• Converser avec votre ventre

     

    En bleu, c'est la personne, en rose, c'est la partie du corps

     

    Le ventre, il s'y passe tant de choses et pour une femme, il est souvent difficile de ressentir si les douleurs proviennent de l'appareil génital ou des intestins!

    Il suffit peut-être de prendre la peine d'écouter vraiment son corps… Se poser un moment et ressentir la douleur, l'apprivoiser et même tenter un dialogue avec elle, pourquoi pas!

    Parler avec une douleur, tu plaisantes?

    Cela nécessite un immense lâcher prise, calme et détente pour pouvoir communiquer avec une partie profonde de soi qui sait.

    La relaxation, la méditation?

    Exact. A part cela, j'ai une question. Pourquoi utilisez-vous parfois l'expression [se mettre à plat ventre], cela me paraît assez difficile et de plus très incommode dans la vie de tous les jours.

    Il faut le prendre au sens figuré, cela signifie s'humilier par intérêt, c'est un rapport entre deux individus. Laisser une partie de son pouvoir à l'autre pour obtenir en échange protection, opportunités financières ou tout autre retour possible, c'est selon les cas.

    C'est une manière d'arriver à ses fins qui me semble discutable! Pourrais-tu éviter d'utiliser ses termes, au sens propre, difficile à réaliser pour moi.

    Et que penses-tu de [passer sur le ventre]? Comme les tanks ou les bulldozers écrasent pratiquement tout sur leur passage, cela signifie écraser l'autre.

    Ça aussi, douloureux? Au figuré également.

    [Danser sur le ventre] est plus joli? Mais le résultat escompté est le même, juste un peu plus léger.

    Evite l'expression s'il te plaît, tant pour celui qui danse que pour celui sur qui on danse, l'exercice ne donne rien de bon.

    Tu ne dois pas aimer non plus [courir ventre à terre] qu'on utilise pour dire aller très vite.

    Il me semble que l'expression conviendrait mieux aux animaux qu'aux humains.

    J'anticipe en disant qu'[avoir les yeux plus gros que le ventre] veut dire vouloir manger plus qu'on ne peut. J'éviterai aussi…

    Je préfère quand tu mets [du cœur au ventre], du courage, de l'énergie plutôt que d'entendre dire [il n'a rien dans le ventre].

    Il est lâche, peu courageux.

    Rien dans le ventre, ce n'est pas possible. Même de l'air, c'est quelque chose. A ce sujet, j'ai une information d'importance capitale. La respiration abdominale est la condition principale d'une harmonisation entre le cerveau et moi. Certains me nomment second cerveau.

    Tu ne crois pas que tu te prends la tête, ô pardon, que tu te prends trop au sérieux. Bien sûr, certains prétendent que tu es capital, je pencherais plutôt pour l'idée de l'hologramme.

    Je suis bien d'accord. Tu nous donnes une explication quant à l'holographie?

    L'holographie est une technique qui consiste à prendre en photo un objet par un rayon laser et d'en obtenir un cliché. Remis dans son contexte lors de la prise de vue, cet objet, l'hologramme, apparaît en relief. Dire que le corps humain fonctionne comme un hologramme, c'est dire que chaque partie du corps contient des informations par rapport à la totalité.

    Cela expliquerait que, dans les thérapies alternatives, l'approche peut venir de plusieurs endroits: l'iridologie, par l'iris de l'œil, la réflexologie facial par le visage, l'holopsonie par l'oreille et les sons, la rebirththérapie par la respiration et les poumons, la réflexologie ou la méthode Grinberg par les pieds, le développement personnel par une approche plutôt mentale et émotionnelle.

    La liste pourrait encore s'allonger. Mais revenons à toi. A part les organes génitaux avec qui j'ai un long dialogue dans un autre chapitre, il y a quoi dans ton antre?

    L'intestin grêle qui mesure six mètres de long. Il fait un travail fondamental, il s'occupe de la dernière transformation des éléments nutritifs avant qu'ils ne passent dans le sang. Le reste, qui n'est pas assimilable passe dans le gros intestin. C'est un peu un douanier. Il laisse passer telle information et rejète telle autre, avec subjectivité.

    Quels sont les messages d'un dysfonctionnement de l'intestin grêle?

    Voici les questions que tu peux te poser. Es-tu en train de juger quelqu'un en fonction de tes propres valeurs? De ta version personnelle du bien et du mal? Du tort ou de la raison? Es-tu venue sur terre pour ta propre évolution ou pour passer ton temps à porter des jugements sur les autres en campant confortablement sur tes positions?

    Je pense qu'un égoïsme sain est préférable à un altruisme paternaliste, directif, sauveur.

    Bien. Il est toujours plus difficile de s'occuper de ses affaires que de celles des autres. Seulement c'est de ton évolution qu'il est question et la seule personne qui peut prendre les leçons pour elle-même c'est toi. A quoi auront servi tes conseils, tes affirmations, tes jugements, si ce n'est rendre la relation plus difficile avec les autres.

    Juger les autres est une habitude à rayer de son mental, de son comportement. Revenons aux problèmes d'intestins, l'appendicite, l'inflammation de l'appendice, quel est le message?

    Physiquement, les symptômes sont sérieux, douleurs intenses, troubles digestifs, nausées, vomissements, les intestins arrêtent de fonctionner, les aliments ne sont plus tolérés. Cela peut dégénérer en péritonite, une inflammation encore plus sérieuse.

    Quel est le lien avec la vie de la personne?

    C'est une maladie en [ite], la personne vit de la colère refoulée. Elle ne se sent pas en sécurité, elle est dépendante des autres, elle ne se donne pas le droit de s'exprimer. Quelqu'un la fait [chier], mais elle n'ose pas le dire, le laisser sortir. Elle croit qu'il n'y a pas d'issue possible.

    Une appendicite est souvent soudaine?

    Oui et la personne devrait réfléchir à la situation comme décrite ci-dessus qui s'est passée juste avant sa crise, elle pourrait trouver là la cause de son malaise.

    Et lorsqu'elle l'a trouvée?

    Son corps lui dit de ne pas attendre pour exprimer ce qu'elle vit, ne pas attendre que cela éclate à l'intérieur. Il n'est pas utile de fuir non plus, mais plutôt de vivre cette situation dans l'amour de soi et des autres, en respectant les limites de chacun.

    Ce serait la panacée universelle, vivre dans l'amour de soi et des autres… Dis-moi le ventre, si la douleur est plutôt située vers le haut?

    La personne s'en fait pour les autres, s'en fait trop pour les autres. C'est la région du plexus solaire, une trop grande ouverture peut rendre quelqu'un perméable aux émotions, aux peurs de son entourage et rendre la vie insupportable. Une douleur à cet endroit est la sonnette d'alarme, s'occuper plus de ses affaires, ne pas prendre sur soi les affaires des autres, surtout que, la plupart du temps, l'exercice est aussi douloureux qu'inutile.

    Facile à dire, mais pour quelqu'un qui est psychique, qui ressent les émotions, les peurs, les douleurs des autres, y a-t-il un moyen de [fermer les portes]?

    Je suggère un exercice que voici. Fermer les yeux et prendre quelques grandes respirations jusqu'à l'abdomen. Pratiquer la respiration à quatre temps, inspirer bloquer expirer attendre, en comptant jusqu'à trois, quatre ou cinq selon votre convenance entre chaque étape. Puis respirer normalement. Imaginez, devant votre plexus, deux grandes portes en béton, voyez ces portes se fermer et vous protéger des peurs, des émotions extérieures.

    C'est l'imagination au pouvoir.

    Ces suggestions mentales aideront l'émotionnel et finalement le physique à mieux lutter contre les agressions extérieures, lorsque tu en auras besoin. Cela te prendra cinq minutes et tu iras mieux.

    Bien. Parlons maintenant d'une douleur qui a plus un lien avec la bas du ventre?

    C'est l'endroit où l'on crée la vie, c'est aussi l'endroit où l'on crée sa propre vie. Voici des questions utiles. La personne a-t-elle le pouvoir sur sa vie? A-t-elle envie de créer sa vie selon son goût ou vit-elle dans les habitudes sans avoir remis en question depuis longtemps ses objectifs?

    Etre maître de sa vie, être libre, c'est le désir de chacun, mais avec les années, nous sommes pris dans les habitudes, les habitudes familiales, sociales, professionnelles. Se poser la question fait peur. Réfléchir à ses choix, prendre d'autres décisions peut bousculer tout son environnement et troubler la vie d'autres personnes.

    C'est exact. Je ne dis pas qu'il faut tout envoyer par-dessus les moulins. Je dis qu'il ne faut pas laisser sa vie sur pilote automatique. Réfléchir, redéfinir ses choix ne veut pas dire tout bouleverser. Cependant, laisser aller les choses à vau l'eau, après plusieurs signes de mal être peut s'avérer encore plus douloureux.

    C'est l'éternel juste milieu?

    Je suggère de prendre le temps, une ou deux fois par année, de réfléchir à soi. Il y a un moyen très simple. Tu prends une feuille de papier, horizontalement tu sépares la feuille en trois parties pour le matin, le midi et la soirée, verticalement tu la sépares en sept pour les sept jours de la semaine. Inscris ce que tu fais de tes journées. Tu peux choisir de colorier ta semaine. Rouge pour le travail, orange pour la famille, jaune pour la vie sociale, vert pour toi-même, etc. Regarde ensuite au fil des semaines le temps consacré aux différentes activités. Est-ce vraiment ce que tu veux? Quel est le prix à payer pour en changer?

    C'est cela qui effraie, le prix à payer?

    Je veux dire, si tu remarques qu'il n'y a pas de temps pour toi, parce que tout ton temps est consacré au travail et aux autres, il y a peut-être quelque tir à rectifier.

    Si j'arrête de faire les courses, de préparer les repas, de ranger la table, juste une fois par semaine, qui le fera?

    Ça se discute en famille. Tu peux faire le compte du temps déjà consacré et poser le problème aux autres membres de la tribu. Evidemment que cela bouscule, mais qui va s'occuper de ta vie si ce n'est pas toi?

    Vu sous cet angle! Et si une femme vit seule et décide de faire l'expérience de vivre à deux?

    C'est le même principe. L'objectif est de rencontrer quelqu'un et de faire l'expérience de la vie à deux. Quelle partie de son temps la personne est-elle d'accord d'investir à cet objectif? Dans son emploi du temps actuel, que va-t-elle laisser au profit de son nouvel objectif?

    Tu parles comme un ordinateur, l'amour ça ne se commande pas?

    J'en conviens. Voyons les choses autrement. Une personne est fermée à la possibilité d'une nouvelle relation. Elle critique haut et fort le sexe opposé et passe tout son temps à d'autres activités que celles qui pourraient favoriser une rencontre. Et pourtant son désir profond est de partager sa vie!

    Elle rencontre des gens à longueur d'année mais son cœur reste fermé!

    L'idée est de commencer à imaginer cette nouvelle relation, à la créer dans son cœur. Sentir l'ouverture, être prête à vivre l'expérience, faire une place dans sa vie pour l'autre.

    Faire une place physiquement?

    Aussi, jeter les objets qui encombrent la maison pour rien et faire de la place pour du nouveau. Créer sa vie, savoir ce qu'on veut et mettre en place les conditions favorables à la réussite de l'entreprise.

    Et où elle va le rencontrer, ce conjoint?

    Dieu seul le sait, ou l'univers. Il lui suffit de l'imaginer, d'imaginer sa vie aux côtés de son partenaire. Son mental, son intelligence lui indiquera les moyens qui favorisent cette relation. Sourire si quelqu'un la regarde plutôt que de lever le nez et regarder de l'autre côté. Accompagner une amie à une soirée où il y aura beaucoup d'inconnus. S'inscrire à un club de gymnastique. Aller promener le chien d'une copine en forêt…

    Demander l'heure à quelqu'un qui lui plaît. Provoquer une bousculade et lâcher son sac à main. Et même aller admirer les estampes japonaises si elle a le goût de le faire.

    L'idée de base est de changer ses habitudes pour provoquer une rencontre, il y a tant de personnes seules et malheureuses. Statistiquement, cela semble facile de rencontrer un partenaire potentiel. Humainement, il faut du courage, du ventre pour se remuer de la sorte.

    Et si au bout de quelques semaines, cela ne marche pas?

    La peur de recommencer une expérience douloureuse peut être plus forte que le désir de partager sa vie. Là aussi, je suggère de regarder ses peurs en face, de parlementer avec elles, de les remercier de la mise en garde, de leur demander quelques heures de liberté pour tenter quelque chose de nouveau.

    La peur au ventre, ce n'est pas facile à maîtriser.

    Imagine que c'est un petit enfant. Il veut de l'attention. Si tu le renvoies continuellement sans lui prêter attention, il sera de plus en plus insupportable. Par contre, si tu prends un moment pour parler avec lui, pour le serrer dans tes bras et que tu lui demandes ensuite de te laisser continuer tes affaires, il acceptera. Avec les peurs, tu peux fonctionner de la même manière, je te promets des résultats étonnants.


    Votre corps, par les malaises et maladies, a quelque chose à vous dire... Converser avec...

    votre coeur   votre sang
    votre peau
    vos poumons
    votre tête vos yeux vos oreilles
    votre bouche votre nez votre gorge vos bras vos mains
    votre dos vos seins
    votre estomac
    votre ventre votre sexe
    vos fesses vos cuisses vos genoux vos jambes vos pieds

     

    Tiré du livre "Conversations avec mon corps", de Christiane Kolly

    Vous pouvez copier en mentionnant l'auteur et le site.


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