• Fribourg Demain

    Fribourg DemainBonjour Françoise Knopf (FK) et Myriam Winniger (MW),
    Vous êtes ici en tant que représentantes de "Fribourg Demain". D'abord Myriam Winniger, quelques mots sur vous-même et dites-nous ce qui vous a amenée à faire partie de Fribourg Demain ?

    MW : Je suis mère de 3 enfants. Tout m'intéresse : la thérapie, le développement personnel, l'amélioration des conditions de vie, l'écologie. La marche pour le climat en novembre 2015, puis le film "Demain" ont permis de belles rencontres qui ont vu germer cette idée "Fribourg Demain". Un bel enthousiasme nous a amenées à nous poser des questions sur l'avenir et nous avons voulu faire quelque chose, rassembler, informer.

    Et vous Françoise Knopf ?

    FK : C'est l'envie de participer, d'être actrice de la vie sociale qui m'a amenée à oeuvrer avec ce groupe. J'ai travaillé longtemps dans une entreprise locale. Alors que j'étais proche de la retraite, j'ai dit stop. Le fonctionnement de cette société ne me convenait plus et j'ai alors passé en retraite anticipée. Après m'être penchée sur des réflexions personnelles, ce que je voulais vraiment, dans quel domaine je désirais m'investir, avec mon côté artiste, mon côté qui aime l'introspection pour comprendre ses modes de fonctionnement, je me suis retrouvée avec le groupe de femmes de Fribourg Demain pour contrer ce mouvement galopant, face au dérèglement climatique, face à l'utilisation abusive des ressources sur terre. J'ai pris conscience qu'il fallait faire quelque chose.

    Fribourg Demain c'est quoi ? Une association, un groupe, une initiative ? Et comment cela fonctionne-t-il ?

    FK : C'est la réunion à l'origine de 5 femmes de la ville de Fribourg, intéressées et conscientes que l'on peut être acteur. Avec nous deux, Nadine Ladessus, Professeur de yoga, Jacqueline Echanove et Dounia Keller font partie de cette équipe. Après ce film la question était de savoir quoi faire ?

    Quelle est votre base de fonctionnement ?

    FK: Nous n'avons pas de statuts ni aucun règlement. Nous sommes une équipe qui s'est réunie pour définir ce qui était bon pour nous de mettre en avant. Créativité pure. Laisser tomber les schémas qui bloquent parfois des associations. Nous ne voulons pas être politisées, nous voulons être libres de pouvoir proposer des rencontres. Notre but est là : faire se rencontrer les gens qui ont de bonnes intentions.

    Justement, quels sont vos buts principaux ?

    MW : Faciliter les échanges entre citoyens sur des thèmes comme la santé, l'économie, ceux qui sont ressortis du film "Demain", mais aussi la démocratie, l'éducation.

    Quels sont vos moyens ? Et comment fonctionnez-vous ?

    MW : Nous n'avons aucun moyen. Chaque fois que nous nous rencontrons, nous faisons passer un chapeau, au bon coeur des personnes présentes, pour les frais.

    FK : Lors de nos rencontres, par exemple au Nouveau Monde, la salle nous a été quasiment offerte.

    Quelles actions avez-vous déjà organisées, quel a été votre public ?

    MW : A la suite de "Demain", nous avons mis un écriteau au cinéma Rex à Fribourg où le film est resté durant plus de 3 mois à l'affiche. "Vous avez aimé le film Demain, venez nous rejoindre tel jour à telle heure pour en parler". Mais combien de personnes allaient-elles venir ? Nous n'en avions aucune idée. Et bien la première fois, il y en a eu 110.

    Comment avez-vous défini le lieu ? Et qu'aviez-vous prévu durant cette soirée ?

    FK : Nous avions trouvé deux salles à l'Arsen'alt au coeur du quartier d'Alt, près de l'Université de Fribourg. Nous avions mis des panneaux et nous attendions les gens, sans savoir combien de personnes allaient venir. Et il y a eu plus de 100 personnes. Nous les avons fait rêver. L'idée n'était pas de savoir ce qui était bien ou mal. L'idée était de dépasser cela et que le citoyen puisse rêver sa ville de demain, d'où le nom : Fribourg Demain. Chaque personne pouvait amener son rêve, même le plus farfelu, parler de son envie de participer à une action pour que la ville et sa vie soient plus belles, tout en respectant le côté environnemental avec l'épée de Damoclès suspendue au-dessus de nos têtes, le réchauffement climatique. Nous nous étions rencontrées plusieurs fois avant pour préparer cette soirée. Dans l'état actuel des choses, nous ne savons absolument pas comment et dans quelle direction notre travail va évoluer. Une association, une coopérative, nous ne le savons pas. Pour l'instant nous laissons aller ce mouvement que nous avons lancé avec un élan du coeur. Cela correspondait à un besoin de plusieurs personnes puisqu'à l'heure actuelle, il existe 9 groupes qui sont actifs à Fribourg.

    MW : Nous ne voulons en aucun cas prendre une forme de pouvoir. Nous voulons simplement faciliter le fait que les gens deviennent acteurs de leur vie, qu'ils prennent des initiatives, des responsabilités.

    FK : Les gens se sont inscrits lors des rencontres, nous avons créé une infolettre que nous publions environ une fois par mois.

    Vous pouvez vous inscrire sur ce lien :
    tinyurl.com/infolettre-fd

    Vous pouvez également consulter le résumé des groupes sur : tinyurl.com/FribourgDemain-groupes

    Grâce à cela, nous avons maintenant un carnet d'adresses de plus de 450 personnes.

    Vous parlez de 9 groupes à Fribourg, êtes-vous l'un des 9 groupes ?

    FK : Non, nous sommes les facilitatrices... Chaque groupe fonctionne indépendamment de nous. Parmi ces 450 personnes, des groupes se sont constitués, des personnes ont organisé des rencontres pour chacun dans leur domaine créer quelque chose. Nous sommes vraiment le noyau de facilitatrices juste pour donner le coup de pouce de la rencontre. Nous sommes le ciment de toutes ces briques.

    Ce film a créé partout dans le monde un peu cet effet, avez-vous des liens avec d'autres villes, d'autres pays ?

    FK : Nous nous sommes impliquées pour notre ville en premier. Il est vrai que parfois ça déborde un peu, Fribourg et agglomération nous allons dire. Nous sommes bien évidemment attentives à ce qui se passe ailleurs, mais l'idée reste de favoriser des actions locales. Ce serait facile de se perdre, il y a des idées géniales partout, notre intérêt est de rester dans notre environnement proche et d'améliorer cette qualité de vie-là, d'être cette ville en transition, d'aller vers un fonctionnement sans le pétrole, vers une énergie propre.

    MW : Nous aurons par exemple à l'Hôtel de Ville de Bulle, le 30 novembre à 19h00, une conférence "Prendre soin de la Terre et nourrir les Hommes", avec 2 chercheurs passionnés et passionnants en microbiologie des sols, Lydia et Claude Bourguignon. Il sera question aussi de différents documentaires comme "Solutions locales pour un désordre global".

    Qu'avez-vous déjà concrètement mis en oeuvre ?

    MW : Un de nos groupes a mis en place un magasin dont les produits sont disponibles sans emballage "Atout vrac" dans la ville de Fribourg, à la Grand-Rue 10. Une dizaine de femmes se sont mobilisées. Elles ont débuté sans un franc. Le financement participatif a bien fonctionné et les gens ont adhéré à 200 % très rapidement. www.atoutvrac.com

    FK : "Art et Culture" est un mouvement qui a mis en place un système de boîtes à livres dans la ville de Fribourg. Vous pouvez y déposer les livres que vous ne lisez plus. Vous pouvez aussi vous servir de ceux qui sont là. Il en existe 6 de ces boîtes dans la ville. Un projet est en cours pour la ville de Bulle. 
    Vous voyez, chaque groupe, dans son domaine, propose des activités. Nous n'interférons pas. Nous distribuons les informations que les groupes nous donnent, le plus largement possible. Nous sommes la plate-forme qui permet la communication.

    MW : A titre personnel, nous participons par exemple à "Jardins Urbains". Des projets sont en cours pour cultiver dans des bacs, dans des endroits où actuellement il ne se passe rien. Il existe également un groupe des "Incroyables comestibles". La "Maison des générations futures" à Fribourg dans le quartier de Beaumont, route de la Veveyse 5a, existe depuis 2013 et fait de la promotion pour la santé, le développement, l'écologie... www.maison-generations-futures.com

    La permaculture fait aussi partie de nos équipes. A ce sujet, ne manquer pas le film, samedi 15h45 dans le hall "Le Jardin du Pissenlit fort urbain". Michel Woeffray, un spécialiste qui sera présent nous a précisé que ces jardins se font en commun et que chacun ensuite peut aller se servir. Sur un terrain en friche, actuellement libre mais qui ne le restera certainement pas, 30 bénévoles ont travaillé sur ce jardin près de la gare de Bulle.

    Organisez-vous une assemblée annuelle, pour notre public qui serait intéressé à y participer ?

    FK : L'idée bien évidemment était de refaire une réunion. Mais votre salon est l'occasion idéale pour chacun de venir nous rencontrer au stand no 205 et de venir à notre conférence de samedi à 18h15. Tous les groupes seront là pour répondre à vos questions.

    Parlez-moi d'avenir ?

    FK : Et bien d'abord nous allons profiter de cette belle opportunité qui nous a été donnée d'être invité d'honneur à votre salon pour continuer à faire rêver les gens. Chacun pourra indiquer sur une fiche son rêve pour demain. Nous allons collecter ces précieuses informations et par la suite faciliter la création de groupes de personnes qui rêvent dans le même domaine.

    Dans vos rêves les plus fous, que rêvez-vous pour demain ?

    FK : Que nos rêves soient entendus par les édiles. Que beaucoup d'oreilles attentives de nos politiques oeuvrent de façon à ce que nos activités aient une possibilité d'extension, pas seulement au niveau des petits groupes, mais au niveau de la ville.

    MW : Travailler ensemble, créer une ouverture au niveau des partis politiques. Participer à la vie politique d'une manière qui reste peut-être à définir, "Génération nomination" un de nos groupes qui milite en faveur d’une plus grande participation citoyenne à la démocratie, en soutenant un grand oublié pourtant plébiscité par les pères de la démocratie : le tirage au sort, se penche sur la question. Une plus grande écoute du citoyen, une autre manière, un autre fonctionnement. Nous sommes dans une créativité pure, un système à imaginer...

    Un dernier rêve fou ? Si vous aviez une baguette magique ?

    MW : Que le pouvoir de l'argent se transforme en solidarité. Tiens, vivre comme dans le film "La Belle Verte" de Coline Serreau. Pourquoi en arriver à s'entre-tuer ? Pourquoi ne pas partager ? Soyons optimistes ! Il existe une solidarité croissante. Faisons grandir ce bel élan. Arrêtons la compétition, la concurrence à tout prix. Faisons ressortir le bon en chacun. Apprenons cela, dans les écoles déjà !

    Pour conclure, une phrase chacune ? Je peux commencer en vous disant une citation d'Albert Schweizer que j'adore : "L'exemple n'est pas le moyen le plus important pour influencer les hommes, c'est le seul".

    FK : "Quoique tu rêves d'entreprendre, commence-le. L'audace a du génie, du pouvoir, de la magie. Et c'est de von Goethe.

    MW : "Tant qu'il y a de la vie, il y a de l'espoir".

    Merci à toutes les deux.

     


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