• Converser avec vos cuisses

     

    En bleu, c'est la personne, en rose, c'est la partie du corps

     

    Aïe! Pourquoi ai-je si mal aux hanches, juste au moment de converser avec les cuisses? Quand j'ai écrit le chapitre concernant la gorge, j'ai eu un mal de gorge qui a duré plusieurs semaines. D'autres endroits également se sont manifestés, le cœur, le dos, l'estomac, ce livre ressemble parfois à un accouchement…

    Tu exagères. Les hanches, c'est l'endroit où nous sommes rattachées au corps. Tu souffres de quels maux exactement?

    Le matin, quand je me lève, je suis comme grippée, il me faut plusieurs minutes avant de pouvoir marcher normalement et les hanches me font mal, ça coince, ça bloque, ça craque…

    Et cela t'empêche de faire quoi dans ta vie?

    Cela m'empêche d'aller et venir comme je veux, de faire les premiers pas facilement, d'aller de l'avant, de marcher en souriant, d'être mobile.

    C'est ton désir bloqué, ton désir profond est celui-là, tu veux être mobile, aller et venir facilement, aller de l'avant, marcher dans une direction en souriant, mais… Au niveau de l'être, cela t'amène à te sentir comment?

    Je me sens handicapée, freinée, retenue… Je démarre avec peine, avec douleurs…

    T'est-il déjà arrivé de te sentir handicapée, freinée, retenue, d'avancer avec peine, avec douleurs?

    Oui, plusieurs fois, professionnellement, quand je pressentais la fin prochaine de la fonction que j'occupais…

    Et après, que se passait-il?

    Il fallait trouver autre chose, recommencer, redémarrer quelque chose!

    Aujourd'hui tu en es à ce même point?

    Oui, une fois c'est la fonction que j'occupe qui disparaît, une fois c'est le patron qui m'occupe qui ne veut plus de moi, un autre fois c'est moi qui ne veut plus continuer à exploiter un commerce et aujourd'hui, c'est le bureau, où je me trouvais très bien, qui ferme boutique.

    Tu te retrouves à recommencer. Et que peut-il arriver de désagréable à quelqu'un qui recommence et recommence, et recommence encore?

    On va le juger instable, inconstant, futile, léger, versatile…

    Arrête, tu ne crois pas que c'est assez. Réfléchis à ceci, parce que c'est ta croyance [Si tu es mobile polyvalente, si tu marches dans une nouvelle direction en souriant légèrement facilement tu seras jugée instable, inconstante, futile, versatile…]. Tu y crois très fort et nous, enfin les hanches sont là, avec cette douleur, pour te montrer que ce que tu crois n'est pas bon pour toi. Alors, avec tes cinquante ans et l'expérience que tu as de la vie, veux-tu vraiment continuer à croire cela?

    Non, évidemment non, je ne veux pas.

    Demain matin, au lever, lorsque tes hanches grinceront peut-être tu penseras à cela [Etre mobile, polyvalente ne veut pas dire être aussi instable, inconstante, futile].

    Merci de la leçon. A propos, c'est quoi le nom de la leçon, le nom du malaise?

    Cela ressemble beaucoup à de l'arthrose. Tu vis beaucoup de colère envers quelqu'un d'autre. Tu ne prends pas la responsabilité et tu préfères accuser quelqu'un d'autre de tes malheurs. Tu entretiens un sentiment d'injustice.

    J'entretiens? Oui, j'ai ressenti un profond sentiment d'injustice lorsque nous étions deux pour une seule place et que c'est moi qui ai dû laisser la mienne. Oui, j'ai ressenti un nouveau sentiment d'injustice lorsque j'ai été l'objet de harcèlement psychologique (mobbing). Quant à aujourd'hui, le patron qui ferme son entreprise? Je pourrais rajouter une couche d'injustice… Je l'entretiens tu dis?

    Au fond? Il en reste quelque chose. Alors maintenant, aie de la compassion envers ces gens que tu as tenus pour responsables. Ne regarde plus en arrière. Cultive ton enthousiasme. Utilise ton énergie à voir positivement l'avenir et non à ruminer le passé.

    Belle leçon.

    Nous sommes le lien entre les jambes, qui te mènent vers l'avant et le bassin, nous sommes liées aux désirs et aux sensations. Nous sommes parcourues par d'importants vaisseaux artériels et veineux qui assurent la vascularisation des jambes, métaphysiquement laisser circuler la joie. Si tu as mal par-là, pose-toi la question suivante. As-tu de la difficulté à te faire plaisir dans tes projets futurs?

    Visiblement, douloureusement, c'est cela.

    D'autres questions. Y aurait-il une partie adulte trop sérieuse à l'intérieur de toi? Te retiendrais-tu? Est-ce que tu veux prouver ta valeur aux autres?

    Je pense que vous avez des conseils?

    Laisse agir davantage ton enfant intérieur. Amuse-toi. Réalise tes désirs. Apprends à mieux équilibrer les besoins de l'adulte et ceux de l'enfant. L'adulte qui est en toi pourra toujours intervenir, mais tu peux oublier ton côté sérieux (les voix de papa et maman au petit enfant que tu étais).

    Moi qui voulait être légère, il me semble que ces conseils rendent l'avenir plus léger. Bon, pendant que j'y suis, pourquoi vous me faites le coup de la cellulite, c'est très moche, c'est lourd, et ça aussi c'est handicapant…

    C'est le blocage de ta créativité… Tu te retiens, tu ne te fais pas assez confiance, tu bloques. Ce n'est pas bon pour toi et c'est dommage pour les autres.

    Mais de plus, au niveau de l'esthétique, ce n'est pas vraiment joli à regarder?

    Tu t'inquiètes tant de ce que les autres pensent, c'est un moyen de t'amener à relativiser l'importance de l'opinion d'autrui. Tu te laisses influencer, tu bloques ta créativité, ton merveilleux pouvoir de créer, tu ne passes pas à l'action par peur de ce que les autres diront. Cette manière de penser n'est pas bonne pour toi.

    Pour changer de manière de penser, conseils?

    Pose-toi des questions. Qu'est-ce qui m'effraie dans le fait de montrer mes talents? De quoi ai-je peur si j'attire l'attention sur moi? Serai-je à la hauteur de la situation?

    Je vais encore trouver des peurs du style [On va se moquer de moi], [On va me juger], [Certains trouveront mes idées, mon travail nul], [Je ne saurai pas exposer, parler en public]. Après je fais quoi avec ce paquet?

    Fais-toi davantage confiance. La plupart de ces peurs viennent de la perfectionniste qui ne dort jamais en toi. Prends les peurs les unes après les autres. Si une ou deux personnes se moquent de toi, est-ce si grave? Aie de la compassion pour elles. Si plusieurs te jugent sévèrement, souviens-toi que tu es un juge encore plus sévère envers toi-même et aime-toi. Lorsque certains ne seront pas d'accord avec tes idées, respecte le droit de chacun d'avoir ses propres idées. Quant une personne jugera ton travail nul, souviens-toi qu'elle est encore plus dure avec elle-même et aie de la compassion pour elle.

    Et exposer, parler en public? Si je bafouille devant des dizaines de personnes?

    Tu bafouilles… et après. Pour tout le monde il y a une première fois, tu reconnaîtras devant les gens que tu as le trac, tu leur demanderas de bien vouloir t'excuser d'avance et surtout, fais-toi davantage confiance. Pourtant tu connais la phrase [Je m'en remets au Divin pour le résultat], fais-le.

    Vous avez vraiment réponse à tout. Autre chose, le nerf sciatique passe par vous?

    Oui, c'est le plus long nerf du corps humain, il commence au bas de la colonne vertébrale traverse la fesse, la cuisse, la jambe et finit au pied.

    Une douleur au nerf sciatique est souvent brutale, vive, pourquoi?

    La personne vit de l'insécurité face à son avenir. Elle peut aussi vivre une peur inconsciente de manquer d'argent ou de biens matériels. Ce problème arrive souvent à une personne qui ne manque de rien mais qui craint le manque, qui vivrait difficilement le fait de perdre.

    Avoir de l'argent, avoir des biens…

    Pourtant la personne se croit détachée du matériel, elle a appris que ce n'est pas spirituel d'aimer les biens terrestres.

    Elle se joue un mauvais tour?

    La culpabilité inconsciente d'aimer les biens terrestres l'empêche d'aller de l'avant, de foncer dans la vie, de risquer. Sa vie devient fade.

    Il peut y avoir d'autre origine à ce mal?

    Oui, cela peut aussi indiquer une rancune, de l'agressivité retenue, de la résistance en face d'une personne, mais toujours dans le monde matériel. Plus on va vers la terre, plus les maux sont liés au monde matériel.

    Quel est le message à comprendre?

    La personne se fait beaucoup de mal avec cette façon de penser. Elle veut se punir? Le degré de douleur la renseigne sur l'intensité de la punition qu'elle s'inflige. Elle est attachée aux biens matériels, d'où vient cette croyance que c'est un mal? Qu'elle commence par se donner le droit d'être attachée aux biens matériels.

    Et la peur de perdre?

    Comme pour toutes les peurs, la première étape consiste à reconnaître sa peur. La personne devrait reconnaître aussi qu'elle a besoin pour l'instant d'avoir sa réserve. Elle en est là pour l'instant, un point c'est tout. Un jour viendra où elle n'aura plus besoin de sa réserve de biens matériels.

    Elle sera pauvre?

    Non, elle aura assez confiance en sa capacité de créer au fur et à mesure ce dont elle a besoin.

    Mais en attendant ce jour?

    Elle peut aimer posséder des biens matériels et commencer à apprendre le détachement. Il n'est pas obligatoire d'être pauvre pour être spirituel.

    Oui, il vaut mieux être beau, riche et en bonne santé que moche, pauvre et malade.

    C'est de l'ironie… mais dans le fond, c'est vrai. Vivre dans le confort, la richesse et la beauté est agréable. La beauté est une des nourritures de l'âme.

    Mais Jésus nous a dit: [Il est plus facile pour un chameau de passer par le chas d'une aiguille que pour un riche de gagner le royaume de cieux]. Il ne nous facilite pas l'existence avec ces paroles!

    Jésus avait une manière bien particulière de nous dire comment se comporter. Souvent, ces métaphores ont un sens qui, au premier abord, nous échappe. Disons simplement que quelqu'un qui est très attaché a ses biens terrestres aura plus de difficulté à prendre le recul nécessaire pour évoluer et aller vers la lumière.

    Revenons à un problème particulier aux jambes, ce sont les varices, la dilatation d'une ou plusieurs veines avec altération de la paroi.

    Les gens qui souffrent de ce genre de malaise désirent se donner plus de temps pour eux, avoir plus de liberté, mais comment, là est leur problème. Ils exagèrent l'importance des choses, des ennuis. Ils font une montagne d'une taupinière. Ils ont de la difficulté à travailler dans la joie. Il se peut même qu'ils s'obligent à rester dans une situation où ils ne sont pas heureux.

    Mais pourquoi n'osent-ils pas changer?

    Ce sont les [il faut que], [je dois] qui commandent leur vie. Ce malaise leur donne une impression de lourdeur, comme pour leur dire [Pourquoi trouves-tu la vie si lourde, si pesante?]

    Qu'allez-vous conseiller à ces personnes?

    Prendre la vie plus légèrement. Prendre du repos si le besoin s'en fait ressentir, quoi de plus naturel? Quand le corps est fatigué, il a besoin de se recharger. Cette volonté qui pousse à en faire toujours plus, à aller toujours plus loin, sans ménagement de la personne, ce n'est pas la voix du cœur. Chacun a le droit de choisir pour lui-même ce qu'il aime, ce qu'il veut.

    S'aimer soi-même, se respecter, écouter son corps, respecter ses limites, les mêmes conseils reviennent souvent.

    Qui va respecter tes limites si ce n'est toi-même? Qui sait écouter ton corps? Connaître tes désirs et tes besoins, sinon toi?

    Oui, c'est moi qui suis aux commandes. C'est la personne qui a le malaise qui est aux commandes de son corps, elle est la mieux placée pour prendre le gouvernail et mener le vaisseau à bon port.

    Pourtant lorsqu'un problème survient, la personne recevra d'abord des messages au niveau de son mental du style [Cette situation ne peut plus durer je dois trouver une solution], [Je vais lui parler ou changer de patron], [C'est le moment de changer de métier, celui-là ne m'apporte plus rien], [Cet appartement est trop obscure, il ne me convient plus], [Je ne peux plus rester dans ces conditions] etc. Puis c'est au niveau émotionnel que les signaux arrivent, palpitations, angoisses, sueurs, peurs.

    Si nous n'avons pas agi suite aux signaux précédents, c'est le physique qui se manifeste?

    Oui. Cela peut commencer par de la tension musculaire et les messages seront de plus en plus forts si la personne ne réagit pas et continue avec les mêmes pensées, avec les mêmes comportements, sans prise de conscience.

    C'est incontournable?

    Le corps est fait pour être sain. Si l'énergie bloque à un endroit, les cellules ne sont pas régénérées. L'issue, à la fin du compte peut être fatale.

    Depuis que la mort existe, on est à l'abri de rien, n'est-ce pas?

    C'est vrai. Mais autant vivre le plus confortablement possible et pour cela prendre bien soin du véhicule dont on dispose, le corps. Si votre voiture a une lumière rouge qui s'allume, parce qu'il n'y a bientôt plus d'essence, vous allez vous arrêter à la prochaine station et faire le plein. De même pour votre corps, s'il vous envoie des signaux, réagissez…


    Votre corps, par les malaises et maladies, a quelque chose à vous dire... Converser avec...

    votre coeur   votre sang
    votre peau
    vos poumons
    votre tête vos yeux vos oreilles
    votre bouche votre nez votre gorge vos bras vos mains
    votre dos vos seins
    votre estomac
    votre ventre votre sexe
    vos fesses vos cuisses vos genoux vos jambes vos pieds

     

    Tiré du livre "Conversations avec mon corps", de Christiane Kolly

    Vous pouvez copier en mentionnant l'auteur et le site.


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