il y a à l'intérieur de toi, dans ton cœur, mais aussi écouter l'extérieur, ta famille, tes amis. C'est une petite alerte, une sonnette d'alarme que nous actionnons en cas de nécessité.

    Je vous remercie. Si j'ai bien entendu, quand vous m'envoyez cette musique, je me pose quelque part, je respire, j'écoute les battements de mon cœur, j'écoute les sentiments qui s'y trouvent sur le moment.

    Oui, c'est une partie de l'exercice. Après, tu écoutes l'extérieur, parmi les gens que tu fréquentes, y a-t-il quelqu'un que tu ne veux pas entendre, qui te dérange?

    Evidemment, on ne peut pas plaire à tout le monde. Lorsqu'une personne n'est pas d'accord avec moi, elle peut très bien conserver son opinion et moi la mienne.

    Belle théorie que voilà, en réalité tu es bien dérangée, vexée lorsque quelqu'un te contredit et tu n'écoutes pas vraiment les arguments de l'autre pour être sûre de conserver les tiens… Si tu ne supportes pas la controverse, tes théories ne doivent pas aller bien loin.

    Comme vous y allez. Il y a du vrai dans ce que vous dites. Que me donnez-vous comme conseil?

    Ecoute le monde, prends la peine de recevoir les idées de ton entourage. Libre à toi ensuite de prendre ou de laisser, voire de réviser ton jugement. L'entêtement n'a jamais été une preuve d'ouverture. Ton équilibre serait bien fragile si pour le conserver, tu t'interdisais l'écoute des autres.

    J'entends ce que vous voulez dire, merci.

    Tu entends, parfait, nous voilà rendues à notre réelle utilité. Nous voulons te rendre attentive à quelque chose. Ne répète pas sans cesse à quelqu'un qu'il a [les oreilles bouchées], tu pourrais finir par avoir raison.

    J'y veillerai. On dit aussi qu'[il n'y a pas pire sourd que celui qui ne veut pas entendre]?

    Certains êtres pour se protéger du monde extérieur ont réussi à faire le tri, ils entendent ce qui les arrange, ils ont l'oreille sélective!

    Impossible de vérifier s'ils entendent ou pas. Il nous reste à croire ce qu'ils avancent.

    Et pourquoi mettre en doute? Ce comportement pourrait bien te compliquer l'existence. Crois ce que les sourds te disent, et si tu les prends en flagrant délit de non-surdité, il sera toujours temps de leur demander pourquoi!

    C'est peut-être un refuge pour eux!

    Le monde actuel est envahi de tant de bruits. Augmenter les décibels est devenu une habitude grave, la jeunesse pourrait bien se retrouver, dans quelques années avec de sérieux problème d'ouïe.

    Vous les oreilles savez peut-être pourquoi la mode est à l'assourdissement.

    Nous avons une idée sur la question, en effet. Les enfants qui naissent maintenant ont besoin de respect de vérité d'authenticité d'intelligence. On les appelle les enfants nouveaux ou indigo parce que leur aura est de cette belle couleur bleu du ciel comme quand le soir commence à descendre.

    C'est quoi l'aura?

    En langage courant, c'est l'atmosphère qui entoure ou semble entourer une personne. La couleur indigo est celle de la spiritualité. Ces enfants ont une grande sensibilité. Ils ne supportent pas le mensonge, ils ont besoin d'une raison intelligente pour obéir, ils ont un caractère bien affirmé très tôt.

    Quel rapport avec la hauteur du son, le fait qu'ils écoutent leur musique si fort?

    Ils ont ainsi l'impression d'échapper à ce monde d'adultes qui leur semble incohérent. Ils ont l'impression de se brancher sur une autre longueur d'onde. Les enfants indigo sont difficilement influençables et plutôt manipulateurs.

    Il semble en effet que de nos jours, l'éducation ait pris une tournure nouvelle, que les méthodes utilisées pour nous ne conviennent plus.

    Vous ne pouvez leur dire qui ils sont ou ce qu'ils feront plus tard, ils le savent très bien. Lorsque la pression de l'extérieur leur semble trop forte, ils ont besoin de s'évader et le bruit est une manière qui leur convient. Malheureusement ce n'est pas sans risquer de provoquer des lésions.

    Auriez-vous une solution pour détendre ses enfants tout en ménageant leurs oreilles?

    Pourquoi ne pas utiliser des visualisations pour équilibrer et canaliser l'énergie débordante de ces enfants et également dans le but de déployer leur potentiel personnel? Tu peux accompagner l'histoire d'une musique douce qui convient à ce genre d'exercice. Nous te proposons un texte que tu leur liras doucement [Dans cette histoire, les couleurs sont bleu lavande et indigo, imaginez ces couleurs (éventuellement les leur montrer) et fermez les yeux. Nous respirons ensemble profondément dix fois (comptez jusqu'à dix) et nous voilà dans un champ plein de fleurs de couleur lavande et indigo. Comme elles sont belles! Nous marchons parmi les fleurs qui dégagent une odeur merveilleuse. Nous nous asseyons pour les regarder. Nous apercevons la couleur lavande et elle communique avec nous! Et voilà que nous devenons tout petits, tout petits jusqu'à pouvoir monter sur une fleur. Nous respirons et nous marchons sur ses pétales. Sa vibration nous calme et nous apaise (attendre vingt/trente secondes). Puis hop! nous sautons en bas et atterrissons en douceur sur un tapis d'herbe indigo. Nous nous baignons dans cet océan d'herbe, en jouant et en profitant pleinement du moment. Ce sentiment de paix et d'amour est toujours là dans cette énergie lavande et indigo. Nous la respirons pleinement. Puis quand nous décidons, nous ouvrons doucement les yeux.]

    Je vous remercie. A propos d'enfants, heureusement que la mode n'est plus aux [bonnets d'âne]!

    Chaque génération a sa méthode. Nous doutons que celle-ci ait favorisé l'apprentissage.

    Je vous rejoins. J'ai connu un homme à mon avis très intelligent. Le début de sa scolarité s'est bien déroulé puis, changement de maître. Avec le suivant, affrontement immédiat. Il a refusé de continuer à apprendre quoi que ce soit, à l'école. Mais quel conteur merveilleux, un vrai tribun.

    Nous nous en souvenons. Chaque situation peut permettre aux êtres d'évoluer, ici en l'occurrence, permettre au maître de s'épanouir en accompagnant les enfants, et aux enfants d'avoir la joie d'acquérir les connaissances nécessaires pour plus tard comprendre le fonctionnement du monde. Chaque situation peut aussi être déséquilibrée, ici un maître sévère ou autoritaire en face d'un élève à qui l'autorité sous toutes ces formes déplaît. Ils avaient peut-être les deux un bout de chemin à faire vers l'autre.

    Cela a beaucoup de sens. A propos, vous êtes le support d'un des cinq sens de l'homme, c'est prestigieux. L'ouïe, le pouvoir d'entendre, le pouvoir d'écouter.

    Chacune de nous possède vingt-quatre mille fibres qui vibrent sous l'effet du vent dans les feuillages, des vagues qui viennent mourir sur le bord de la mer, du chant des oiseaux, du gazouillis d'un jeune enfant et au mot je t'aime.

    Il est vrai qu'en regardant la construction d'une oreille, c'est un [outil] extraordinaire. Ecouter une berceuse dans la bouche de sa maman, des mots d'amour dits par son bien-aimé, des chansons d'amour, des opéras, de la poésie, tout cela ouvre la porte du cœur.

    Nous sommes obligées d'entendre bien d'autres sons. Chaque jour, aux informations, les journalistes nous décrivent les horreurs du monde. Quand il s'agit de la télévision, les yeux subissent également d'effroyables images.

    Il faut bien s'informer de ce qui se passe dans le monde, connaître la dernière catastrophe dont tout le monde parle, savoir ce qu'est telle maladie, ou quelle guerre a lieu dans quel pays?

    Pourquoi il faut?

    Dans les conversations, chacun donne son avis et ne pas savoir de quoi on parle, avoir l'air idiot ou inculte, ce n'est pas possible!

    Et pourquoi?

    Mais enfin, ils vont penser que je suis ignare!

    Crois-tu que tu puisses un jour connaître tout ce qui existe sur terre, tout ce qui s'y passe, dans les règnes minéraux, végétaux, animaux, humains?

    C'est impossible, je n'aurai pas le temps, comme dit un chanteur connu. Mais ce dont tout le monde parle le plus souvent?

    Qu'est-ce que cela te rapporte, d'écouter ces horreurs?

    Je déteste ces images de violence, voir des corps mutilés, du sang, des maisons détruites, des hommes qui meurent sous mes yeux, d'autres qui risquent de mourir pour me montrer ces horreurs. Je déteste voir ces jeunes hommes dans leurs beaux uniformes, l'air fier de servir leur pays, aller se faire tuer pour une cause qui ne leur appartient pas.

    Mais pourquoi regardes-tu et écoutes-tu quand même?

    En plus d'ignare, j'aurais l'air égoïste, ingrate. Egoïste parce que moi je suis confortablement installée, à l'abri. Ingrate parce que ne pas regarder, c'est comme ne pas dire merci de tout ce que j'ai.

    Tu peux continuer à voir les choses comme ça, à avoir peur de passer pour une ignare, égoïste et ingrate et t'obliger à écouter des histoires qui ne te plaisent pas. As-tu toi-même fait ce choix?

    Mais tout le monde regarde les infos?

    As-tu choisi? Nous en doutons. Pourquoi, depuis cette minute, ne choisis-tu pas ce qui va passer par nous?

    J'accepte, dorénavant, les sons qui me déplaisent, les paroles, les phrases qui ne m'apportent pas de l'harmonie, de la sérénité, de la joie, je vais les éliminer autant que possible de mon existence.

    Belle résolution, nous t'aiderons et t'enverrons des signaux d'alarme si nécessaire.

    Merci les oreilles. A propos de ce qui passe par vous, je n'aime pas entendre non plus les commérages, que suggérez-vous?

    Dis-le, simplement. Lorsque quelqu'un se met à parler d'une autre personne en ta présence, dis que tu n'as pas envie d'entendre cela.

    Je vais offusquer la personne.

    Qui veux-tu sacrifier, toi ou l'autre personne?

    Je ne veux personne sacrifier, je veux aussi être vraie. Je pourrais dire simplement [excusez-moi] et quitter les personnes.

    Quand tu es reçue dans une famille, tu peux t'absenter cinq minutes, mais après, ton hôte se fera du souci. Il y a une autre possibilité, pourquoi ne pas aiguiller la discussion sur un sujet qui t'intéresse?

    Le développement personnel? Mes tentatives jusqu'à aujourd'hui ont échoué, en particulier avec la plupart des personnes qui me sont proches. Je leur ai peut-être [cassé les oreilles] avec un sujet qui ne les intéressait pas?

    Chacun choisit sa manière de vivre, d'évoluer. Pour toi, c'est le développement personnel, pour d'autres, c'est le football, l'entraînement sportif, les jeux télévisés ou les films d'horreur. Laisse à ceux que le développement personnel n'intéresse pas le choix et arrête de vouloir convertir à tes théories ceux qui ne veulent pas t'entendre, tu y gagneras là aussi en sérénité.

    Vous êtes de bon conseil. Dans la conversation, je peux trouver un sujet qui intéresse tout le monde.

    Tu peux aussi écouter davantage les sujets amenés, t'ouvrir à ce qui se présente. Mais si vraiment ce ne sont que commérages, médisances, rien de constructif, nous pensons qu'il est préférable de le dire franchement. Tu risques de perdre l'amitié ou la considération d'une personne, la perte serait-elle importante? Réfléchis?

    J'entends bien. Cela me fait penser à une histoire. Un jour un homme arriva très agité auprès de Socrate le sage. - Ecoute Socrate en tant qu'ami il faut que je te raconte… - Arrête. As-tu passé ce que tu as à me dire à travers les trois filtres? - Les trois filtres? - Oui mon ami trois filtres! Le premier est celui de la vérité. As-tu examiné si tout ce que tu veux me raconter est bien vrai? - Non je l'ai seulement entendu raconter et… - Bien bien. L'as-tu au moins fait passer à travers le second filtre celui de la bonté? Est-ce que même si ce n'est pas tout à fait vrai ce que tu voudrais me raconter est au moins quelque chose de bien et de bon? - Non. Je dirais même au contraire… - Eh bien passons maintenant ce que tu voulais me dire à travers le troisième filtre. Demandons-nous s'il est vraiment utile de me raconter ce qui t'agite tant. - Utile? Euh pas précisément… - Eh bien dit Socrate si ce que tu as à me dire n'est ni vrai ni bon ni utile oublie-le et ne t'en soucie pas plus que moi!


    Votre corps, par les malaises et maladies, a quelque chose à vous dire... Converser avec...

    votre coeur   votre sang
    votre peau
    vos poumons
    votre tête vos yeux vos oreilles
    votre bouche votre nez votre gorge vos bras vos mains
    votre dos vos seins
    votre estomac
    votre ventre votre sexe
    vos fesses vos cuisses vos genoux vos jambes vos pieds

     

    Tiré du livre "Conversations avec mon corps", de Christiane Kolly

    Vous pouvez copier en mentionnant l'auteur et le site.


    2 commentaires
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    En bleu, c'est la personne, en rose, c'est la partie du corps

     

    Les galoches du bonheur de Hans-Christian Andersen, intéressante, cette histoire où la fée Félicité apporte à l'humanité une paire de galoches qui permet à quiconque les chausse d'être transporté à l'endroit et dans le temps où il voudrait être.

    Et ça finit comment, s'il te plaît?

    C'est la fée Douleur qui s'est chargée de reprendre les galoches, se rendant compte que chaque expérience doit être vécue. Rien ne sert de vouloir brûler les étapes ou de les faciliter à quelqu'un. Les contes sont très riches d'enseignement pour les enfants, mais aussi tous les grands enfants que nous sommes.

    A vrai dire, dans les galoches, nous ne sommes pas vraiment à l'aise. Nous sommes heureux de ce dialogue que tu viens de commencer. Nous avons quelques réclamations. Notre vie de pieds n'est pas toujours facile…

    Comment cela, que voulez-vous dire?

    Tu t'exprimes d'une manière étrange parfois. Que veux-tu dire par [mettre les pieds dans le plat], c'est assez déroutant pour nous, parce que dans un plat, nous ne sommes pas à l'aise, nous risquons de le briser…

    C'est exactement ce que décrit la métaphore, révéler ou parler de quelque chose sans ménagement. Là je pense à [être bête comme ses pieds]. Je comprends que cela puisse ne pas vous plaire.

    Nous sommes la base du corps, utilisée en moyenne les deux tiers du temps de vie. Pourquoi nous traiter de bête? Remarque que les bêtes c'est péjoratif seulement chez certains humains… Quand tu parles d'[avoir un pied dans la tombe], cela signifie-t-il que l'un de nous doit se désintégrer?

    Cela veut dire que la personne dont on parle est mal en point. Je conçois que cela n'arrange rien. J'imagine que [casser les pieds] ne doit pas vous plaire non plus? Mais ne pourriez-vous pas prendre les choses plus légèrement et vous dire que ces expressions sont au figuré?

    Tu envoies [casser les pieds] on reçoit [casser les pieds] et tu t'étonnes après que nous t'envoyons des messages douleurs. D'ailleurs, pourquoi [se lever du pied gauche] semble poser problème? Le droit serait-il plus important que le gauche? Mais non, l'un sans l'autre nous ne pouvons rien faire, enfin en ce qui concerne la marche.

    J'imagine que [pieds et poings liés] doit vous tétaniser, c'est compréhensible. Et [perdre pieds] encore davantage…

    Effectivement, par contre quand tu utilises [au pied levé], là nous sommes un peu suspendus… Mais nous supposons que [retomber sur ses pieds] est une qualité. Quand tu dis [c'est le pied], nous sommes très heureux.

    Là, je vous fais un [pied de nez]…

    Nous voudrions que tu prennes du temps pour réfléchir. Quelle est notre utilité, selon toi?

    Vous êtes mon point d'appui sur le sol, vous me permettez aussi d'avancer ou à contrario de bloquer, de rester sur place.

    Effectivement, et parfois nous sommes [dans nos petits souliers], un peu [coincés dans nos baskets].

    Pouvez-vous me donner un exemple?

    Te souviens-tu, le jour où nous t'avons envoyé des douleurs dans les deux pieds. Sitôt que tu te levais pour marcher, aller de l'avant, tu ne pouvais pratiquement pas mettre un pied devant l'autre?

    Oui, je m'en souviens, c'était une période difficile de ma vie. Je faisais du forcing. J'avais investi beaucoup d'argent dans des cours de développement personnel. Il me semblait obligatoire de rentabiliser tout de suite. J'ai [mis sur pieds] (étonnant!) des cours. En même temps, au fond de moi, inconsciemment, je savais qu'il était trop tôt, que je n'étais pas encore prête, que la matière enseignée n'était pas encore ancrée en moi comme une certitude, mais seulement dans ma tête, comme des leçons apprises.

    Bravo, belle analyse… Tu as ainsi compris que nous ne pouvions pas te satisfaire, tu voulais en même temps avancer et rester sur place, pour nous c'était mission impossible [le pied de grue].

    Oui, et merci de m'avoir amenée chez une amie thérapeute qui m'a aidée à y voir plus clair. Une fois la leçon comprise, c'est vrai que je n'ai plus eu mal aux pieds… [J'ai pris pied dans ma vie].

    Il n'y avait plus de raison…

    Pourquoi le pied droit me fait-il plus facilement souffrir que le pied gauche?

    Le côté droit (Yin) représente le féminin en toi et le côté gauche (Yang) le masculin, selon les Chinois anciens (Confucius, Lao Tseu). Tu peux te poser la question de savoir quelle est ta relation avec ta mère, ou une personne du sexe féminin.

    Je reconnais que, la plupart du temps, c'est plutôt avec les femmes que j'ai des difficultés relationnelles.

    Pose-toi la question, avancer avec les femmes, avec la partie féminine de toi-même, cela veut dire quoi?

    Accepter le sort de la femme en ce monde, encore excisée, encore battue, encore sous le joug de l'homme simplement parce que, physiquement, il est plus fort qu'elle?

    Là tu pars dans le féminisme, occupe-toi plutôt de tes affaires. Tu es née pour évoluer, pour dépasser des peurs, des blessures. Tu n'es pas née pour prendre sur tes épaules les problèmes des femmes de la terre entière. Les mouvements féministes permettent à la société d'évoluer dans toujours plus d'équilibre, d'harmonie. Dans un premier temps, celles qui ont jeté leurs soutiens-gorges dans la Seine ou qui ont détesté l'homme, relégué au rôle de l'empêcheur de tourner en rond, celles-là ont mis en marche un mouvement en vue de rétablir un équilibre des individus. Mais le battant de la cloche est allé trop loin de l'autre côté. L'harmonie entre l'homme et la femme se trouve au milieu et non dans un des deux extrêmes. Ni les misogynes ni les misandres ne marchent dans la bonne direction. Ne pas aimer la moitié de soi-même, masculine ou féminine, ne peut amener sur le chemin du bien-être.

    Je saisis. Ainsi, la douleur, le malaise, la maladie que tu m'envoies peut aussi venir de ma relation avec les autres?

    La plupart du temps c'est le cas. Nous te servons à avancer dans la vie. En avançant, tu croises forcément beaucoup de monde. Chacun est là pour te montrer quelque chose de toi-même, surtout ceux avec lesquels la relation est plus difficile.

    Cela me fait penser à une jeune fille. Ses journées étaient si remplies qu'il ne lui restait pas une seconde pour elle-même. L'école la journée, des entraînements de basketball comme monitrice certains soirs et comme joueuse d'autres. Les samedis et les dimanches étaient occupés par des matchs, monitrice ou joueuse.

    Nous nous souvenons, elle est de ta famille. Un soir, elle s'est cassé la cheville. Elle voulait un peu plus de temps pour elle. Elle voulait aussi que l'on s'occupe d'elle. Elle aurait pu dire non, c'est trop. J'arrête l'entraînement des juniors ou j'arrête les matchs. Mais il fallait justifier, dire pourquoi. Quelque part, cela paraît plus facile de se casser une cheville plutôt que de dire non.

    Je comprends son point de vue. Avec l'accident, il y a toujours un cadeau. Elle ne pouvait plus se déplacer seule. Elle a eu besoin de plus d'attention de la part de son entourage et je l'ai vue très heureuse de cela. De plus, elle avait également plus de temps pour elle.

    Il serait préférable que la prise de conscience d'une situation difficile pour la personne survienne avant l'accident. Cela nous éviterait bien des désagréments.

    Et quand la douleur aux pieds survient uniquement lorsque je suis couchée?

    La douleur t'empêche quoi?

    De me reposer.

    Il doit y avoir une manière de penser qui n'est pas bonne pour toi. Rappelle-toi que ce n'est jamais l'action qui pose problème, mais le regard que tu portes sur elle. Tu veux te reposer et n'y parviens pas parce que la douleur t'assaille? Quelle est ta manière de penser au sujet de ceux qui se reposent?

    Ils ont raison de prendre du bon temps.

    Pourquoi parles-tu de bon temps, nous te parlions de repos?

    C'est la même chose.

    Non. Prendre du bon temps, n'y a-t-il pas un côté flegmatique, voire paresseux là dessous?

    Oui

    Si pour toi, te reposer signifie être paresseux, il y a problème pour nous. Vérifie ta façon de penser au sujet du repos. Après une journée de travail, après un effort physique intense, ou simplement parce que tu en as envie, le repos n'est-il pas bienvenu? Régénérateur de ton corps et de tes pieds? Il ne peut être bien vécu si tu y associes la paresse.

    Je comprends, et je vois aussi pourquoi j'ai des douleurs aux pieds quand je suis étendue.

    Que penses-tu de ton contact avec la terre? Nous sommes là pour te relier à la terre, que fais-tu de cela?

    A la terre? Les pieds sur terre, garder le contact avec la terre, ici et maintenant, c'est cela?

    Exact. Si nous restons branchés à la terre, le reste du corps en sera bénéficiaire. Cela évitera à notre partenaire la tête de partir comme elle aime le faire, dans la lune et de nous laisser là, comme sans âme, comme un automate.

    C'est facile à dire, moins facile à faire. Rêver, c'est bien agréable. Cela permet d'échapper aux contraintes d'ici bas.

    Tu auras bien le temps de t'échapper quand tu seras morte. Pour l'instant tu vis ici, alors pourquoi ne pas profiter de toutes les belles leçons que tu peux apprendre au contact de la terre, des minéraux, des végétaux, des animaux, des hommes…

    Le tout est dans l'un. L'un est dans le tout. J'ai lu cela quelque part.

    Faire partie du tout en gardant son individualité. Choisir son chemin en connaissance de cause, en connaissance de soi-même. Aller dans une direction en te donnant le droit de changer d'avis si cela ne te satisfait pas. Il n'y a pas de faux chemin. Il n'y a pas d'erreur. Il n'y a que des expériences. Souviens-toi, [Si tu perds, ne perds pas la leçon].

    A propos des Chinois, pourquoi ont-il si longtemps bandé serré les pieds de leurs femmes?

    Soi-disant pour l'érotisme et l'esthétisme, ils enfermaient, emprisonnaient la femme dans la dépendance face à l'homme, en limitant sa mobilité. Mais les occidentaux n'ont rien à leur envier puisque longtemps porter des talons hauts c'était féminin et séduisant. Il semble qu'aujourd'hui, en deux mille quatre, cette mode revienne.

    Les schémas de beauté ont la vie dure. Les habitudes sont tenaces. Quand je me regarde dans la glace avec des talons hauts ou avec des chaussures fermées et plates, mon œil me dit que le talon haut est plus joli.

    Les critères de beauté changent. D'où cela vient-il, d'une somme de pensées identiques. Nous te suggérons fortement de revoir tes critères de beauté plutôt dans le sens de ton choix personnel et non de la mode.

    Encore une fois, le choix, la décision. Il m'est arrivé aussi d'avoir des douleurs aux pieds dans une situation professionnelle conflictuelle. J'avais peur pour mon avenir, peur d'une [mise à pieds].

    Comme par hasard… Mais Albert Einstein le dit [hasard est le nom que Dieu emprunte lorsqu'il voyage incognito].

    Vous voulez dire que Dieu y est pour quelques chose?

    Dieu, l'énergie universelle, la loi de cause à effet, la loi de la transformation, à un moment donné il a émané de toi une énergie signifiant qu'un changement était devenu nécessaire, soit parce que ce que tu avais à faire à cet endroit était terminé, soit parce que tu avais peur de la suite. Les circonstances importent peu.

    Tout arrive inéluctablement? On ne peut pas modifier la trajectoire.

    Par expérience, nous pouvons dire que nous pouvons choisir les moyens de transport, plus ou moins confortable, l'itinéraire en droite ligne ou par les petits chemins, mais que la destination est la même.

    Laquelle?

    Retourner à la source, à l'énergie, à la lumière, puis continuer son évolution.

    Laissons-là ce sujet où l'élément essentiel est la foi.

    Il y une situation où nous sommes d'accord toi et nous. Nous n'aimons pas nous faire marcher sur les pieds.

    Heureuse de vous l'entendre dire.

    Un conseil tout de même. Ne nous laisse pas reposer dans les endroits où tout le monde marche, sur le passage, cela nous évitera le désagrément. Prévenir vaut mieux que guérir…


    Votre corps, par les malaises et maladies, a quelque chose à vous dire... Converser avec...

    votre coeur   votre sang
    votre peau
    vos poumons
    votre tête vos yeux vos oreilles
    votre bouche votre nez votre gorge vos bras vos mains
    votre dos vos seins
    votre estomac
    votre ventre votre sexe
    vos fesses vos cuisses vos genoux vos jambes vos pieds

     

    Tiré du livre "Conversations avec mon corps", de Christiane Kolly

    Vous pouvez copier en mentionnant l'auteur et le site.


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    En bleu, c'est la personne, en rose, c'est la partie du corps

     

    Je manque d'air parfois, pourquoi?

    Nous ne cessons de travailler pour filtrer l'oxygène qui répand la vie à travers six cent millions d'alvéoles enveloppés de chair et qui élimine de ton corps les déchets gazeux. Nous sommes les piliers de la vie et nous te soutenons, même dans les conditions les plus horribles, que tu crées toi-même.

    Je ne crée rien du tout, j'ai de la peine à respirer, à inspirer assez d'air parfois, c'est une impression de manque.

    Y aurait-il quelqu'un qui [te pompe l'air]?

    Cela arrive, comme tout le monde.

    Impossible, de l'air il y en a assez pour tous. Cela ne se passerait-il pas dans ta tête? Et pourquoi accuses-tu les autres de prendre ton air, le réservoir est inépuisable. La qualité est parfois discutable, mais la quantité y est.

    Avec ma tête je suis d'accord, mais je le ressens dans mon corps, ce symptôme, ce n'est pas une affabulation…

    Nous avons un lien direct avec la vie, le désir de vivre, la capacité de bien vivre. Que vis-tu mal dans le moment présent?

    Depuis plusieurs années, je vis une situation d'instabilité professionnelle. Dans ma tête, je me dis que je suis forte, que je peux supporter ces nombreux changements vécus. Peut-être que dans le fond, ma préférence irait à une situation sans souci financier, une bonne situation comme on dit. Et pourtant quand j'ai choisi de nouveaux objectifs, c'était en connaissance de cause. Je savais que le domaine allait m'amener à une situation moins stable que le commercial.

    Tu te fais du soucis pour ta survie? Nous devenons ce que nous pensons, a dit le Bouddha. Peut-être est-ce parce que tu penses que c'est un domaine moins stable que ça l'est pour toi?

    J'ai admis que ma vie est le résultat de mes pensées. Il faudrait être attentif tout le temps à ne jamais émettre de pensée négative. Je n'y arrive pas tout le temps. Je me sens parfois découragée et triste. Je tente depuis toujours de me convaincre que la vie est belle, que je suis optimiste, mais au fond je me raconte des histoires et je les raconte aussi à mon entourage.

    Tu commences à y voir plus clair, c'est déjà le début d'un mieux-être. Dis-toi que pour le moment, tu en es là. Tu n'es pas encore capable d'avoir une confiance incommensurable et de vivre le moment présent comme savent le faire les oiseaux. Se posent-ils la question de savoir ce qu'ils mangeront au prochain repas? Non, ils mangent, et puis ils se reposent, construisent leur nid, couvent.

    Les animaux n'ont pas ce que l'humain appelle intelligence. Il m'arrive de me dire qu'ils doivent s'en porter beaucoup mieux.

    Ne sois pas amère. Il nous semble que tu es sur le chemin pour parvenir à mieux respirer. Chaque petite victoire sur la tristesse et sur le découragement est un pas vers l'harmonie.

    Dorénavant, lorsque je ressentirai cette oppression, ce sera la sonnette d'alarme pour chasser les pensées négatives.

    Il était temps de faire quelque chose avant d'arriver à penser qu'il est préférable d'être morte que vivante parce que c'est plus simple. Une personne qui le pense perd ses désirs, carburant essentiel du corps émotionnel. Garde l'enthousiasme [dans l'Antiquité Délire sacré, inspiration divine ou extraordinaire], rejoins-le au fond de ton cœur, car c'est là qu'il se trouve.

    Le chemin le plus long, celui qui mène de la tête au cœur, toujours le même…

    Par ce malaise, nous te disons d'aspirer à la vie. Au lieu de dramatiser, vois le bon côté de ta vie et toutes les possibilités de bonheur qui existent.

    Cette impression de manque d'air c'est le contraire de l'aérophagie?

    En effet, quelqu'un qui souffre de ce trouble s'efforce de trop aspirer à la vie. Il veut aller au-delà de ses limites et n'est pas lui-même.

    Et les asthmatiques?

    C'est un accès d'étouffement qui survient lors de l'expiration, difficile chez eux. Ils gardent l'air à l'intérieur, se contractent, ressortent l'air avec peine. La réaction de l'extérieur leur pose problème et ils peuvent avoir de la difficulté à s'adapter à une personne ou une situation.

    Et l'apnée, arrêt involontaire de la respiration?

    La personne bloque la circulation de la vie (oxygène) et se retient trop (gaz carbonique) de se reposer. Quelle attitude a-t-elle face au repos? Ou face au travail si les apnées se produisent au travail, ce qui est plus rare? Si les apnées deviennent trop fréquentes, c'est l'angoisse car il peut s'ensuivre une asphyxie…

    Ils sont nombreux, les malaises que vous provoquez… L'hyper ventilation, c'est quoi le message?

    Il y a surplus d'oxygène apporté à l'organisme. La personne a peur de perdre le contrôle. Elle se retient trop, ne se laisse pas assez aller à ce qu'elle vit. Elle aurait intérêt à éviter les situations qui lui en demandent trop. Qu'elle aille graduellement vers l'inconnu, sans vouloir aspirer la vie trop vite et expérimenter tout à la fois.

    Quand je vous regarde, sur un dessin et à l'envers, vous ressemblez à un arbre…

    Dans la nature, l'arbre est le poumon de la terre. Il respire l'air, mais aussi l'énergie. L'homme respire l'air et, bien plus qu'il ne le croit, l'énergie.

    Je fume, quel est votre avis sur la question?

    Tu peux te demander ce qui te pousse à rendre toxique, à plus ou moins forte dose, l'air que tu respires? Tu bénéficies d'un système de défense divinement pensé… L'air en passant par le nez se réchauffe, il est filtré par les poils et humidifié par le mucus qui capte certaines poussières. Il pénètre ensuite dans les bronches où il est à nouveau filtré. Les déchets sont ensuite expulsés par le nez en te mouchant et par la toux. Que tu choisisses de lui donner un surplus de travail, c'est ton affaire. Est-ce bien raisonnable?

    Touchée. Autre chose, pourquoi m'arrive-t-il de ne pas oser [broncher]?

    En métaphysique, les bronches ont un lien avec la famille. Vis-tu une difficulté ou es-tu en réaction à ta famille?

    J'ai la chance d'être née dans une grande famille. Il m'arrive évidemment de ne pas être d'accord avec l'un ou l'autre membre de cette famille. Je ne le dis pas toujours, je n'aime toujours pas la controverse!

    Tu pourrais prendre la vie avec plus de joie et de simplicité! Arrête de prendre trop au sérieux ce qui se passe dans ta famille. D'ailleurs, il n'existe pas de famille où tout le monde est d'accord tout le temps.

    Je sens quelquefois la pression, je suis un peu [sous influence] des manières de vivre et des idées de la tribu.

    Vis ta vie comme tu l'entends, ne te laisse pas influencer par les manières de penser, les désirs, les croyances des autres membres de la famille. Permets-toi de broncher, de réagir sans te sentir coupable parce que tu es parfois différente. Affirme-toi, prends ta place, ton territoire. Vivre et laisser vivre. La liberté de chacun commence là où s'arrête celle de l'autre, il te reste à trouver où cela se trouve.

    Il m'est arrivé plusieurs fois de passer [en jugement] pour n'avoir pas agi comme un digne membre de cette tribu et j'en garde un souvenir désagréable…

    Garderais-tu de la rancune, de la rancœur, pire un désir de vengeance?

    Je ne crois pas. De la vengeance non. Il me reste de la peur que cela ne recommence…

    Tu as pardonné à ceux que tu accusais de t'avoir fait souffrir. T'es-tu pardonné à toi-même?

    C'est peut-être là où le bas blesse.

    A chaque moment de ton existence, tu as fait du mieux que tu pouvais. Tu avais peut-être des attentes. Tu t'attendais à ce que les autres acceptent tes virages. Leur as-tu seulement parlé? Leur as-tu dis les attentes que tu avais?

    J'ai longtemps eu de la difficulté à dire les choses. J'imaginais qu'ils devaient sentir que j'étais malheureuse, que j'avais besoin de leur soutien. Demander, c'était difficile.

    Et tu fais du développement personnel? Dire les choses, communiquer et s'assurer que l'autre a bien compris, c'est déjà un défi. Ne rien dire, c'est l'autoroute de la mésentente.

    C'est vrai. Savoir dire, je m'améliore, je fais de mon mieux. Je parle avec mes peurs et me bouscule pour aller vers les personnes et leur parler de ce que je ressens, de mes besoins et de mes attentes. Le chemin est encore parsemé d'embûches. La liberté de l'autre étant aussi de dire non je ne suis pas d'accord, je comprends et j'accepte toujours mieux. Ils vivent à leur façon et moi j'aime qu'ils me laissent vivre à la mienne.

    Et grâce à cela, tu es de moins en moins souvent [grippée]?

    La grippe, cela vous concerne aussi? Se faire une bonne grippe, une grande fatigue des courbatures de la fièvre avec une toux quinteuse et des maux de tête en plus d'un rhume. Il y a un cadeau avec tout cela, une semaine à rester à la maison au chaud au lit, à prendre soin de sa personne ou mieux, à se laisser soigner, bichonner.

    Tout le système respiratoire se met en déroute pour faire comprendre à la personne que rien ne va plus, qu'il y a sur le moment une situation où sa manière de penser n'est pas la bonne…

    Avec du recul, je repense aux grippes que j'ai eues durant ma vie professionnelle. Les symptômes survenaient lorsqu'il existait des conflits.

    Avais-tu de la difficulté à dire, encore?

    Bien entendu.

    Te sauver d'une situation par une maladie, cela ne fait que reporter le problème à plus tard. Les humains comprennent des choses sans les dire, heureusement. Après une grippe, l'entourage de la personne est plus prévenant. Il reste à garder à l'esprit que le vrai désir de la personne est de travailler avec une attitude intérieure différente. Avais-tu tendance à faire la victime.

    Comme le mot résonne en moi… Je ressentais de l'injustice et me trouvais victime d'un système, d'une situation, d'une personne, les autres étaient responsables, les autres ne comprenaient pas et moi j'étais la victime.

    Tu sais aujourd'hui qu'en face du comportement de victime, il y a automatiquement un comportement de bourreau, c'est l'énergie développée par la personne qui entraîne cela.

    Il m'a fallu des pleurs et des grincements de dents pour le comprendre enfin. Se poser en victime n'amène que désillusions et tristesse, le sentiment de n'avoir pas la maîtrise sur sa vie, de dépendre toujours du bon vouloir, de la gentillesse, de la protection, de la compréhension des autres. C'est un jeu de pouvoir où il n'y a, à la fin du compte, que des perdants. Le rôle de bourreau n'est d'ailleurs pas plus enviable.

    Nous voyons que les nombreuses leçons ont porté leurs fruits de sagesse.

    J'ai dramatisé les situations, j'ai pris les personnes en grippe. Je tiens à leur dire ici que j'en suis sincèrement désolée, consciente des nombreuses tracasseries que je leur ai causées.

    Te pardonnes-tu à toi-même, ce qui est tout aussi important pour ta joie de vivre et ton lâcher prise futurs.

    Si je pouvais refaire les choses, ce serait différent, comme c'est impossible, je me dis que j'ai fait de mon mieux, avec ce que je savais. Je me pardonne, je m'y efforce.

    Le temps est le meilleur baume de tous les tourments. La leçon semble apprise, c'est l'essentiel.

    Cela veut-il dire que toutes les personnes qui ont la grippe peuvent prendre la même leçon? Et les épidémies, elles sont virales?

    Tout le monde n'attrape pas la grippe. Les gens qui n'ont pas ce problème relationnel, soit en famille soit au travail, ou qui l'on mais savent le traiter le résoudre, n'attrapent pas la grippe. La maladie, c'est le résultat d'une manière de penser commune à un groupe de personne par rapport à des situations qui peuvent se comparer.

    Ce sont quand même les médicaments qui viennent à bout d'une grippe tenace?

    Le fait de s'arrêter doit permettre de prendre conscience des choses. A l'arrêt, l'homme réfléchit plus clairement. L'intervention d'un médecin, le diagnostic, la prise de médicament, tout cela amène la personne à guérir. La plupart des médecins s'inquiètent du corps physique, mais vous demande aussi comment va votre vie, si vous avez des problèmes à la maison, au travail. Ils savent que le corps physique est relié au corps émotionnel et au corps mental.

    Le corps médical fait des merveilles. Parlons encore du rhume des foins qui affecte de plus en plus de monde.

    Chaque année à la même période, une vieille blessure se réveille au moment où les plantes libèrent leur pollen. La personne peut se demander quel incident difficile à vivre s'est passé la première fois qu'elle a eu ce malaise. Que n'a-t-elle pas voulu sentir? Il est peut-être temps de faire un processus de pardon. Alimenter année après année de la rancune vis à vis d'une personne n'est pas bon pour elle. Chacun est responsable de sa propre souffrance et rejeter la faute sur les autres ne permet pas d'avancer. Etre responsable de ses actes, de ses souffrances et voir l'autre comme le déclencheur, voilà qui est plus confortable et qui permet d'aller vers plus de bien-être, plus d'harmonie, plus de santé.

    Merci les poumons, et pour vous, je me souviens d'un exercice. Conseil: Pratiquer les exercices de préférence au réveil puis avant d'aller au lit pendant 5 minutes. Méditation assise. La respiration est calme et tranquille. Faire venir la paix et l'harmonie en soi. Le dos est droit naturellement. La pointe de la langue touche le palais. Exercice 1. Les yeux ouverts. Inspiration profonde par le nez. Puis expiration longue par la bouche. Minimum 3 fois. Exercice 2. Les yeux fermés. Relaxation, laisser respirer. Minimum 5 minutes. Exercice 3. Reprendre l'exercice 1.


    Votre corps, par les malaises et maladies, a quelque chose à vous dire... Converser avec...

    votre coeur   votre sang
    votre peau
    vos poumons
    votre tête vos yeux vos oreilles
    votre bouche votre nez votre gorge vos bras vos mains
    votre dos vos seins
    votre estomac
    votre ventre votre sexe
    vos fesses vos cuisses vos genoux vos jambes vos pieds

     

    Tiré du livre "Conversations avec mon corps", de Christiane Kolly

    Vous pouvez copier en mentionnant l'auteur et le site.


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